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« L’’avantage du e-commerce c’est qu’il n’y a pas de frontières »

Armée d’un background académique solide et d’une passion pour la santé et l’écologie, la jeune entrepreneuse belge Emna Everard a lancé la plateforme de produits alimentaires et cosmétiques Kazidomi en 2016. Sa mission ? Rendre accessible à tous une alimentation et un mode de vie sains, en simplifiant l’accès à des produits biologiques de qualité à des prix abordables.

Le succès de Kazidomi ne s’est pas fait attendre. Aujourd’hui, la plateforme propose des milliers de produits, allant des denrées alimentaires aux cosmétiques, tous sélectionnés pour leur qualité et leur impact environnemental minime.

« La société est en croissance, nous avons doublé les revenus par rapport à l’année 2023, notamment grâce à l’acquisition de la marque Bébé au naturel. Et le succès est toujours au rendez-vous, le B2B représente une dizaine pourcents du chiffre d’affaires alors qu’il a été lancé il y a à peine quelques mois », déclare Emna Everard.

Emna Everard, comment avez-vous eu l’idée de lancer Kazidomi?

L’idée m’est venue assez tôt, car mes deux parents sont médecins et mon père est spécialisé dans tout ce qui touche à la nutrition et à la prévention. Déjà quand j’étais petite, mon père m’expliquait comment sélectionner les produits, comment bien manger. Chez nous, il n’y avait ni Nutella, ni bonbons dans les placards. A douze ans, je disais ‘papa, un jour, j’ouvrirai un supermarché où les gens n’auront pas besoin de regarder les étiquettes, car il n’y aura que des bons produits’.

A côté de ça, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs entrepreneurs dans ma famille qui m’ont vraiment soutenue. A 18 ans, je me suis inscrite à Solvay. J’avais déjà l’idée de Kazidomi, et pour moi la meilleure chose à faire, c’était de m’inscrire dans une école qui me permettrait d’avoir les clés pour lancer mon business. J’ai fondé la société lorsque j’étais étudiante en master. J’ai lancé la toute première version du site de Kazidomi en 2016, quand j’avais 23 ans.

Emna Everard
Emna Everard

A quelles difficultés avez-vous été confrontée ?

Au début, on lance son concept et on pense que directement tout va fonctionner. Cependant, on se rend compte rapidement qu’il faut faire du marketing pour acquérir des clients. Financièrement, il y a la gestion du cash à laquelle il faut faire attention. On se rend aussi compte assez vite qu’on ne sait pas tout faire tout seul. Beaucoup de gens pensent que c’est facile parce que c’est en ligne, mais il faut à la fois gérer la logistique, le catalogue, l’aspect technique et le marketing digital. Il s’agit de compétences qu’on apprend pas forcément à l’école, et qu’il faut apprendre sur le tas. Le challenge a été aussi de créer une équipe et de m’assurer qu’elle évolue dans la bonne direction.

Pourquoi avez-vous fait le choix de l’e-commerce ?

L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de frontières. Après six mois, je faisais plus de ventes sur le marché français que sur le marché belge. Tout simplement parce que c’est un plus gros marché. Au fond, il suffit d’avoir des partenariats avec des transporteurs. Alors que si j’avais ouvert un magasin au coin de ma rue, forcément le reach serait plus petit. C’est donc un des gros intérêts de l’e-commerce. Le marketing et l’expérience client sont complètement différents dans le physique. C’est pourquoi nous avons un partenariat avec Delhaize. Aujourd’hui, il y a une cinquantaine de supermarchés Delhaize qui vendent nos produits, et c’est un chiffre qui continue à augmenter. Si nous avions  dû ouvrir 50 magasins, ça aurait pris beaucoup plus de temps et coûté beaucoup plus d’argent. Nous préférons faire du physique en nous associant à un partenaire de choix plutôt que de le faire nous-même. En tout cas pour le moment.

Comment voyez-vous l’avenir?

Nous souhaitons continuer à nous développer sur le marché belge. Nous sommes fort présents sur le marché francophone, mais nous souhaitons aussi développer le marché néerlandophone. Il y a encore beaucoup de potentiel de croissance pour Kazidomi et la société continue à grandir. Nous voulons nous développer dans le B2B car c’est le canal idéal à la fois pour développer la notoriété de la marque ainsi que les ventes. Aujourd’hui, nous avons 4% de produits de la marque Kazidomi, mais ils représentent plus de 25 % du chiffre d’affaires. C’est de loin la marque qui se vend le mieux.

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