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Lina Law, le cabinet d’avocats « AI native » qui veut en finir avec l’heure facturable

Les logiciels d’IA juridique lèvent des centaines de millions, et certaines startups visent désormais directement les honoraires des cabinets. Lancée en septembre en Belgique et en France, Lina Law veut confier l’essentiel du travail juridique à des agents d’intelligence artificielle, sous le contrôle d’avocats seniors, et facturer au forfait. Son cofondateur Cyrille De Baerdemaeker explique le modèle.

Par Martin Boonen

Les cabinets d’avocats n’ont pas attendu les startups pour adopter l’intelligence artificielle. Le Financial Times relève en 2026 une accélération de l’usage de l’IA et des agents dans les cabinets européens. Les fournisseurs de logiciels en profitent largement. L’américain Harvey, qui vend sa plateforme aux cabinets et aux directions juridiques, a levé 550 millions de dollars en septembre 2026 sur une valorisation de 15,5 milliards. Legora a porté sa série D à 600 millions de dollars en avril, pour une valorisation post-money de 5,6 milliards. Mordor Intelligence évalue le marché européen de la legaltech à 6,84 milliards de dollars en 2026 et prévoit 11,42 milliards en 2031.

Ces outils ne représentent toutefois qu’une petite partie des dépenses juridiques. Une estimation commerciale situe le marché européen des services juridiques à 266,26 milliards de dollars en 2026. C’est sur ces honoraires que misent les cabinets dits « AI native », qui livrent eux-mêmes la prestation au lieu de vendre un logiciel aux avocats. Aux États-Unis, Blackstone a investi 50 millions de dollars dans Norm AI lors du lancement de Norm Law, et Manifest OS a levé 60 millions de dollars en série A sur une valorisation de 750 millions. La Belgique voit émerger ses propres acteurs. Falcon, conseillé dès sa création par Wim Dejonghe, ancien Global Senior Partner d’Allen & Overy, s’est spécialisé dans les contrats commerciaux des PME après une levée de 1,5 million d’euros en pre-seed. Alice, autre startup belge, vend pour sa part ses outils aux cabinets.

Lina Law a été lancée officiellement en septembre 2026 en Belgique et en France. Elle compte trois cofondateurs : Franck-Victor Laurant, CEO, juriste et entrepreneur passé par Wequity ; Cyrille De Baerdemaeker, avocat ; et Alexandre Cys, CTO, ancien VP of Technology chez Cohabs. Soutenue par le startup studio Hexa, la société a bénéficié d’un premier financement de 500 000 euros selon la presse belge. La plateforme est exploitée par Lina AI Ltd, immatriculée à Londres en mai 2026, tandis que le conseil juridique est fourni séparément par l’avocat ou le cabinet identifié dans la lettre de mission. Lina se concentre sur le droit des affaires, du corporate au venture capital en passant par les contrats commerciaux, les fusions-acquisitions et la conformité, pour une clientèle de startups, de scale-ups, de PME et d’investisseurs.

Les chiffres de traction sont ceux de l’entreprise : une quinzaine de dossiers par semaine, un réseau de 35 avocats indépendants et plus de 300 agents juridiques. Lina affirme que ses agents absorbent 82 % d’un dossier type et que sa facture est environ 40 % inférieure à celle d’un cabinet traditionnel. Aucun de ces chiffres n’a fait l’objet d’un audit. Selon La Libre, la startup vise une levée de 5 à 10 millions d’euros début 2027.

Cyrille De Baerdemaeker est inscrit au barreau de Bruxelles depuis 2017. Diplômé en droit de l’UCL et titulaire d’un LL.M. de la City University of Hong Kong, il a passé plus de quatre ans chez Bird & Bird en droit corporate et commercial, avant de travailler côté client chez Remote et Easop. Il revient sur le fonctionnement de Lina Law, sur les cabinets qui restent à créer et sur ses ambitions européennes.

« Nous créons un cabinet d’avocats à partir de zéro »

– Forbes.be : D’où vient Lina Law ?
– Cyrille De Baerdemaeker : En deux mots : je suis un ancien avocat. J’ai pratiqué le métier avant de passer du côté client, dans des entreprises tech. Mon cofondateur, qui a véritablement eu l’idée, vient lui aussi d’une famille d’avocats. Il a étudié le droit, mais il a tout de suite lancé plusieurs sociétés : c’est un entrepreneur en série. Nous avons donc tous les deux rencontré le problème, en travaillant avec des avocats ou en étant nous-mêmes avocats, et nous avons vu ce que cela représentait. C’est surtout lui qui a eu l’idée, il m’en a parlé, et c’est ainsi que nous avons lancé ce projet. Lina Law est un cabinet d’avocats AI native. Il est important de souligner qu’il s’agit bien d’un cabinet d’avocats, et non d’un outil juridique. Nous ne développons pas un outil comme ceux, nombreux aujourd’hui, qui se vendent aux cabinets d’avocats pour optimiser leur manière de travailler. Nous créons un cabinet d’avocats à partir de zéro, d’une feuille blanche.

– Quelle est la différence, concrètement ?
– Il faut plutôt nous voir comme une société de services. Nous allons rendre des services. Mais dans notre structure, le nerf central, c’est l’intelligence artificielle. Tout sera géré par l’IA, et tout le volume qui peut être traité par l’IA le sera, qu’il s’agisse du travail juridique ou non juridique. Tout ce que nous estimons devoir être fait par l’IA aujourd’hui, et surtout demain, sera fait par l’IA. Nous gardons néanmoins des avocats, et c’est pour cela que je parle de société de services, afin d’accomplir le travail qu’un avocat doit, selon nous, continuer à faire et qu’il sera encore amené à faire dans les années à venir : la relation directe avec le client, la négociation, la stratégie, l’interprétation d’une clause ou d’une loi, etc. Sur ces éléments, nous pensons que l’humain et un bon avocat resteront importants. Nous avons donc encore besoin d’avocats expérimentés pour cette dernière partie du travail réalisé dans un cabinet traditionnel. Globalement, nous pensons pouvoir automatiser 80 à 90 % du travail habituellement effectué dans un cabinet d’avocats, grâce à une IA très puissante et autonome, mais dont le travail doit être vérifié et validé par un avocat en bout de chaîne.

– Un cabinet d’avocats sans avocats, donc ?
– Non, pas tout à fait. Les agents IA de Lina Law se chargeront du traitement des premiers e-mails, du cadrage de la demande, de la manière dont nous allons la facturer, de l’équipe que nous allons y affecter, du conflict check, de l’ouverture du dossier client, du suivi de la facturation et, évidemment, de la rédaction. Ça, c’est pour la partie non juridique. Il y a ensuite tout le travail juridique : les premiers jets, l’analyse, l’analyse des documents. Ce qui est intéressant quand on est AI native, c’est que tout est enregistré. La société fonctionne comme un énorme cerveau et capitalise sur tout ce qui entre et tout ce qui est fait. N’importe quel précédent, issu d’un autre dossier ou d’une autre manière de négocier, permet d’optimiser les autres workflows. Ceux-ci sont donc constamment mis à jour sur la base de ce que nous avons rencontré dans un autre dossier. Tout ce que nous apprenons sur un client est également enregistré, afin de capitaliser dessus et que le rendu final lui corresponde vraiment. Si nous savons, par exemple, que lors d’une négociation précédente ce client tenait à telle protection pour telle ou telle raison, nous pourrons en tenir compte pour préparer son dossier suivant.

– Tout ce que fait l’IA doit être vérifié par un humain, parce qu’on sait qu’elle peut halluciner, être imprécise ou confondre des éléments. Comment gérez-vous ce risque ?
– Ce qui est important, c’est notre manière de fonctionner. Nous créons des agents qui se chargent de toutes ces tâches, et ces agents obéissent à des règles extrêmement strictes qui font en sorte qu’ils n’hallucinent jamais. Je ne sais pas si tu vois comment travaillent les avocats, mais ils ont souvent un document avec des modifications apparentes et des commentaires. L’idée, c’est qu’au moindre doute, l’agent insère un commentaire du type : « Voilà ce que j’ai compris, voilà ce que j’ai mis, pour telle ou telle raison. Est-ce que tu valides ? » L’attention de l’avocat est ainsi attirée sur les points importants et sur ceux qui suscitent un doute, mais le risque d’hallucination, lui, est déjà géré en amont.

– Votre plateforme est déjà utilisée par des avocats. En quoi n’êtes-vous pas un simple éditeur de SaaS ?
– Parce que notre objectif est de monter de véritables cabinets. Pour l’instant, nous construisons la plateforme, l’intelligence qui servira de tronc commun à tous les cabinets d’avocats locaux. Elle est utilisée par des avocats totalement indépendants, qui travaillent à leur compte ou pour d’autres cabinets, sur leurs dossiers ou sur les nôtres. Mais ces cabinets restent à constituer : il n’existe pas encore de cabinet Lina Law, pour des raisons déontologiques. Un cabinet d’avocats doit être détenu exclusivement par des avocats, et nous sommes en discussion avec les barreaux.

– Comment s’articuleront la plateforme et ces futurs cabinets ?
– Nous construisons le cerveau du cabinet, sa structure. Il est détenu par une autre société, qui prêtera cette intelligence aux cabinets d’avocats affiliés localement, en France, en Belgique et dans tous les pays où nous nous implanterons. Chacun sera juridiquement indépendant et détenu exclusivement par des avocats locaux. Nous les choisirons parmi ceux qui auront apprécié l’outil et nous auront convaincus de leur volonté de changer leur manière de travailler, puis nous les aiderons à monter le cabinet. C’est la prochaine étape. Nous pourrions le créer dès maintenant, mais il faut un volume suffisant et il faut trouver les bons avocats.

– Au final, l’idée est-elle de rendre le droit plus accessible, en temps comme en coût ?
– Oui. Tout ce que j’ai expliqué jusqu’ici, c’est le point de vue de l’avocat et le fonctionnement interne. Mais nous sommes extrêmement proches des entrepreneurs, nous en côtoyons beaucoup, et c’est pour cela que le parcours de mon cofondateur est intéressant. Au départ, il y a un entrepreneur en série qui a connu toutes les difficultés liées au travail avec un avocat. Ce que nous voulons offrir aux clients des cabinets d’avocats, c’est un travail plus rapide, beaucoup moins cher et dans l’air du temps. Cela passe par la fin des heures facturables et des devis peu clairs. Quand nous recevons une demande, nous donnons un devis fixe en quelques heures, et nous nous y tenons. Il n’y a pas de petit astérisque en bas de page pour préciser que tel élément n’est pas inclus, ni de fourchette dont le maximum finit toujours par être dépassé pour une raison ou une autre. Si tu parles un peu avec des entrepreneurs, tu verras qu’ils ont toujours une mauvaise surprise en recevant la facture : ils se rendent compte qu’ils n’auraient peut-être pas dû poser telle question. Chez nous, nous ne facturons rien au client tant que nous n’avons pas défini le prix ensemble. Il peut donc nous poser des questions et, surtout avec l’IA, nous pouvons parfois y répondre facilement, sans rien lui facturer. Mais dès qu’arrive une question qui demande une analyse ou une rédaction, nous le prévenons : « Attention, cela va te coûter tant. Le prix sera fixe, mais es-tu bien sûr d’en avoir besoin ? » Souvent, les entrepreneurs ne s’en rendent pas compte. Ils posent des questions un peu comme ça à un avocat, puis ils reçoivent la facture et tombent de leur chaise. C’est vraiment ce positionnement que nous voulons : offrir un service d’avocat de qualité à un prix accessible.

– Du côté des clients, n’y a-t-il pas une certaine réticence à savoir que leur avocat a recours à une IA, même très poussée ? Les clients sauront-ils que leur avocat a utilisé votre solution ?
– Nos clients sont toujours au courant. Tous les clients pour lesquels les avocats ont utilisé notre plateforme le savent : les avocats sont très transparents sur la question, et c’est systématique. À terme, nous serons labellisés cabinet d’avocats AI native, il n’y aura donc vraiment aucun secret. Aujourd’hui, d’après les nombreux avocats avec lesquels nous discutons, une grande partie des clients demandent que leur avocat utilise vraiment l’intelligence artificielle. Il en reste quelques-uns, et c’est tout à fait leur droit, qui demandent que ce ne soit pas le cas. Je pense que les mentalités vont changer, mais aujourd’hui, une petite partie des clients le demandent encore, tandis qu’une plus grande partie challengent de plus en plus leurs avocats en leur demandant s’ils ont bien utilisé l’intelligence artificielle. Certaines grandes entreprises, comme Revolut, évaluent même leurs cabinets d’avocats sur la base de leur utilisation de l’IA, parce qu’elles veulent que leurs avocats suivent l’ère de l’IA et vivent avec leur temps.

– Comment le barreau voit-il votre solution, d’un point de vue déontologique ? Est-il méfiant ?
– Il n’est pas du tout méfiant, parce qu’il sait très bien qu’aujourd’hui énormément d’avocats, voire tous, utilisent l’intelligence artificielle. C’est autorisé, tant que la plateforme garantit le respect des devoirs et des obligations de l’avocat, ce qui est le cas chez nous. Nous fonctionnons en circuit fermé et nous respectons toutes les exigences du barreau. Dans ces conditions, il n’y a aucun souci pour lui. C’est d’ailleurs un peu son rôle : s’assurer que l’avocat respecte ses droits et ses devoirs. Et c’est le cas avec notre plateforme. Évidemment, cela chamboule un peu la manière de fonctionner des cabinets d’avocats traditionnels. Le barreau voit-il cela d’un bon œil ? Il est peut-être un peu plus frileux, réticent ou conservateur sur ce point, mais sur le principe, il nous a confirmé qu’il n’y avait aucun problème tant que l’intelligence artificielle respecte les règles établies aujourd’hui.

– Dans votre modèle, est-il facile de vous développer à l’étranger ?
– Oui, c’est facile. Grâce à notre réseau, nous commençons surtout par la Belgique et la France, parce que nous sommes belges, mais nous recevons déjà des demandes du Royaume-Uni, des Pays-Bas et d’Allemagne. Notre méthode consiste à trouver des avocats intéressants, qui s’intéressent à ces dossiers, et à les former un peu. Cela peut donc aller très vite si nous sommes mis en relation avec les bons avocats. Nous constatons qu’en parlant à l’un, on nous oriente vers un autre et que, de fil en aiguille, nous arrivons à des avocats assez intéressants. En faisant un peu de bruit, nous sommes aussi contactés de manière proactive par pas mal d’avocats intéressés par le sujet. Nous discutons avec eux pour voir s’ils sont les bons candidats.

– La solution s’adapte-t-elle sans problème au droit des différents pays ?
– Oui. Nous créons des agents sur la base de modèles et de précédents. Nous le faisons avec ce que nous appelons des legal engineers, des ingénieurs juridiques. Ce sont des avocats que nous rémunérons ponctuellement ou que nous avons en interne, et qui préparent un agent pour un type de dossier spécifique avant de l’entraîner. Ensuite, comme nous sommes AI native, nos agents s’entraînent de manière exponentielle et automatique, notamment sur de faux cas, et deviennent extrêmement puissants. Nous pouvons donc très rapidement ouvrir un dossier avec un avocat étranger. Prenons un avocat allemand : nous lui expliquons que nous avons tel type de cas et nous lui demandons s’il en a l’expérience. S’il répond oui, nous créons l’agent avec lui et nous l’entraînons. Dès que le cas se présente, nous faisons le travail avec lui et nous améliorons l’agent petit à petit. Évidemment, au début, c’est un travail mené main dans la main entre l’avocat et le legal engineer, pour que l’agent soit bon et que l’avocat nous donne son feed-back. Tous les prompts qu’il rédige pour corriger l’agent sont extrêmement importants pour l’améliorer. Mais cela se fait assez rapidement.

– N’aurait-il pas été plus simple de développer un outil et de le vendre à un grand cabinet international, ou de fonctionner avec un système de licences ou de franchises, plutôt que de vous lancer dans l’aventure des cabinets d’avocats AI native ?
– Il est clair que le marché des legaltechs explose dans tous les sens depuis deux ans. Mais nous pensons que le marché est beaucoup plus important du côté des services. Il y a vraiment beaucoup plus à faire, et c’est un business bien plus pérenne. Des legaltechs, il y en a tellement, et il faut les vendre aux cabinets. À terme, on est vite limité par ceux qui achètent le produit. Si, au contraire, nous faisons tout en interne, en intégrant ce produit et en englobant tous ces produits, nous pouvons entrer directement en concurrence avec les cabinets d’avocats et leur prendre leurs clients. Cela offre des perspectives beaucoup plus larges.

– C’est plus ambitieux…
– Oui, c’est plus ambitieux, surtout parce que c’est totalement nouveau en Europe. Il n’existe vraiment aucun acteur de ce type en Europe continentale. Aux États-Unis, c’est un phénomène qui émerge depuis quelques années, et quelques acteurs ont récemment levé plusieurs centaines de millions d’euros sur ce business model. Ils prennent vraiment le contre-pied de l’approche de Legora et de Harvey, les deux grandes legaltechs aux valorisations incroyables. Les cabinets d’avocats intègrent leur produit pour résoudre leur problème, mais c’est une solution de très court terme. Ces cabinets vont tout externaliser puis, à terme, ils deviendront dépendants de ces entreprises, qui fixeront ensuite les prix. Au bout d’un certain temps, ils se rendront compte qu’ils n’ont aucun savoir-faire en intelligence artificielle : ils ont tout confié à un produit externe, dont ils sont totalement dépendants. Or ce produit externe, pour justifier sa valorisation actuelle, va devoir commencer à se vendre aux juristes d’entreprise. Et le jour où le client verra qu’il dispose exactement du même outil que son cabinet d’avocats, il se demandera pourquoi il le paie. Il y aura donc un moment où les cabinets d’avocats seront perdus, parce qu’ils n’auront plus de valeur ajoutée ni le savoir-faire pour offrir quelque chose de différent à leurs clients. C’est là que nous nous distinguons : notre structure est totalement indépendante, et nous construisons tout cela vraiment de l’intérieur.

– Dans quels domaines se situent les avocats qui utilisent aujourd’hui Lina Law ?
– Nous sommes plutôt spécialisés en droit corporate : tout ce qui touche aux fusions-acquisitions et aux levées de fonds. Mais, comme je le disais, nous voulons vraiment aider les entrepreneurs et les sociétés, donc nous discutons beaucoup avec eux. Ils sont séduits par notre idée, et cela commence par un petit dossier commercial, un petit contrat, etc. Ils sont extrêmement satisfaits du résultat, donc ils reviennent. Évidemment, ils ne lèvent pas des fonds tous les quatre matins. Nous commençons donc par là, mais nous allons vraiment couvrir tout ce dont une société a besoin comme support juridique. Pour l’instant, nous nous limitons au conseil, sans le contentieux. Mais à terme, nous voulons vraiment être full service.

– Vous pourriez donc aller un jour vers le pénal ou le droit de la famille, et préparer des divorces ou une plaidoirie avec l’IA ?
– Franchement, nous en sommes encore très loin. Nous nous voulons vraiment un cabinet d’avocats d’affaires, j’ai envie de dire. Pour l’instant, nous faisons surtout du conseil, en amont du litige. À terme, nous aurons certainement des avocats qui feront du contentieux, mais évidemment du contentieux commercial. C’est plus compliqué, mais voilà.

– Avez-vous un calendrier pour vos objectifs, notamment la création des cabinets ?
– J’ai envie de dire que, d’ici six mois, nous espérons avoir au moins deux cabinets établis, en France et en Belgique. C’est l’objectif que nous nous fixons, et les choses iront peut-être plus vite. Mais nous voulons aussi nous laisser le temps de trouver les bons avocats. Aujourd’hui, nous avons un réseau d’une trentaine d’avocats avec lesquels nous travaillons régulièrement et que nous évaluons, pour voir s’ils répondent bien à nos attentes. Comme je te le disais, nous devons changer les mentalités des avocats et leur manière de travailler, et donc vérifier que nous avons choisi les bons profils pour cela.

Martin Boonen
Martin Boonen
Martin Boonen est journaliste diplômé de l'Institut de Journalisme de Bruxelles (2012). Il collaboré avec de nombreuses rédactions à différent niveau de responsabilité : journaliste, chef de rubrique, secrétaire de rédaction et rédacteur en chef, tant sur le web que pour la presse imprimée. Spécialisé dans les startups et l'entrepreneuriat à impact, il est devenu en 2025 rédacteur en chef du site web de Forbes Belgique. Il est affilié à l'Organisation Mondiale de la Presse Périodique depuis 2011.

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