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Ministres, parlementaires, bourgmestres: combien gagnent vos élus ?

Du fédéral aux communes, de la Commission européenne aux Conseils provinciaux, des gouvernements aux parlements, voici les rémunérations officielles ou estimées des mandataires politiques belges.

Combien gagnent les élu(e)s et mandataires politiques belges, en fonction des attributions, niveaux de pouvoir et assemblées.? La question reste épineuse. Parce qu’elle englobe plusieurs paramètres (rémunération, frais, retenues, pratiques des partis, indexation, situations personnelles) et qu’une vision précise et actualisée d’autres revenus, engrangés donc à côté des traitements officiels, est très difficile à obtenir – il y a un délai de deux ans pour leur déclaration, en plus parfois d’une multitude de mandats annexes.

Mais des règlementations existent, des institutions communiquent clairement et des experts font des estimations. Voici dès lors un panorama quasiment exhaustif de ce que sont censés percevoir en cet automne 2025 nos ministres, parlementaires, bourgmestres, échevin(e)s et membres de conseils communaux et provinciaux. En termes de rémunération et d’indemnités de frais et fonctions spéciales. Avec quelques précautions d’usage, dont celles-ci :

• tous les montants ci-dessous, officiels ou estimés, sont mensuels, ceux des rémunérations étant bruts et ceux des frais nets

• ils ne tiennent pas compte des retenues appliquées dans les diverses assemblées ou différents exécutifs (de 5 à 20% selon les cas) ni des revenus générés par les mandats annexes d’administrateurs, des indemnités de départ et des montants de pension, entre autres

• certains (c’est alors indiqué) prennent en compte le pécule de vacances et la prime ou allocation de fin d’année

• les Engagés imposent à leurs députés de renoncer à leur éventuel salaire de bourgmestre, échevin(e) ou président(e) de CPAS pour ne conserver que celui de parlementaire

• le PS impose à ses députés-bourgmestres des villes de plus de 50.000 habitants de ne percevoir que leur traitement de mayeur

• le MR interdit un mandat de parlementaire cumulé à un mandat exécutif dans une commune de plus de 50.000 habitants

• au PTB, les revenus d’un mandat qui excèdent le salaire moyen (4.000 euros brut) sont reversés au parti.;

• les élu(e)s des autres partis leur rétrocèdent aussi une partie de leur salaire (variable selon la fonction et la formation politique).

Grands enseignements : on est généralement mieux payé en Flandre mais Bruxelles n’est pas loin, les fonctions spéciales aux parlements assurent de jolis bonus, les mandats européens écrasent tous les autres, plus la commune est peuplée plus l’échelon local est rémunérateur et tous les traitements, même ceux cumulés, sont très éloignés de ceux des CEO des grandes enseignes à l’œuvre en Belgique. Parmi ceux-ci (bruts) : plus de 25 millions en deux ans pour Ilham Kadri chez Syensqo, plus de 2,2 millions en 2024 pour Guillaume Boutin chez Proximus et jusqu’à 1,7 million l’an pour Chris Peeters chez BPost.

Les ministres

Au fédéral. Sous l’Arizona, c’est simple, officiel et communiqué : les quinze membres de l’équipe gagnent pareil, mais le montant alloué aux frais de Bart De Wever (N-VA), chef de file, et ses cinq vice-Premiers – David Clarinval (MR), Maxime Prévot (Engagés), Frank Vandenbroucke (Vooruit), Vincent Van Peteghem (CD&V) et Jan Jambon (N-VA) – est plus élevé de 400 euros. 

En Flandre. Les neuf membres de l’exécutif perçoivent le même montant pour les frais mais la rémunération estimée du ministre-président, Matthias Diependaele (N-VA), serait plus élevée de 1.200 euros. Ce serait dès lors le plus important des mandats politiques belges.

À Bruxelles. Même indemnité de frais (plus importante que dans les autres Régions) pour les 8 membres de l’exécutif, en affaires courantes depuis plus d’un an, et rétribution plus élevée de 700 euros pour le ministre-président, Rudi Vervoort (PS), par rapport à celle des quatre ministres et de 2.300 euros par rapport à celle des trois secrétaires d’État.

En Wallonie. Les sept ministres et le ministre-président, Adrien Dolimont (MR), perçoivent le même montant pour la rémunération et les frais. C’est en Wallonie que les fonctions au sein de l’exécutif sont les moins rémunérées.

En Fédération Wallonie-Bruxelles. Même montant de frais pour les six ministres (équivalent à celui en vigueur en Wallonie) et une rémunération estimée à 2.300 euros de plus pour la ministre-présidente, Elisabeth Degryse (Engagés). Celle des ministres est plus importante qu’à la Région wallonne. Adrien Dolimont, ministre francophone et ministre-président wallon ne cumule pas les revenus :
il ne perçoit que celui de la Région wallonne.

En Communauté germanophone. Système unique : une rémunération et pas d’indemnités automatiques. Tout au plus un(e) membre de l’exécutif peut demander une aide mensuelle au logement (2.500 euros maximum). Les trois ministres et le ministre-président, Oliver Paasch (ProDG), perçoivent le même montant.

Les parlementaires

À la Chambre. Mêmes montants pour tout le monde (rémunération et frais) mais les fonctions spéciales génèrent des indemnités supplémentaires, le président de l’assemblée, Peter De Roover (N-VA), percevant près du double de ce que reçoivent les député(e)s.

Au Sénat. Le système de rémunération est hybride puisqu’elle peut varier pour chaque membre de la vénérable assemblée, que l’Arizona entend supprimer. Le président, Vincent Blondel (Engagés), perçoit une indemnité supplémentaire liée à sa fonction un peu inférieure à celle de son homologue de la Chambre.

En Flandre. Les membres du Parlement flamand gagnent plus que leurs pairs du fédéral et du Parlement wallon, mais le montant pour leurs frais est inférieur. La rémunération estimée de la présidente, Freya Van den Bossche, serait l’une des plus élevées pour un mandat politique en Belgique.

À Bruxelles. La rémunération des parlementaires bruxellois(es) et leur indemnité de frais sont les plus élevés de tous les hémicycles belges. La présidence de l’assemblée – occupée depuis un an par Bertin Mampaka (MR) – serait la quatrième la plus rémunératrice du pays.

En Wallonie. Le montant alloué pour les frais est plus élevé que dans les autres assemblées régionales et presque équivalent à celui en vigueur à la Chambre. Celui perçu par le président, Willy Borsus (MR), est le plus important du pays mais sa rémunération est la moins élevée des présidences de parlement. 

En Communauté germanophone. Le système prévoit un forfait mensuel fixe et un jeton de présence aux séances du Parlement.

Les bourgmestres

En Flandre. Le traitement est calculé sur la base du nombre d’habitants de la commune (déterminé au 1er janvier de l’année des élections) et de la rémunération des membres du Parlement flamand, soit 9.278 euros. En Région flamande, un(e) bourgmestre peut exercer une autre fonction politique (pas celle de ministre) mais son salaire cumulé ne peut dépasser une fois et demie celui d’un député flamand (9.278 euros).

À Bruxelles. Le traitement est calculé sur la base du nombre d’habitants de la commune et en pourcentage de la rémunération des membres du Parlement fédéral (8.814 euros). En Région bruxelloise, un(e) bourgmestre ne peut exercer un autre mandat. 

En Wallonie. La rémunération est basée sur la taille de la population administrée, selon une grille établie par le Code de la Démocratie locale, soit 22 barèmes différents (un condensé est proposé ci-dessous). En Région wallonne, un(e) bourgmestre peut cumuler avec un mandat de député (fédéral ou régional) mais sa rémunération ne peut excéder 1,5 fois le montant de celle des membres de la Chambre (8.814 euros). Les revenus issus du privé ne sont pas soumis à ce plafond.

Les échevin(e)s

Dans les trois Régions, le salaire est calculé en pourcentage de celui du bourgmestre (60 ou 75.% selon que la commune compte moins ou plus de 50.000 habitants) et l’échevin(e) peut cumuler d’autres fonctions et mandats d’élu(e)s. Mais avec des différences en termes de plafond salarial : en Flandre, il doit être maximum 1,5 fois supérieur à celui du Parlement flamand (9.278 euros), à Bruxelles et en Wallonie, il ne peut excéder 150% de l’indemnité parlementaire fédérale (8.814 euros).  

Les conseillers communaux

Dans les trois Régions, pas de salaire fixe mais perception d’un jeton de présence aux séances du conseil. Le montant est déterminé par le conseil communal, en fonction de la taille de la commune en nombre d’habitants. 

En Flandre : minimum 59,45 euros et maximum 60,05 euros par séance ; à Bruxelles, minimum 100 euros ; en Wallonie, entre 77 et 260 euros.

Les conseillers provinciaux

Mécanisme très simple : rémunération pour la présidence,  jetons de présence pour les membres du Conseil.

Le président: 2.773 euros 

Conseiller : jeton de présence de 138 euros.

L’Europe

Les commissaires. Ce sont les mieux loti(e)s, et de loin, Hadja Lahbib étant la seule Belge dans le cas. Le salaire brut de base d’un(e) commissaire correspond à 112,5.% de celui du plus haut grade de la fonction publique européenne. Celui du ou de la président(e), Ursula von der Leyen, est fixé à 138% (soit 34.800 euros actuellement hors frais et autres indemnités). 

Les députés(e)s. Ce sont les parlementaires les mieux payé(e)s – 22 Belges sont concerné(e)s, dont Sophie Wilmès (MR), vice-présidente du Parlement européen et percevant les mêmes montants que les autres eurodéputé(e)s.

Les président(e)s de parti

Selon les chiffres (annuels bruts) de 2023, Paul Magnette aurait perçu autour de 150.000 euros sur l’année comme président du PS – outre ses 155.000 comme bourgmestre de Charleroi. Georges-Louis Bouchez en aurait gagné 200.000 à la présidence du MR – outre notamment son indemnité de sénateur (78.266). Maxime Prévot (Les Engagés) et Bart De Wever (N-VA) ont reçu entre 59.400 et 118.789 pour leur présidence. 

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