La CEO du CHU Brugmann et la fondatrice de L’Univers d’Ayden ont reçu respectivement le Bold Woman Award et le Bold Future Award by Veuve Clicquot, le 4 février à Bruxelles. Cette quatrième édition belge du programme, lancé en 1972 et aujourd’hui présent dans 27 pays, met en lumière deux parcours ancrés dans la transformation du secteur public et l’innovation sociale.
Le Bold Woman Award by Veuve Clicquot est le plus ancien prix international consacré au leadership féminin dans l’entrepreneuriat. Créé en 1972 à l’occasion du bicentenaire de la maison de champagne, il a récompensé, selon les documents de référence du programme, près de 500 femmes entrepreneures dans 27 pays en plus de cinquante éditions.
Le dispositif s’articule autour de deux distinctions. Le Bold Woman Award, présent depuis l’origine, cible des dirigeantes confirmées à la tête d’une entreprise depuis plus de cinq ans.
Le Bold Future Award, ajouté en 2014, s’adresse aux entrepreneures émergentes dirigeant une structure de moins de cinq ans. Les deux catégories ont été renommées sous leur appellation actuelle en 2019. Les lauréates intègrent un réseau international de plus de 500 femmes entrepreneures et bénéficient d’un séjour à la Maison Veuve Clicquot à Reims.
En Belgique, quatrième édition d’un rendez-vous déjà installé
En Belgique, le programme est géré par Moët Hennessy Belux, basé avenue Louise à Bruxelles. Pour le cycle 2025, les candidatures étaient ouvertes du 4 juin au 4 septembre 2025 et transitaient pour la première fois par la Bold Open Data Base, une plateforme mondiale dédiée aux femmes entrepreneures.

Les conditions d’éligibilité sont strictement encadrées par un règlement : les candidates doivent être fondatrices, propriétaires ou dirigeantes effectives d’une société belge ayant son siège social en Belgique, et exercer un contrôle sur celle-ci au sens de l’article 1:14 du Code des sociétés et des associations. Le jury belge, composé de neuf membres (parmi lesquels des lauréates précédentes et des figures de l’écosystème entrepreneurial), sélectionne d’abord des finalistes avant de désigner une lauréate par catégorie.
Pour cette édition 2025, le jury comptait notamment Pierre Gurdjian, président du conseil d’administration de Solvay et cofondateur de Belgium’s 40 under 40 ; Pierre Hermant, CEO de finance & invest.brussels ; Muriel Bernard, fondatrice d’Efarmz ; Amandine De Paepe, fondatrice d’Insentials ; ou encore Marion Schoutteten, cofondatrice d’Orta (ces deux dernières étant d’anciennes lauréates du prix en Belgique).
Caroline Franckx : le leadership hospitalier public distingué
Le Bold Woman Award a été attribué à Caroline Franckx, CEO du CHU Brugmann. Selon le communiqué officiel, son parcours l’a conduite du conseil international chez Accenture au pilotage du plus grand hôpital public bruxellois, qu’elle dirige depuis 2021. À la tête de 4 000 collaborateurs, elle a permis à l’établissement de retrouver l’équilibre opérationnel en 2024, selon le même document, en dépit de crises successives.

Le communiqué précise que sa gouvernance repose sur une approche qu’elle qualifie « d’authentique » et de « proche », centrée sur la créativité et l’élan collectif comme leviers de transformation durable. Son ambition affichée : faire du CHU Brugmann un modèle plaçant patients et soignants au cœur de toutes les décisions.
Lou Garagnani : l’inclusion comme modèle d’entreprise
Le Bold Future Award a été décerné à Lou Garagnani, fondatrice de L’Univers d’Ayden. Le projet est né d’une histoire personnelle : son fils Ayden est porteur d’un multihandicap rare. Selon le communiqué, Lou Garagnani a créé des centres de loisirs inclusifs, sensoriels et immersifs, où enfants avec et sans handicap se côtoient.

Les chiffres communiqués indiquent que ces centres accueillent déjà des milliers de familles et emploient plus de 65% de personnes en situation de handicap. Son modèle d’entreprise conjugue donc innovation sociale et impact direct sur l’emploi inclusif.
Ce que ces prix révèlent de l’écosystème belge
La cérémonie s’est tenue le 4 février 2026 à TheMerode, à Bruxelles, devant environ 150 invités, en présence de Xavier Lapeyre de Cabanes, ambassadeur de France en Belgique. Jean-Baptiste Billiet, General Manager de Moët Hennessy Benelux, a salué les parcours des lauréates.
Thomas Mulliez, président et CEO de la Maison Veuve Clicquot, a déclaré dans le communiqué : « Pour cette 4e édition belge, nous avons voulu une cérémonie à l’image de notre engagement : faire de la visibilité un véritable moteur d’accélération pour l’entrepreneuriat féminin. »

Kim Gevaert, championne olympique, a prononcé un discours lors de la soirée. Elle y a établi un parallèle entre sport de haut niveau et entrepreneuriat : « Que vous soyez sur la piste d’athlétisme ou en train de créer une entreprise : vous apprenez à gérer la pression, les revers et les attentes. »
Les profils des deux lauréates traduisent une tendance observable dans l’écosystème entrepreneurial belge : la valorisation de modèles alliant gouvernance structurée et impact sociétal mesurable. Caroline Franckx incarne le leadership de transformation dans le secteur public hospitalier, un domaine rarement mis en avant dans les prix dédiés à l’entrepreneuriat. Lou Garagnani illustre l’émergence de projets à forte composante d’inclusion, portés par un modèle économique viable.
