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Marathon des Sables 2026 : quand un entrepreneur belge met ses kilomètres au service de l’enfance

Ancien patron de Deliveroo Benelux, cofondateur de Skipr et de Nuketech, aujourd’hui co-CEO de Michiels SA, Mathieu de Lophem s’apprête à courir le Marathon des Sables 2026. L’objectif : parcourir 270 kilomètres dans le désert marocain et lever 27 000 euros pour offrir des vacances aux enfants de La Flèche, institution bruxelloise d’aide à la jeunesse vieille de plus de 160 ans.

Il y a ceux qui parlent d’impact, et ceux qui lacent leurs chaussures. Mathieu de Lophem appartient visiblement à la seconde catégorie. Du 3 au 13 avril 2026, cet entrepreneur bruxellois, fellow 40 under 40, prendra le départ de la 40e édition du Marathon des Sables. L’épreuve d’ultra-endurance par étapes dans le Sahara marocain est considérée comme l’une des courses les plus dures au monde.

Six étapes, environ 270 kilomètres en autosuffisance alimentaire, des températures extrêmes, et un sac à dos contenant nourriture et matériel pour toute la semaine. Le terrain alterne dunes, plateaux caillouteux, djebels et oueds secs. L’étape la plus longue se court sur quarante-huit heures.

© MDS/DR

Pour cette édition anniversaire, baptisé pour l’occasion « MDS Legendary », l’organisation a rallongé le parcours de vingt kilomètres supplémentaires. Le format reste inchangé dans sa philosophie : autosuffisance totale, bivouac commun, eau rationnée aux postes de contrôle.

Un serial entrepreneur dans le désert

Le profil de Mathieu de Lophem, dans l’écosystème belge, est celui d’un bâtisseur qui change de terrain sans changer de méthode. Formé en gestion et finance à la Louvain School of Management (UCLouvain), passé par Deloitte, KBW et Lazard en banque d’affaires, puis par E-Capital Equity Management en private equity, il bifurque vers l’opérationnel en prenant la direction de Deliveroo pour le Benelux, où il structure la montée en puissance de la plateforme dans la région.

Il cofonde ensuite Skipr, solution de mobilité combinant MaaS, gestion de flottes et carte de paiement pour entreprises. Ces dernières années, il a co-fondé Nuketech, un fonds et véhicule d’investissement dédié aux technologies nucléaires et à la décarbonation. Son dernier virage remonte à cette année : en 2026, il devient co-CEO de Michiels SA, groupe actif dans le secteur médical. Il est également founding member de Syndicate One, syndicat d’angel investors belges.

Mathieu de Lophem, en plein préparatif du MDS au semi-marathon de Dubaï © DR

Sportif de longue date, Mathieu de Lophem pratique le rugby depuis l’adolescence. En 2014, il a cofondé le Brussels Citizens Rugby Auderghem, un club qui affichait déjà l’ambition de conjuguer sport et projets sociaux. Il en est toujours joueur actif. Mais passer du ballon ovale à l’ultra-endurance saharienne représente un tout autre registre. Il n’est pas un coureur de fond à l’origine. Pour cette préparation, il s’est entouré de Laurence Klein, trois fois gagnante du Marathon des Sables et vice-championne du monde du 100 kilomètres.

100 euros par kilomètre pour l’opération Bol d’Air

La logique de la collecte est simple : 270 kilomètres, 100 euros par kilomètre, 27 000 euros de cible. La totalité des fonds est fléchée vers l’opération Bol d’Air, un programme porté par la Maison d’Enfants Reine Marie-Henriette, ASBL bruxelloise fondée il y a plus de 160 ans et placée sous le Haut Patronage de la Princesse Claire. Plus connue sous le nom de La Flèche, l’institution accueille et accompagne au quotidien plus de 120 enfants confiés par le Tribunal ou les Services d’Aide et de Protection de la Jeunesse. Elle gère quatre services d’hébergement (dont L’Estacade (48 enfants de deux ans et demi à quatorze ans), la Pouponnière, la Maison des Petits et Le Pertuis), une crèche et un service d’accompagnement en famille.

Le modèle de financement de La Flèche est celui de beaucoup d’institutions du secteur : les subsides publics couvrent les besoins de base (personnel, exploitation, alimentation, soins, scolarité) à hauteur de 8 à 10 euros par enfant et par jour, mais s’avèrent insuffisants. Tout ce qui touche au soutien scolaire, aux activités extrascolaires, aux vacances et à l’accompagnement familial repose entièrement sur les dons et le mécénat. La Fondation Roi Baudouin, CAP48 et la Société Royale de Philanthropie comptent parmi les soutiens historiques.

 

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Bol d’Air est l’un des six projets prioritaires financés sur fonds propres par La Flèche. Il offre aux enfants des moments d’évasion dans la nature (journées, week-ends, séjours de vacances) et concerne 88 enfants de quatre à quatorze ans. Son budget annuel est d’environ 120 000 euros. L’objectif concret de la collecte liée au Marathon des Sables est d’offrir une semaine de vacances aux enfants de L’Estacade cet été.

Pour les entreprises intéressées par un partenariat, trois formules de sponsoring sont proposées : Bronze (à partir de 500 €), Silver (2 500 €) et Gold (5 000 €), avec une visibilité sur les réseaux sociaux, sur le maillot de course et dans les communications post-événement.

Informations pratiques

Dons : campagne.lafleche14.be/fundraisers/mathieu-de-lophem
Objectif : 27 000 € (100 €/km)
Suivi : @mathrathondessables_4lafleche
Sponsoring : [email protected]
La Flèche : www.lafleche14.be

 

Martin Boonen
Martin Boonen
Martin Boonen est journaliste diplômé de l'Institut de Journalisme de Bruxelles (2012). Il collaboré avec de nombreuses rédactions à différent niveau de responsabilité : journaliste, chef de rubrique, secrétaire de rédaction et rédacteur en chef, tant sur le web que pour la presse imprimée. Spécialisé dans les startups et l'entrepreneuriat à impact, il est devenu en 2025 rédacteur en chef du site web de Forbes Belgique. Il est affilié à l'Organisation Mondiale de la Presse Périodique depuis 2011.

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