Elle mixait déjà dans les clubs alors que la plupart des jeunes de son âge se demandaient encore ce qu’ils feraient « plus tard ». Mandy Praet, plus connue sous le nom de Mandy, enflamme désormais les raves hard dance aux côtés de line-ups internationaux. Sa sélection pour la liste belge du 30 Under 30 prouve qu’elle a su très tôt ce qu’elle valait dans l’industrie musicale.
Forbes.be – Que représente cette reconnaissance après tant d’années passées sur la scène musicale ?
Mandy – Ça a vraiment été une énorme confirmation. Depuis mes quinze ans, je travaille dur pour construire cette carrière, et être reconnue par Forbes m’a profondément touchée. Pas seulement pour ce que je fais aujourd’hui, mais aussi pour tous les choix que j’ai faits en cours de route. Ça m’a surtout donné le sentiment d’être vraiment sur la bonne voie. Et ça me motive encore plus à continuer.
– Quelles portes cette nomination vous a-t-elle ouvertes depuis ?
– Je ressens un changement net. Les gens me perçoivent différemment, mon parcours prend plus de poids. Les discussions s’engagent plus facilement et les portes semblent s’ouvrir plus vite. Je vois ça surtout comme un investissement à long terme. Je suis curieuse de voir ce qui en sortira à l’avenir.
– Vous avez quitté l’école jeune pour vous consacrer entièrement à la musique. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce choix ?
– Ça a sans aucun doute été l’un des choix les plus risqués, mais aussi les plus déterminants de ma vie. C’était vraiment tout ou rien. J’ai raté certaines choses en chemin, mais j’ai aussi énormément reçu en retour. Ça m’a appris à avoir confiance en moi et à assumer la responsabilité de mon propre parcours. Aujourd’hui, je pose un regard fier sur cette période, même si ça a parfois été très dur.
– Quand avez-vous ressenti pour la première fois que vous jouiez vraiment à l’international ?
– Ce moment est venu quand j’ai réalisé que des gens dans d’autres pays chantaient mes morceaux et connaissaient mes sets, sans que j’y aie jamais mis les pieds. Quand des artistes internationaux ont commencé à passer ma musique ou m’ont demandé des remixes, j’ai compris que ça allait au-delà de la Belgique. Ça reste parfois surréaliste, même après toutes ces années.
– En 2024, vous avez fait vos débuts sur la MainStage de Tomorrowland. Comment avez-vous vécu ce moment ?
– C’était l’émotion pure. J’avais évoqué ce rêve il y a des années, presque en plaisantant, et soudain j’y étais vraiment. Tout s’est aligné : le public, l’énergie, la prise de conscience que j’étais là parce que je n’avais jamais abandonné. J’ai essayé de graver ce moment consciemment, car je savais que cette première fois serait unique.
– La scène hard dance reste largement dominée par les hommes. L’avez-vous ressenti personnellement ?
– Oui, absolument. Surtout au début, j’ai eu le sentiment de devoir faire mes preuves davantage. Pas à cause d’une opposition ouverte, mais **en raison d’**attentes subtiles. Ça m’a uniquement motivée à travailler encore plus dur et à m’imposer, sans me perdre. »
– Vous sentez-vous aujourd’hui un modèle pour les jeunes DJ féminines ?
– Oui, et j’assume ce rôle consciemment. Quand j’ai commencé, il me manquait parfois des figures auxquelles je pouvais m’identifier — les DJ féminines dans cette scène étaient quasiment invisibles. Si aujourd’hui, grâce à mon histoire et ma visibilité, je peux montrer aux jeunes femmes qu’il y a de la place pour elles, j’endosse ce rôle avec fierté. Pas en cherchant à être parfaite, mais en montrant honnêtement qu’avec du travail, de la persévérance et en restant fidèle à soi-même, c’est vraiment possible.
– Où voulez-vous encore aller après toutes ces prestations internationales ?
– Je veux continuer à évoluer, tant musicalement que personnellement. Approfondir ma propre signature sonore, développer de plus grands projets créatifs et continuer à me challenger. La croissance, pour moi, ne se mesure pas uniquement aux plus grandes scènes, mais aussi à la liberté artistique et à l’impact.
– Vous voyez-vous encore sur scène dans dix ans ?
– Sans aucun doute. La musique fera toujours partie de ma vie. Mais je suis aussi ouverte à d’autres rôles, comme apporter ma contribution en coulisses à de nouveaux projets ou à de nouveaux talents. Tant que ça reste authentique, je continuerai d’avancer. »
– Pour finir : qu’aborderiez-vous différemment si vous recommenciez aujourd’hui ?
– Je m’accorderais un peu plus de temps et de répit. Avant, je voulais tout à la fois et le plus vite possible. Aujourd’hui, je sais que l’équilibre et le bien-être mental sont tout aussi importants. Mais honnêtement ? Je ne voudrais rien changer à cette passion, cette ténacité et cette persévérance. Ce sont elles qui m’ont menée là où je suis aujourd’hui. »
