Chaque mois, Forbes.be vous propose une sélection d’expositions à découvrir dans les musées et galeries d’art en Belgique. En janvier, Bruxelles ouvre une maison historique et expose cinq femmes.
Maison Hannon

Avec Écho des songes, à la Maison Hannon, le visiteur découvrira 80 œuvres de figures emblématiques du Symbolisme belge et français : Victor Rousseau, Émile Gallé, Fernand Khnopff, Jean Delville, Jeanne de Tallenay, Charles van der Stappen, George Minne ou Jef Lambeaux, sans oublier le magistral Fernand Khnopff (18581921). À leur époque d’urbanisation et de machinisme, l’art et la poésie, deviennent un refuge. Les artistes caressent des espoirs et des rêves dans leur quête de sens. Ils ne cherchent plus à nommer mais à exprimer en ouvrant des brèches dans le visible, un passage entre le monde et l’esprit. Les réalistes choisissent de représenter ce passage avec lucidité. Les naturalistes scrutent les lois du vivant. Les symbolistes, eux, opposent à la matière une quête spirituelle, une vision transfigurée du réel. Ces œuvres proviennent de collections privées d’exception, comme L’Atelier symboliste, et de prestigieuses institutions, telles que les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Collection Gillion-Crowet), la KBR, le Musée des Beaux-Arts de Tournai.
Deux nomades chez Nino Mier
As it stands, la nouvelle exposition solo de l’Anglaise Lucienne O’Mara mêle géométrie à main levée et coups de pinceau expressifs maniant l’ordre et le désordre. Ses motifs carrés répétés créent un rythme flottant qui s’inspire de l’esthétique moderniste, rejouant l’abstraction. Ce faisant, elle s’écarte des relations spatiales fixes et dispose sur la toile de multiples plans perceptifs créant une profondeur et des formes fluides et intuitives.
Quant à Carole Ebtinger, née au Vietnam, élevée entre France et Belgique, elle construit intuitivement des surfaces impressionnistes méditatives et animées de présences ferventes. Son enfance transparaît dans l’émotion tactile de son geste, inspiré de plusieurs traditions de l’histoire de l’art.
Une franco-japonaise

Ondine et Patrick Mestdagh allient leurs objets d’art tribal d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, porteurs de gestes, de croyances et de mémoires, à la franco-japonaise Tiffany Bouelle, double appartenance qui la lie aux espaces silencieux où les formes se transforment. Son grand père lui transmet l’art de la calligraphie, lui apprend que chaque geste contient une mémoire. Elle élargit ce langage au textile, à la peinture, au dessin, à l’installation et à la performance. À 25 ans, invitée à créer pour LVMH, elle expose ensuite à la Monnaie de Paris, au Musée des Arts et Métiers et à la foire Asia Now. Partie du minimalisme, avec sa série La Femme Objet, elle aborde des structures botaniques dans la série Seinaru Mori (La forêt sacrée du post-partum), puis des œuvres figuratives inspirées de visions, de récits populaires et de constructions imaginaires. En 2024, elle présente sa série sur les principes du chabana à Kyoto et entame en 2025 un nouveau cycle sur les catastrophes naturelles.
Céramiques et tissages chez Constantin Chariot

L’Espace Constantin Chariot expose chez Carlton Properties les céramiques terriennes de Bénédicte Petrement, créatures d’un règne inconnu, tour à tour minéral, végétal et animal, donc très organique. Ses sculptures biomorphiques empruntent à ces mondes leurs expressions vitales, leurs formes nervurées et leurs couleurs sourdes. Elles sont associées aux tissages méditatifs de Françoise Hustin, qui portent une lumière, celle de l’esprit et d’une transcendance, à travers cet exercice très délicat du tissage du métal.
