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« Certaines choses vont dérailler, mais ce n’est pas grave. »

Dès son plus jeune âge, Loïc Van Impe rêvait d’avoir son propre restaurant. Ce printemps, son rêve s’est concrétisé avec l’ouverture de Lago, en lisière du parc de Tervueren et face aux étangs. Une salle comble, des clients ravis : autant d’instants privilégiés qu’il avait imaginés et dont il profite pleinement. Mais la réalité s’est révélée bien plus exigeante que le rêve.

« Quand on gère son propre établissement, on endosse soudain tous les rôles en même temps », confie Loïc Van Impe. « Je suis à la fois cuisinier, plongeur, manager, agent d’entretien et même Madame Pipi. » Cette polyvalence, il a dû se l’approprier sur le tas : une facette du quotidien d’un entrepreneur dont il avait sous-estimé l’ampleur. À cela s’est ajoutée une cadence infernale : le jour réservé au repos a rapidement été englouti par les préparatifs du lendemain, contraignant Loïc Van Impe à tourner sept jours sur sept. L’instauration d’un jour de fermeture hebdomadaire supplémentaire lui offre désormais un répit salutaire.

Le prix mental

Pourtant, le principal défi n’a pas été d’ordre opérationnel, mais psychologique. Loïc Van Impe souhaitait coller au plus près au tableau idyllique qu’il s’était forgé, mais il a dû se résoudre à ce que ce processus prenne des mois, voire des années, et que tout ne se déroule pas toujours exactement comme prévu : « Certaines choses vont dérailler, mais ce n’est pas grave. Réussir à faire la paix avec cette idée a été un défi de taille sur le plan personnel. »

Il avait, en outre, sous-estimé l’épuisement. « Nous accueillons des centaines de clients par jour », confie-t-il, « et au terme d’une journée aussi dense, ma batterie sociale est totalement à plat ». Durant les premiers mois, rien ne faisait contrepoids car la détente, du genre virée vivifiante à la mer ou lecture captivante, était exclue. L’unique horizon du jeune entrepreneur se résumait à l’établissement lui-même, « comme une véritable chambre d’écho », selon ses propres mots. Ce qui l’a aidé à garder la tête hors de l’eau ? Le sport. Depuis qu’il s’accorde à nouveau du temps pour en faire, il retrouve peu à peu son équilibre.

Par ailleurs, il suit des séances de coaching managérial dans le cadre de sa collaboration avec le groupe de services RH Liantis. Il admet, sans détour, être encore en plein apprentissage. Quoi qu’il en soit, parler de réussite lui semble prématuré. « Afficher complet n’est pas un gage de rentabilité », souligne-t-il. « Nous faisons peut-être salle comble, mais chaque euro engrangé est-il dépensé à bon escient ? » Pour lui, le succès n’est pas une ligne d’arrivée, mais une succession de jalons et la rentabilité en est un qui reste à démontrer.

Le syndrome de l’imposteur

Sous la surface couve aussi un autre sentiment plus intime. Loïc Van Impe évoque en toute franchise le syndrome de l’imposteur et un impérieux besoin de faire ses preuves. Envers lui-même, mais aussi ses parents, forts d’une trentaine d’années d’expérience dans l’horeca. Lago est-il un rêve en soi, s’interroge-t-il à voix haute, ou un moyen de prouver sa légitimité au-delà des plateaux de télévision ? Il puise un soutien précieux auprès de l’un de ses mentors, l’entrepreneur Donald Muylle. Ce dernier lui a conseillé de tout mettre en œuvre pour réaliser son rêve, mais à une seule condition : mûrir son concept à fond, sans laisser quoi ou qui que ce soit lui barrer la route.

Pour Lago, son ambition dépasse largement le simple plaisir de servir de bons petits plats. Loïc Van Impe tient à créer un établissement où l’on n’enchaîne pas des services inutilement longs et où l’on ne vocifère pas derrière les fourneaux. Il entend déconstruire le cliché tenace selon lequel l’horeca serait une voie de garage où l’on atterrit à défaut de savoir faire autre chose. « Nous avons véritablement instauré un climat de travail épanouissant », conclut-il, « et c’est sans doute là ma plus grande fierté. »

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Cet article a été rédigé en étroite collaboration avec Liantis.

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