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Breguet : Retour vers le futur

Descente au cœur de 250 ans d’invention horlogère de pointe avec présentation exclusive du modèle 2025 en première mondiale par le nouveau CEO de Breguet en personne. 

Voyage au centre du monde de la fabrication de trésors issus de la rencontre entre l’art, la beauté et la technologie: voilà comment résumer le moment exclusif et hors du temps auquel Gregory Kissling, le nouveau CEO de Breguet, nous avait conviés fin avril, à la veille du lancement d’une année anniversaire particulièrement riche en événements et en nouvelles créations.  Au menu: un parcours tout sauf passif et de voyeur. Et à chaque étape de la fabrication, du métal brut découpé sous la presse jusqu’à l’assemblage des mouvements les plus complexes logés au cœur de la précieuse boîte, invitation était lancée de participer activement et de près -voire très près- au travail minutieux des horlogers et artisans.

«Un garde-temps Breguet est l’antithèse de l’obsolescence programmée. Avec notre atelier dédié nous avons une capacité de restauration quasi unique, avec même la capacité de refabriquer des composants faits à l’époque. Et cette offre fait partie de notre ADN cultivant le ‘fait main’ et défendant l’artisanat personnalisé ». Gregory Kissling – © Breguet

Un lieu chargé d’histoire

Logée au cœur de la Vallée de Joux (Jura vaudois), comme nombre d’autres grandes maisons de la Haute Horlogerie suisse, la Manufacture Breguet n’a rien d’un musée ni d’un siège social plaqué or. Pas de signes ostentatoires de richesse, mais on y reçoit les hôtes triés au sein même des ateliers de conception, agrandis à deux reprises suite au rachat de ce fleuron de la haute horlogerie suisse par Nicolas G. Hayek en 1999 pour atteindre en 2013 la taille actuelle. Aujourd’hui, l’entreprise compte deux implantations : une manufacture forte de 600 personnes et un siège social logé de l’autre côté du lac et qui héberge une cinquantaine d’employés.

C’est sous l’impulsion créative de Nicolas-G. Hayek, fondateur du Swatch Group qui comprend également les marques Omega et Swatch, que la marque a su trouver une nouvelle jeunesse et a redoré ses lettres de noblesse. Depuis 1999, les investissements stratégiques ont ciblé les équipements de contrôle ultra-modernes et le département Recherche et Développement auquel il accordait une importance primordiale. Le groupe qu’il a façonné et qui possède notamment sa propre entreprise de production d’alliages se positionne aujourd’hui en pointe en matière de travaux de recherche sur de nouveaux matériaux, avec notamment l’intégration du silicium et du pivot magnétique dans l’horlogerie, dont le magnétisme terrestre est l’ennemi juré.

Cure de jouvence

C’est cette capacité à se réinventer dignement que le tout nouveau CEO, neuchâtelois de souche, s’est donné pour mission de porter urbi et orbi à l’occasion du 250ème anniversaire de la marque créée par Abraham-Louis Breguet (1747-1823), régulièrement reconnu par ses pairs comme étant le père de l’horlogerie moderne. Pour y parvenir, le nouveau patron supervise de près le savoir-faire unique des maîtres-horlogers de la marque.

Surfant sur cette année anniversaire, il a préparé avec ses équipes une tournée mondiale qui devrait encore élargir la reconnaissance et la clientèle actuelles de la marque. Il y a quelques jours, une première montée en puissance a été orchestrée avec la présentation, place Vendôme, de la Classique Souscription 2025 : un retour aux sources et au principe de la souscription imaginé dès 1797 pour initier la commercialisation d’un garde-temps intemporel avec cadran d’émail grand feu blanc parcouru d’une unique aiguille bleuie à la main. On ajoutera bien sûr la signature secrète personnalisée et (quasi) invisible sur cadran réalisée avec un pantographe bicentenaire réhabilité pour l’occasion (voir photo ci-dessous). 

Gros plan sur le pantographe bicentenaire réhabilité à l’occasion du lancement de la Classique Souscription 2025. La signature secrète est gravée à la main au sein de l’atelier de rénovation. © Breguet

Trois questions à Gregory Kissling 

Cerise sur le gâteau, le nouveau CEO de la marque nous a dévoilé -en primeur et sous embargo- la nouvelle Classique Souscription 2025 lors d’une interview exclusive. Moments choisis.

© Breguet

Vous travaillez au sein de Swatch Group depuis plus de 20 ans. Y a-t-il des connexions vertueuses à développer entre les différentes entités de ce groupe?

Bien sûr. Il y a des échanges de bonnes idées et des trouvailles transmissibles, comme cela a déjà été fait. Même si on n’est pas positionné au même niveau de la pyramide, chaque marque a ses propres spécificités et marchés. Et puis il y a, au sein du groupe et en amont de cette pyramide, des entités qui peuvent produire de nouveaux matériaux -notamment les alliages- pour toutes les marques. Le nouvel or Breguet, par exemple, s’inspire de l’or des horlogers et se compose d’un mélange d’or, de cuivre, de palladium et d’argent. C’est typiquement le genre de nouveauté qui peut rayonner dans tout le groupe en exploitant son savoir-faire transversal et ses moyens communs. On pourrait ajouter le pivot magnétique et sans contact. Nous sommes d’ailleurs aujourd’hui un des seuls groupes horlogers qui maîtrisent l’ensemble de la chaîne de fabrication, y compris, via l’entreprise Moebius, les huiles et les graisses dont l’importance est trop méconnue dans notre métier.

Et pour Breguet spécifiquement, quelles sont les priorités?

Nous disposons d’un potentiel historique incroyable et de nouveaux outils pour le faire rayonner davantage. Et j’ai pour ma part reçu des objectifs clairs et chiffrés… que je ne communiquerai pas. Il ne s’agira pas de recopier ce qui a déjà été fait, mais de m’inspirer d’une histoire unique et d’étendre son rayonnement dans le même esprit. Il y a de nouveaux clients et audiences à aller chercher. Pour ça, il faut raconter l’histoire d’un code esthétique qui a traversé les siècles et savoir bien communiquer ce style résilient. Cette marque est d’une richesse phénoménale déclinée durant un quart de millénaire d’histoire mouvementée.

Et puis, nous sommes bien sûr une entreprise à but lucratif. Et le but du CEO est aussi de pouvoir assurer la rentabilité durable de la marque en s’appuyant sur le réseau de boutiques qui nous appartient et que nous allons encore faire grandir pour étendre nos marchés à moyen et long terme, notamment aux Etats-Unis ou au Moyen-Orient.

Que mettez-vous en place pour y parvenir?

Nous allons lancer une collection anniversaire, la Classique Souscription étant le premier modèle présenté. Et puis nous avons eu l’idée de profiter de cette date anniversaire exceptionnelle pour organiser un tour du monde et pour présenter partout autour du globe -et sur plusieurs mois- la marque, son histoire, ses inventions et ses nouveautés. Durant notre tournée mondiale, neuf étapes sont prévues pour présenter les différents modèles phares de la marque. On a commencé à Paris, dans notre musée, et on terminera à Versailles, l’histoire du palais royal étant très liée à celle de Breguet. 

© Breguet

 

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