D’initiative locale à mastodonte international : le FCKNYE Festival s’impose désormais comme un poids lourd de l’événementiel hivernal. Pour son 15e anniversaire, l’événement bruxellois change d’échelle en passant à trois jours et affiche complet avec 72 500 participants (sur 67 000 prévus), brisant définitivement le monopole de l’été sur l’économie des festivals.
C’est une success story à la belge comme on les aime. Lancé il y a quinze ans par trois entrepreneurs de Charleroi comme une simple alternative festive en hiver, le FCKNYE est devenu le plus grand festival de Nouvel An au monde. Le modèle de croissance est impressionnant : depuis 2022, le festival est en croissance continue, avec une hausse de fréquentation comprise entre +15% et +25% par an.
Un moteur touristique pour la capitale
Au-delà de la programmation musicale pointue mêlant rap (PLK, Josman, Vald) et hard techno (Nico Moreno, Indira Paganotto), le FCKNYE est devenu un véritable produit d’exportation. Avec 75% de participants venant de l’étranger et plus de 50 nationalités représentées, le festival transforme Bruxelles en épicentre européen.
Pour capter et retenir cette audience internationale, les organisateurs ont musclé leur offre servicielle. Face au défi du logement à Bruxelles le 31 décembre, le festival réitère son concept de « camping indoor » chauffé au sein des palais du Heysel, tout en montant en gamme avec une nouvelle zone Premium et un partenariat stratégique avec Terminal 1 (hub immersif) pour offrir des activités annexes (karting électrique, VR,…).

Une stratégie d’expansion assumée
L’autre levier de croissance cette année est temporel. Pour répondre à la demande et maximiser la rentabilité des 80 000 m² d’infrastructures déployées, le festival s’étend désormais sur trois jours, les 30 et 31 décembre ainsi que le 1er janvier.
Le gros pic de fréquentation cette année est directement lié à cette offre commerciale et stratégique : l’ouverture d’un troisième jour répond parfaitement à une demande existante du public. Cette extension a un impact très positif sur la santé financière de l’événement, avec un EBITDA projeté en hausse de +15%.
Cependant, cette croissance a un coût. Côté dépenses, le poste principal reste la programmation artistique, avec un budget total de 1,5 million d’euros sur les trois jours. Il faut dire que pour attirer les grands noms, les cachets s’envolent : sans citer de nom, la plus grosse tête d’affiche de cette édition représente un cachet d’environ 100 000 € pour une heure de prestation.
« Passer à 3 jours, c’est une évolution naturelle (…) pour continuer à repousser les limites de ce que peut être un festival en hiver », analyse Damiano Fersini, co-organisateur. Une preuve supplémentaire que le marché des festivals XXL n’est plus l’apanage de l’été.

