Newsletter

Magazine

Inscription Newsletter

Abonnement Magazine

SeaNet SuperYachts présente le M/Y HEED et veut des propriétaires maîtres à bord sans les soucis de gestion

Un superyacht en copropriété, pour en partager les coûts sans renoncer au sentiment d’en être réellement propriétaire : c’est l’idée sur laquelle SeaNet SuperYachts s’est lancée il y a dix ans. Depuis, l’entreprise a progressivement élargi son modèle autour du propriétaire, entre Yacht Management, Crew Management, Hospitality Management, Financial Management, construction sur mesure et solutions de propriété. Présente au Monaco Yacht Show avec le M/Y HEED, un Rossinavi de 53 mètres, elle affiche aujourd’hui des ambitions plus larges. Forbes Belgique s’est entretenu avec son fondateur, Matty Zadnikar, et son équipe pour comprendre jusqu’où peut aller cette autre façon de posséder un yacht et ce qu’elle change réellement en matière d’usage, de contrôle et de gestion.

L’idée de départ a quelque chose de presque contre-intuitif dans un univers où la propriété exclusive reste un symbole en soi : pourquoi assumer seul le coût et la gestion d’un yacht utilisé seulement quelques semaines par an ?

© SeaNet

C’est cette question que Matty Zadnikar s’est posée en 2016 après l’acquisition d’un Benetti Delfino 93 pieds. Lui-même propriétaire, il part alors moins d’une théorie financière que d’une observation très concrète : un yacht peut représenter un actif considérable tout en restant à quai une bonne partie de l’année, alors que son propriétaire continue d’en supporter seul les coûts, la dépréciation et la complexité opérationnelle. Il décide donc de le placer en copropriété et réunit quatre propriétaires autour du même bateau.

Sur le papier, le principe est simple : plusieurs propriétaires se partagent l’actif, son usage et une partie des coûts. Dans la réalité, c’est beaucoup moins mécanique. Car le diable se niche ici dans les détails : répartir les semaines à bord, encadrer les dépenses, gérer l’équipage, arbitrer les décisions communes ou anticiper la sortie éventuelle d’un copropriétaire.

© SeaNet

« La difficulté n’était pas simplement de diviser un yacht en parts », nous explique l’entreprise. Il fallait surtout construire autour du bateau un cadre suffisamment solide pour que l’ensemble tienne la route, ou plutôt, en l’occurrence, le cap.

C’est ce travail de fond, mené par Matty Zadnikar d’abord comme propriétaire puis comme entrepreneur, qui a progressivement élargi le modèle. Dix ans plus tard, la copropriété reste au cœur de l’ADN et de l’expertise de SeaNet SuperYachts, mais elle s’inscrit désormais dans un éventail plus large de solutions pensées autour du propriétaire. « Nous ne commençons plus nécessairement par nous demander comment faire entrer quelqu’un dans un modèle de copropriété », nous explique l’équipe. Elle dit désormais partir de l’usage réel du propriétaire, du temps qu’il souhaite passer à bord et du degré de contrôle qu’il entend conserver.

À plusieurs sur le papier, chacun chez soi à bord

Concrètement, les clients ne paient pas simplement pour accéder à un yacht : ils en deviennent juridiquement copropriétaires, généralement à travers une société dédiée. Selon les projets, la structure peut réunir de deux à six propriétaires. Les difficultés évoquées plus haut trouvent leur réponse dans le cadre contractuel : une Owner’s Letter encadre la planification, les nouveaux arrivants font l’objet d’une due diligence, et des mécanismes prévoient les défauts de paiement comme la revente des parts, que SeaNet SuperYachts peut gérer.

© SeaNet

Les semaines sont attribuées proportionnellement aux parts détenues, avec un système de priorité tournante qui évolue d’une année et d’une saison à l’autre, afin que les périodes les plus convoitées ne reviennent pas toujours aux mêmes. Côté dépenses, l’équipage, la maintenance, l’assurance, l’hivernage ou encore certains frais portuaires sont mutualisés, tandis que les frais propres à chaque séjour restent individualisés.

La formule prend donc surtout son sens pour un propriétaire qui utilise son yacht quelques semaines par an. « Celui qui souhaite disposer du bateau à tout moment, changer ses plans sans concertation ou garder seul la main sur son exploitation trouvera logiquement davantage de liberté dans une propriété exclusive », reconnaît SeaNet SuperYachts.

Le vrai arbitrage se situe donc entre trois choses très simples : combien on utilise, combien on paie et combien de contrôle on veut conserver.

La gestion, un métier à part entière

Posséder un yacht ne s’arrête évidemment pas au moment où l’on monte à bord. En coulisses, il faut gérer l’équipage, la maintenance, les assurances, la conformité, les budgets, les itinéraires, les réservations portuaires ou encore l’hospitality : une mécanique lourde, qui peut vite transformer le rêve en feuille de calcul grandeur nature.

© SeaNet

C’est cette partie moins visible que SeaNet SuperYachts a fait grandir au fil de dix années passées à exploiter des yachts aux côtés de leurs propriétaires. Matty Zadnikar et son équipe en ont tiré quatre expertises présentées comme des métiers à part entière : Yacht Management, Crew Management, Hospitality Management et Financial Management. Elles servent aussi bien les yachts détenus à plusieurs que ceux d’un propriétaire unique, avec le même objectif : laisser au propriétaire la maîtrise de son yacht et de son expérience à bord, sans la complexité de l’exploitation. Pour certains clients, la ressource la plus rare n’est d’ailleurs pas nécessairement le capital, mais le temps.

Cette évolution a trouvé sa vitrine à Monaco, où l’entreprise a jeté l’ancre avec le M/Y HEED, un Rossinavi de 53 mètres construit sur mesure. Plus qu’un simple nouveau yacht dans la flotte, HEED marque un changement d’échelle dans le rôle joué par SeaNet SuperYachts. L’entreprise explique avoir accompagné le projet depuis sa structure de propriété et sa construction neuve jusqu’à sa préparation technique et opérationnelle, avant d’en assumer la gestion dans la durée, de l’équipage à l’hospitality. Un projet qui mesure, à lui seul, le chemin parcouru depuis la copropriété jusqu’à une prise en charge beaucoup plus large de l’expérience propriétaire.

Prendre le large, mais pas n’importe comment

Les chiffres de l’entreprise racontent la même progression : SeaNet SuperYachts revendique aujourd’hui 14 yachts entre 25 et 53 mètres, 45 transactions de propriété, 35 propriétaires différents et huit yachts sous gestion quotidienne, sans viser la croissance de flotte pour elle-même. Elle préfère gérer moins de bateaux, mais exceptionnellement bien, et accompagner le propriétaire tout au long du cycle de sa propriété, de l’identification ou de la construction du yacht jusqu’à sa revente.

© SeaNet

Une ambition qui dépasse désormais la seule question du nombre ou de la taille des yachts gérés. Dans un secteur où le prestige se mesure volontiers en mètres, SeaNet SuperYachts veut surtout que le propriétaire n’ait à s’occuper que du plaisir d’être maître à bord, les manœuvres les plus complexes se jouant en coulisses.

Sophie De Coninck
Sophie De Coninck
Sophie De Coninck est une journaliste spécialisée dans les thématiques lifestyle et société. Elle collabore régulièrement avec plusieurs médias du groupe Ventures, auquel appartient notamment Forbes Belgium.

A la une