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La saison méditerranéenne du yachting s’achève en beauté aux Voiles de Saint-Tropez

Autant le dire d’emblée : j’aime Les Voiles de Saint-Tropez. Oui, j’adore Les Voiles de Saint-Tropez — et l’occasion de dépoussiérer mon français appris à l’école. À mes yeux de navigateur, qui a eu la chance de passer une bonne partie de sa vie à bord et autour de yachts de toutes sortes, aucun autre événement au monde ne restitue aussi bien la magie, la beauté, la convivialité et l’attrait singulier de l’univers du yachting.

Les Voiles de Saint-Tropez 2026
© Patrick Sikes

Les Voiles de Saint-Tropez sont uniques parce qu’elles dépassent largement le cadre d’une régate. L’événement célèbre le yachting en réunissant des milliers de marins — et un public bien plus nombreux encore — qui s’affrontent à bord de certains des voiliers les plus beaux, les plus précieux, les plus mythiques et les plus avancés technologiquement au monde, dans l’une des destinations estivales les plus emblématiques de la planète.

Voiliers aux Voiles de Saint-Tropez
© Gilles Martin-Raget

Des Maxis ultramodernes aux Wally Yachts et aux TP52, en passant par les yachts de Classe J et des voiliers classiques entretenus avec un soin méticuleux — dont certains ont plus de 100 ans —, tous régatent et composent une collection inestimable retraçant l’histoire, les innovations technologiques et la beauté de la voile.

Régate aux Voiles de Saint-Tropez 2026
© Gilles Martin-Raget

La compétition a été aussi intense qu’une journée ensoleillée sur la Côte d’Azur lors de la régate, organisée du 28 septembre au 3 octobre. La lutte a été particulièrement disputée pour le Trophée Rolex, remis par le partenaire exclusif de longue date de l’événement au voilier classique gréé aurique Olympian, vainqueur de son grand rival Chips dans la Classe P.

Olympian aux Voiles de Saint-Tropez
© Les Voiles de Saint-Tropez

« La bataille avec Chips a été intense », a déclaré Philippe Oddo, d’Olympian. « Nous nous sommes battus jusqu’au bout. C’est une magnifique histoire, commencée il y a quatorze ans, et la lutte est acharnée à chaque confrontation. Mais l’équipe s’entend à merveille, tant en interne qu’avec les équipages des autres Classe P. »

Maxis aux Voiles de Saint-Tropez
© Gilles Martin-Raget

Dans la catégorie Maxi 1, le Trophée Edmond de Rothschild a été remporté par Jethou, le yacht de Sir Peter Ogden dessiné par Judel/Vrolijk. Le Wallycento V de Karel Komárek s’est quant à lui adjugé l’IMA Mediterranean Maxi Inshore Challenge 2026, décerné au yacht affichant les meilleurs résultats cumulés lors de la PalmaVela, de l’IMA Maxi European Championship Inshore à Sorrente, de la Loro Piana Giraglia Inshore, de la Maxi Yacht Rolex Cup et des Voiles de Saint-Tropez.

Classe J aux Voiles de Saint-Tropez
© Patrick Sikes

Cependant, en matière de prestige, peu de yachts peuvent rivaliser avec les unités de la Classe J — Svea, Rainbow et Hanuman — engagées cette année. Svea, le plus long et le plus puissant des J, a remporté trois des six courses et décroché la Corinthian King’s Cup, décernée par la classe J au propriétaire-barreur lors de la régate la plus marquante de la saison. Le choix des Voiles de Saint-Tropez pour cet honneur ne doit évidemment rien au hasard.

Svea, Rainbow et Hanuman aux Voiles de Saint-Tropez
© Patrick Sikes

« La classe J a renoué ici avec les régates en flotte pour la première fois depuis plusieurs années », explique Louise Morton, secrétaire de la classe J. « L’organisation de la course a pleinement répondu à nos attentes élevées, et nous avons été ravis d’accueillir à bord des J certains des meilleurs marins au monde. Comme toujours, l’ambiance à terre était unique, les unités de la classe J concentrant toute l’attention. »

Tuiga aux Voiles de Saint-Tropez
© Les Voiles de Saint-Tropez AURIOL

Parallèlement, le légendaire navire amiral du Yacht Club de Monaco, Tuiga (1909), barré par Pierre Casiraghi, vice-président du YCM, s’est imposé dans la catégorie Tradition avec un équipage de très haut niveau : Jimmy Spithill, double vainqueur de l’America’s Cup, Boris Herrmann, de Team Malizia, et Loïck Peyron, figure légendaire de la course au large française. « Avec Boris à la navigation, Loïck à la tactique et Jimmy à la barre, nous ne pouvions rêver mieux », s’est réjoui Pierre Casiraghi.

Équipage de Tuiga aux Voiles de Saint-Tropez
© Les Voiles de Saint-Tropez

« Quel équipage, quelle semaine ! Tout s’est déroulé exactement comme je l’avais imaginé. Je n’avais encore jamais vu un équipage aussi performant sur Tuiga. Nous comptions également à bord de nombreux membres du Club, parmi lesquels Jimmy, Boris, le baron Frederick Schroder, Stavros Niarchos et notre jeune espoir en Laser, Louise Debeaumont, qui courait avec nous pour la première fois. C’est une très belle découverte. Toujours prête à aider et dotée d’un excellent état d’esprit, elle est une jeune navigatrice très prometteuse pour notre Club. Réunir des marins issus de la course au large, de l’America’s Cup et des Jeux olympiques avait quelque chose de véritablement magique. Je mesure la chance d’avoir partagé ces moments avec eux ; tous méritaient cette victoire. Je tiens également à saluer le travail du noyau dur de l’équipe, qui a contribué à ce succès. »

Spirit of Lorina aux Voiles de Saint-Tropez
© Gilles Martin-Raget

Dans une autre catégorie moderne, le TP52 Spirit of Lorina a remporté le Trophée BMW en IRC 0. Anciennement connu sous le nom d’Azzura, le yacht a été repris cette année par l’équipe de Marcelo Pica et Jean-Pierre Barjon, qui l’a rebaptisé Spirit of Lorina. « Jean-Pierre a accompli un travail remarquable avec l’équipe à bord. Nous avons travaillé très intensément et sommes restés pleinement concentrés jusqu’au bout. Nous avons remporté trois courses, ce qui est exceptionnel au vu du niveau de cette catégorie », a déclaré Marcello Pica avec enthousiasme à l’arrivée.

En réalité, toutes les catégories offrent des régates d’exception aux Voiles de Saint-Tropez. Et presque tous ceux qui étaient présents cette année conviendront sans doute que le cadre historique, l’atmosphère incomparable et la communauté dynamique qui s’y rassemble durant les derniers jours dorés de l’été rivalisent avec le spectacle offert sur l’eau.

Ambiance des Voiles de Saint-Tropez
© Gilles Martin-Raget

Le succès de l’événement témoigne du savoir-faire de la Société Nautique de Saint-Tropez. Les organisateurs veillent à ce que d’innombrables bateaux d’une valeur inestimable, manœuvrés par des milliers d’équipiers, puissent participer en toute sécurité à des régates de haut niveau. Ils permettent également aux concurrents, aux spectateurs et à leurs proches de séjourner dans des établissements de luxe, comme le légendaire Hôtel Byblos de Saint-Tropez. Surtout, chacun peut profiter pleinement des festivités à terre : concerts dans le village de la course, soirées et célèbre parade des équipages du jeudi soir, où les participants rivalisent d’imagination avec leurs costumes coordonnés, sans oublier les longs déjeuners au mythique Club 55, sur la plage de Pampelonne, dans la presqu’île de Saint-Tropez.

Les Voiles de Saint-Tropez
© Patrick Sikes

Voilà pourquoi j’aime Les Voiles de Saint-Tropez à ce point. L’événement prouve qu’il n’est pas nécessaire d’être un régatier pour goûter à l’art de vivre du yachting — à condition, bien sûr, de pouvoir se rendre à Saint-Tropez à la fin du mois de septembre.


Cet article a été écrit par Bill Springer et traduit par Forbes.be.

Cet article a été initialement publié sur Forbes.com

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