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IVEX, la spin-off de la KU Leuven, s’invite dans la validation de la conduite autonome chez NVIDIA

Issue de la KU Leuven, IVEX intègre son logiciel NCAP Evaluator à NVIDIA Halos SAFE, le cadre d’évaluation de la sécurité des véhicules autonomes que NVIDIA a présenté ce 21 octobre à la GTC Berlin. Un mois après une série A de 5 millions d’euros, l’entreprise louvaniste étend ainsi son champ d’action des tests Euro NCAP à la validation de la conduite automatisée.

La société belge IVEX a annoncé ce mercredi l’intégration de son logiciel NCAP Evaluator à NVIDIA Halos SAFE.

IVEX n’est pas seule à bord. L’écosystème présenté par NVIDIA réunit aussi des constructeurs comme JLR, Mercedes-Benz et Volvo Cars, ainsi que 51Sim, aiMotive, AVL, Deepen AI, Foretellix et Synopsys.

Halos SAFE, un cadre pour produire des preuves

À mesure que les systèmes de conduite automatisée gagnent en complexité, les constructeurs recourent davantage à la simulation, en complément des essais physiques, pour examiner la réaction d’un véhicule dans une grande variété de conditions de circulation. Reste à savoir ce que ces résultats virtuels disent réellement de la sécurité d’une voiture sur la route.

Halos est le système global de sécurité que NVIDIA consacre aux véhicules autonomes. Il couvre le matériel, le logiciel, l’IA et l’écosystème de partenaires, sur l’ensemble du cycle de développement du véhicule. Halos SAFE, pour Safety Assurance Framework for Evaluation, en constitue le nouveau volet consacré à l’évaluation. Ce cadre doit permettre aux développeurs de mesurer le comportement de conduite au regard d’exigences de sécurité, au moyen de tests répétables, et d’apprécier la crédibilité des simulations en les comparant aux essais physiques.

Le dispositif relie plusieurs niveaux de tests : la simulation, l’évaluation du logiciel dans une boucle simulée (software-in-the-loop), l’intégration du matériel dans cette boucle (hardware-in-the-loop), les essais sur route et le suivi des véhicules déployés. Des scénarios définis, des tests et des critères de performance mesurables font le lien entre ces étapes. NVIDIA présente l’objectif comme la constitution d’un dossier de preuves traçables à l’appui du déploiement. La simulation y complète les essais physiques sans s’y substituer.

La notation Euro NCAP appliquée aux essais virtuels

C’est sur ce terrain qu’intervient IVEX. Son NCAP Evaluator applique les règles de notation des protocoles NCAP et des contrôles de données aux résultats des essais, qu’ils soient simulés ou physiques. Les ingénieurs disposent ainsi d’une grille commune pour évaluer leurs tests de manière cohérente et comparer les performances de sécurité. Chaque appréciation peut être rattachée aux données d’essai dont elle découle.

Cette notation commune doit aider les équipes à analyser les écarts entre résultats simulés et résultats physiques, et à repérer les situations qui exigent des validations supplémentaires. IVEX insiste sur la traçabilité : un score doit pouvoir être justifié par l’événement, la vidéo ou la mesure qui l’a produit. Des processus de revue structurés laissent par ailleurs l’évaluation finale entre les mains des ingénieurs.

« À mesure que le développement des véhicules se déplace vers la simulation, les ingénieurs ont besoin d’une méthode cohérente pour évaluer ce que ces tests leur apprennent sur les performances de sécurité, explique Mario Torres, cofondateur et CEO d’IVEX. Travailler avec NVIDIA nous permet d’apporter notre expérience des évaluations de sécurité établies à la prochaine génération du développement de la conduite automatisée. Notre objectif est d’aider les équipes d’ingénierie à prendre des décisions plus éclairées en matière de sécurité, avec des résultats qu’elles peuvent mesurer, comparer et vérifier de façon cohérente. »

Un fournisseur d’Euro NCAP né à Louvain

Fondée en 2018 et installée à Heverlee, IVEX développe des logiciels pour les essais et la validation de la sécurité automobile, en particulier des aides à la conduite (ADAS) et des systèmes de conduite automatisée. La société se présente comme un fournisseur de confiance d’Euro NCAP, dont la technologie sert à des évaluations officielles de véhicules. Selon IVEX, son NCAP Evaluator a été retenu par l’organisme européen pour les protocoles 2026-2028. Le logiciel est aussi utilisé par des constructeurs automobiles et par des laboratoires d’essais accrédités qui participent aux évaluations Euro NCAP. Il gère les données d’essai, l’analyse, la notation et les rapports dans plusieurs domaines couverts par ces protocoles, dont les aides à la conduite et la protection en cas de collision. L’entreprise présente l’accord avec NVIDIA comme une extension de son rôle, des programmes établis d’évaluation des véhicules vers l’évaluation de la conduite automatisée.

IVEX ne construit pas de voitures autonomes et ne fabrique pas de processeurs. Son métier consiste à transformer les données produites par les essais sur route, sur piste, dans les laboratoires de crash-tests ou en simulation en résultats exploitables : détection d’événements, indicateurs de performance, vérification des critères de test et calcul des scores. Selon l’entreprise, sa plateforme peut réduire de plus de 95 % le temps d’ingénierie consacré à certaines analyses de données d’essais. Elle cite le cas de 400 heures de données de conduite multicapteurs traitées avec huit heures de travail d’ingénierie.

La plateforme d’IVEX a été déployée lors de campagnes d’essais sur route dans plus de 20 pays et a exploité des données issues de plus de 50 modèles de véhicules. La société revendique six brevets, dont un aux États-Unis, ainsi que la certification ISO 27001. Cette norme porte sur la gestion de la sécurité de l’information au sein de l’entreprise, et non sur la sécurité des véhicules testés.

Une série A tournée vers l’Amérique du Nord et l’Asie

Le calendrier donne du relief à l’annonce. Le 10 septembre dernier, IVEX a bouclé une série A de 5 millions d’euros auprès de The Faktory, de Dedicated.lu et d’investisseurs privés dont l’identité n’a pas été communiquée. Ces fonds doivent servir à étendre la couverture des protocoles NCAP, à renforcer l’infrastructure de traitement des données et à développer la présence commerciale et institutionnelle de la société en Amérique du Nord et en Asie. NVIDIA ne figure pas parmi les investisseurs de ce tour, et la collaboration autour de Halos SAFE ne s’accompagne d’aucune opération capitalistique annoncée.

À l’occasion de cette levée, IVEX a présenté un conseil d’administration réunissant Mario Torres, Jan Leuridan, ancien CEO de Siemens Industry Software NV, Omar Mohout, présenté comme directeur chez Deloitte, Simon Alexandre, associé de The Faktory, et Quentin de Clercq, cofondateur d’IVEX, présenté comme responsable de la stratégie IA d’ASML aux États-Unis.

Pour IVEX, l’entrée dans l’écosystème de NVIDIA apporte une visibilité internationale au moment où l’entreprise cherche à s’étendre hors d’Europe.

Martin Boonen
Martin Boonen
Martin Boonen est journaliste diplômé de l'Institut de Journalisme de Bruxelles (2012). Il collaboré avec de nombreuses rédactions à différent niveau de responsabilité : journaliste, chef de rubrique, secrétaire de rédaction et rédacteur en chef, tant sur le web que pour la presse imprimée. Spécialisé dans les startups et l'entrepreneuriat à impact, il est devenu en 2025 rédacteur en chef du site web de Forbes Belgique. Il est affilié à l'Organisation Mondiale de la Presse Périodique depuis 2011.

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