Gunther Ghysels (33 ans) s’est déjà distingué en tant qu’entrepreneur avec Get Driven, sa plateforme de chauffeurs. Aujourd’hui, il lance Tinrate, une nouvelle start-up dont l’ambition est de rendre l’expertise rémunérée plus simple et transparente : les utilisateurs doivent pouvoir acheter des conseils et les professionnels vendre leur savoir, sans tracasseries administratives. Le marché semble déjà réceptif : à peine un mois après le lancement, 1,6 million d’euros ont été levés pour accélérer le développement de la plateforme.
Tinrate ambitionne de devenir la plateforme de référence pour l’expertise en ligne, tous secteurs et métiers confondus. Tout le monde peut s’inscrire gratuitement et relier son profil à des canaux existants comme un site web, une signature d’e-mail ou les réseaux sociaux. À terme, les utilisateurs pourront rechercher des secteurs, des profils ou des niches spécifiques via la plateforme, et obtenir des conseils facilement par appel vidéo.
L’expertise comme valeur économique
Le concept de Tinrate repose sur une constatation simple : alors qu’il est tout à fait normal de payer pour des conseils juridiques ou fiscaux, rémunérer des connaissances dans d’autres domaines reste souvent facultatif. Gunther Ghysels entend briser cette distinction. « Pour moi, il est tout aussi normal de rémunérer quelqu’un qui s’y connaît sur le vin, les voyages, la mode, la musique ou l’entrepreneuriat dans une niche particulière », explique-t-il. Selon lui, notre perception de l’acquisition et de l’offre d’expertise doit évoluer.
Tinrate se positionne comme une infrastructure, non comme un intermédiaire. La plateforme automatise les réservations, les paiements, la facturation et les avis, permettant ainsi aux professionnels de se concentrer sur leur expertise métier. Grâce aux paiements en ligne, le délai entre la prestation de conseil et le paiement est considérablement réduit, ce qui a, selon Gunther Ghysels, un impact direct sur la trésorerie des experts.
Métiers du savoir et experts de niche
La plateforme ne cible pas exclusivement les métiers du savoir classiques comme les avocats et les fiscalistes, mais également les professionnels disposant d’une expérience approfondie dans des niches spécifiques. Tant que l’expertise peut être partagée par appel vidéo, elle s’inscrit dans le modèle de Tinrate. À ce jour, plus de mille professionnels ont déjà manifesté leur intérêt pour proposer leur savoir via la plateforme.
Gunther Ghysels compare le modèle à des plateformes connues de l’économie des créateurs. « On peut y voir une sorte de OnlyFans de la connaissance et du conseil », avance-t-il. Cette comparaison n’a rien de provocateur : c’est une façon de souligner que l’expertise se propose de plus en plus comme un service, avec des prix transparents et des conditions claires.
Du capital pour aller vite
Exactement un mois après sa création officielle, Tinrate a levé 1,6 million d’euros auprès d’un groupe d’entrepreneurs et d’investisseurs. Pour Gunther Ghysels, cette levée de fonds n’est qu’une étape nécessaire pour prendre de l’élan. « C’est ma première levée de fonds et je pense qu’en 2026, il sera quasi impossible de lancer une nouvelle plateforme innovante sans moyens suffisants », affirme-t-il. « La vitesse sera déterminante. »
« Je suis extrêmement reconnaissant que tant de figures de premier plan croient en moi. »
Des visages connus au capital
Parmi les investisseurs figurent des partenaires historiques comme de nouveaux noms. Gunther Ghysels peut une nouvelle fois compter sur le soutien de son premier investisseur, Steve Rousseau (House of Talents). Helena Brutsaert et Arne Vandendriessche, déjà impliqués dans Get Driven, ont également rejoint l’aventure. Parmi les autres participants : Frederik Poelman, Louis Balcaen, Filip Smet (Amotek), Thibault De Keyzer (Mobilexpense), Frederik Verhelst, Matthias Vandepitte (Strada) et Piet Van Waes (Tilleghem). Belfius soutient également le projet. À noter aussi la participation de Viktor Verhulst, pour qui il s’agit d’un premier investissement dans une start-up technologique.
La levée de fonds a été coordonnée par le bureau gantois The Harbour et KPMG. Gunther Ghysels souligne que la confiance d’entrepreneurs chevronnés s’accompagne aussi d’une responsabilité supplémentaire. « Je suis extrêmement reconnaissant que tant de figures de premier plan croient en moi, mais cela ajoute inévitablement une pression supplémentaire. »
Un savoir pratique à l’ère de l’IA
Tinrate s’inscrit dans la tendance plus large de l’essor du partage de connaissances en ligne, encore éclatées sur de multiples plateformes. Selon Gunther Ghysels, l’essor de l’intelligence artificielle renforce cette dynamique plutôt qu’elle ne la fragilise. « Les gens recherchent massivement des conseils dans toutes sortes de niches et leur curiosité est nourrie par des plateformes comme Instagram et TikTok », observe-t-il. « La théorie se trouve sur ChatGPT, la pratique devra se trouver sur Tinrate. »
Accessible dans le monde entier, Tinrate est pensée comme scalable dès le premier jour. « Nous aurons atteint notre objectif le jour où, d’ici quelques années, une masse d’expertise s’échangera entre les continents. »
