À Venise, Casa Sanlorenzo, inaugurée l’an dernier par le grand constructeur italien de yachts, propose Waves, une onde de formes qui offre un ensemble d’équilibre et d’élégance.
La Biennale de Venise est secouée par la géopolitique, notamment avec le maintien controversé du pavillon russe. Son président, Pietrangelo Buttafuoco, a dû rappeler que « la Biennale n’est pas un tribunal, mais un jardin de paix », allusion aux Giardini où se dressent les pavillons nationaux de la manifestation.
Waves, une conversation de formes à Casa Sanlorenzo
À l’écart du tumulte, la Fondation Sanlorenzo Arts organise sa première exposition d’œuvres reliée à la Biennale de Venise, associant figures majeures passées et présentes : Alexander Calder, Lucio Fontana, Fausto Melotti, avec des pièces jamais montrées, ainsi que Tony Cragg et Christine Safa. Une conversation de formes aux équilibres raffinés, avec une présence tactile rare.
Sergio Risaliti, directeur du Museo Novecento et co-commissaire de l’exposition, souligne : « Ces artistes partagent une intuition radicale : la sculpture ne peut plus être un objet statique. Avec le mouvement introduit par Calder, Fontana et Melotti, la forme modèle l’espace qu’elle occupe. La matière devient instable, traversée par des forces et des énergies en transformation. »

Chez le Britannique Tony Cragg, l’un des deux artistes vivants en dialogue avec eux, le marbre, le bronze ou l’acier Corten marient la puissance de la matière à la douceur de la courbe. Et chez la Française Christine Safa, des figures à la limite du visible se dissolvent en champs atmosphériques de couleur et de lumière.
« La vague n’est pas seulement un phénomène naturel, mais un mode de penser la réalité », ajoute Cristiano Seganfreddo, co-commissaire. « L’exposition offre au regard des langages artistiques différents créant un champ de résonances. Le visiteur n’est pas face à des objets fixes, mais à un maillage de relations, d’oscillations et de connexions. »
L’astrophysicienne Ersilia Vaudo Scarpetta élargit ce champ de mutations avec ses « interférences » textuelles. Elle écrit : « Les ondes ne sont pas qu’un phénomène marin, mais le langage fondamental de l’univers. Ce que nos sens perçoivent n’est qu’une infime partie de ce spectre de vibrations. »
C’est dans ce fragment de spectre que réside la beauté de ces œuvres en relation.
Casa Sanlorenzo, lieu de convergence
Massimo Perotti, président de Sanlorenzo, constructeur de yachts, est lucide : « Casa Sanlorenzo se veut un lieu de convergence non limité à l’art, englobant la culture, la technologie, la science, réflexion transversale dont le monde a besoin. »

Depuis quarante-trois ans, il conçoit et produit des bateaux. Le chiffre d’affaires de Sanlorenzo Yachts, qu’il a acquis en 2005, est passé de 30 millions à un milliard d’euros. Un nouveau bateau, objet unique et artisanal de pointe, cristallise « une somme d’émotions, d’expérience, de culture, et l’art en fait partie ». Il précise : « Je ne dirais pas que le monde de l’art influence ma main ou mon esprit, mais il nourrit l’élaboration du brief et le dialogue avec notre équipe New Product Development, dédiée à la création de nouveaux produits, avec nos architectes internes et des designers externes. Il se peut qu’à l’avenir, des artistes prennent part à la conception du bateau ou réalisent une œuvre placée à bord. »
En créant la Fondation caritative Sanlorenzo et Sanlorenzo Arts, Massimo Perotti s’est appuyé sur la marque Sanlorenzo. Pourquoi ? « Parce que nos clients sont notre richesse. Le monde compte 300 000 grandes fortunes, dont 3 % acquièrent des yachts, et nous construisons 70 des 1 200 yachts produits dans le monde. C’est notre niche. La Fondation collecte donc des contributions de nos clients, actionnaires, fournisseurs et dirigeants, et la holding familiale double ces montants, consacrant 1 à 1,5 million d’euros par an à Sanlorenzo Arts. Le fonctionnement de la Fondation représente un coût annuel de 200 000 à 300 000 euros, et chaque événement dispose d’un budget spécifique financé par nous et nos sponsors. Ce club de clients aura sans doute de plus en plus de membres, nos réalisations les attirant et enclenchant un cercle vertueux. »
Artisanat, îles italiennes et Venice Climate Week
En 2026, Casa Sanlorenzo accueillera aussi deux expositions consacrées à l’excellence artisanale de Venise, de la Vénétie et du Luxembourg, lors de la biennale d’artisanat Homo Faber in Città, sous la direction de la Michelangelo Foundation for Creativity and Craftsmanship.

Quant à la Fondation caritative Sanlorenzo, elle soutient certaines des 36 îles mineures italiennes, « accueillant nos yachts en saison, mais désertées hors saison ». Ainsi, la Fondation finance un voilier avec trois cardiologues à bord, qui consultent d’île en île, soutient l’acquisition de terres par des jeunes de Linosa et, à Palmaria, participe à la rénovation de la Batteria Semaforo.
Enfin, Sanlorenzo participe de nouveau à la Venice Climate Week, du 3 au 8 juin, en tant que partenaire fondateur de l’initiative.
Plus d’informations : Casa Sanlorenzo
