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Marie Adam-Leenaerdt (Forbes 30 Under 30) : Le Printemps-Eté en pente douce

Elle a fondé sa marque éponyme en 2023, à peine son diplôme de La Cambre Mode[s] décroché. Ambitieuse et réfléchie, indépendante dans le fond (de ses collections) comme dans la forme (de sa société), Marie Adam-Leenaerdt maîtrise son expansion, et investit dans son nom.

Grandissant chaque saison selon un rythme de croissance raisonnée qui lui permet de se développer sans perdre le contrôle, sa société est soutenue par des investisseurs proches, qui font pratiquement ou symboliquement partie de sa famille.

© DR

Trois ans après son premier défilé à Paris le jour de ses 26 ans, avec déjà 25 (très beaux) points de ventes en Europe, aux États-Unis et en Asie, Marie vient de lancer son e-shop dont le centre de logistique est installé Belgique, à destination du monde entier. « Nous avons aussi signé avec un nouvel agent en Asie, parce que ce marché constitue un très gros pôle de développement. Et depuis la saison dernière, nous avons adapté notre stratégie de vente : on se concentre beaucoup plus sur les boutiques indépendantes et moins sur les gros multimarques. On prend ainsi moins de risques si on perd une boutique, parce que les investissements sont mieux répartis ». Cette décision s’appuie aussi sur une conscience rationnelle : les vêtements qu’elle crée, adaptables et conceptuels, méritent – voire nécessitent – par la qualité du design comme des matières, d’être essayés, touchés et découverts en « conditions réelles ».

Family (fashion) business

Son bras droit la connaît mieux que personne : il s’agit de sa mère, associée dévouée, également directrice de Sony Universal Paramount Belgique. S’inscrivant dans la philosophie des entreprises belges qui perdurent depuis des décennies et traversent tous les orages parce qu’elles sont fondées sur des équipes soudées qui se connaissent depuis toujours – comme chez Dries Van Noten, où de nombreux employés font et ont fait toute leur carrière – Marie Adam-Leenaerdt s’appuie sur des collaborateurs « qui s’impliquent dans l’intérêt de la marque, qui placent leur confiance dans le projet et qui ont envie de le pousser ». Si la jeune femme admet que la période est compliquée pour tout le monde dans l’industrie de la mode (« il faut se battre pour tout »), elle souligne cependant les signaux positifs comme l’augmentation, chaque saison, de ses points de ventes.

Sur la rampe de lancement, patiemment

© DR

Quand on lui demande avec quelle enveloppe de base elle a lancé sa marque, Marie rit : « il fallait mettre 5 000 € pour créer une société, c’est tout ce que j’avais. On a vraiment travaillé au jour le jour, une collection après l’autre, pas à pas ». En termes d’objectifs de développement, elle reconnaît son ambition paradoxale : « j’ai évidemment envie d’agrandir ma clientèle, de devenir une référence, mais j’ai aussi toujours voulu que mon produit reste niche et ne devienne pas complètement mainstream. On ne peut pas nier que produire un sac qui se vendrait à des milliers d’exemplaires fait rêver, mais le revers de la médaille, le « trop vu« , ne m’attire pas du tout. Je cherche un équilibre, la bonne recette pour concevoir un produit à la fois très désirable, mais accessible pour la bonne audience, celle qui le comprend vraiment ». Alors que la plupart des marques, sous tension, cèdent actuellement à la tentation de proposer plus ou moins la même chose, Marie Adam-Leenaerdt crée à l’instinct, sans études de marché. Rappelant, par son succès maîtrisé, que la mode naît de l’art, et prospère organiquement, quand la création est bien entourée.

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