Fondé par la famille éponyme, le groupe sud-africain Kerzner est aujourd’hui aux mains du fonds souverain de Dubaï. Philippe Zuber qui le dirige dévoile les ambitions toujours plus exclusives d’un des acteurs majeurs de l’hôtellerie de luxe avec des enseignes aussi emblématiques que One&Only ou Atlantis.
Perché au neuvième étage du World Trade Center, le bureau de Philippe Zuber contemple l’un des nouveaux immeubles emblématique de Dubaï signé par le cabinet japonais Nikken Sekkei : un immense H formé de deux tours jumelles reliées par une gigantesque structure horizontale en verre. Le Ceo du groupe hôtelier Kerzner, propriété d’ICD, le fonds souverain de l’émirat de Dubaï, embrasse ainsi d’un regard une œuvre époustouflante mais surtout deux des derniers nés de sa collection : le One&Only One Za’abeel et le Siro One Za’abeel.
Comment se porte le groupe Kerzner ?
Nous continuons à connaître une croissance forte grâce à nos marques. Notre clientèle est fidèle. Quand nous ouvrons un nouvel hôtel, nos clients veulent y aller. Quand nous vendons de l’immobilier dans certains de nos projets, nos clients sont les premiers à dire « moi ça m’intéresse, je veux un morceau de « one and only ». Notre segment est très porteur. Nous ne sommes pas non plus un groupe qui ouvre dix hôtels par an. Nous sommes plutôt dans une croissance maîtrisée, basée sur la qualité. On peut dire que nous sommes très optimistes.
Quelle est votre stratégie de développement ?
Nous avons énormément grandi ces dernières années. Le groupe a doublé de taille en cinq ans à peine. Nous gérons aujourd’hui vingt hôtels. Un parc qui comprend de « très gros porteurs ». Pour vous donner un ordre d’idée, Atlantis The Palm, ici à Dubaï, c’est 1.500 clés. Et quand on parle de clé, c’est souvent deux personnes mais parfois trois ou quatre. Au total, le groupe compte 6.829 clés et emploie plus de 17.000 personnes dans le monde pour plus de deux milliards de dollars de chiffre d’affaires. Nous avons par ailleurs créé deux marques nouvelles à côté de One&Only et d’Atlantis : Siro et Rare Finds. (voir l’article sur le Bab Al Shams en page 132)
Vous avez lancé Siro en pleine pandémie…
C’est une marque absolument révolutionnaire qui va changer la façon de voyager. Nous sommes partis du monde du wellness et avons développé un concept d’hôtel pour être en forme. Vous êtes un homme d’affaires, vous arrivez à Dubaï, comment gérer votre jetlag ? Siro vous offre des solutions. C’est un véritable écosystème du bien-être et de la remise en forme. Vous avez accès à des programmes de nutrition et de fitness, un laboratoire de récupération, de la cryothérapie… Nous mettons les solutions à disposition mais ce qui est très important, c’est que rien n’est imposé. Vous êtes une personne adulte, vous connaissez votre corps, vous connaissez vos limites et vous êtes là pour apprendre. Donc si vous voulez boire trois verres de vin, vous savez comment compenser. Vous voulez ne manger que des protéines ? Pas de problème, nos chefs le font. Vous ne voulez que des chicons ? Pas de problème. Notre personnel est formé pour cela.
Vous gérez également la marque Atlantis connue pour ses parcs aquatiques intégrés…
Nous en possédons deux à Dubaï et un en Chine. Nous pensons qu’il y a de la place dans le monde pour dix Atlantis, parce que les Atlantis sont quand même des investissements très importants, de l’ordre de 1,5 à 2 milliards de dollars. On se rend compte aussi de la capacité d’Atlantis de mettre n’importe quelle destination sur la carte mondiale. Avoir un Atlantis, c’est un « game changer ».
Quelles seront ces prochains destinations ?
Nous venons de signer en Arabie Saoudite, en partenariat avec Midad Real Estate, pour un nouvel Atlantis à Jeddah. Nous ouvrirons aussi un One&Only à Jeddah.
Chez One&Only, les cartons sont aussi remplis.
Le dernier né est notre premier premier Alpine Resort, au Montana. Nous avons annoncé les îles Fidji, Antigua dans les Caraïbes et Hudson River dans l’Etat de New York, à 45 minutes en voiture de Manhattan, dans un site qui est absolument incroyable. Nous visons l’exclusivité. L’objectif n’est pas d’avoir 100 One&Only. Nous en avons 14. Nos clients ont énormément d’expérience. Ils savent ce qu’ils veulent. Pour qu’ils vous fassent confiance, il faut vraiment délivrer. One&Only doit être la marque qui leur donne confiance. Nous, c’est ce que l’on propose : la confiance.
« Nos clients ont énormément d’expérience. Ils savent ce qu’ils veulent. Pour qu’ils vous fassent confiance, il faut vraiment délivrer »
Quel est votre parcours ?
Je suis diplômé de l’école hôtelière de Strasbourg. J’ai fait une grande partie de ma carrière chez Hyatt. J’ai eu la chance de voyager à travers le monde. J’ai commencé à Paris, puis j’ai été en Israël, à Berlin, à Casablanca, en Corée du Sud… Et à un moment donné, je me sentais un peu à l’étroit dans l’hôtellerie pure et je me suis intéressé à l’immobilier. J’ai rejoint Emaar Hospitality à Dubaï qui à l’époque était le leader dans les Branded Residence, puis il y a une dizaine d’années le groupe Kerzner.
