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Ce discret palace qui a tout d’un grand

Le Faubourg 21, qui se gausse à juste titre d’être le plus petit hôtel de grand luxe de la capitale, a ouvert cet été ses portes quasi bicentenaires rénovées avec goût et à grands frais. Sans faire de bruit et sans vouloir en faire. Ici, malgré l’effervescence urbaine sur le seuil, tout est calme, luxe et volupté.

Ce nouveau lieu de bouche et de couche dont on n’a pas fini de parler est si discret que vous pourriez passer et repasser devant sans vous apercevoir de ce qui se cache derrière sa façade à rue, alignée sur toutes les autres de l’avenue et dominées par l’immeuble d’angle de la Deutsche Bank voisine. 

Mais une fois franchis le porche et le sourire du voiturier slalomant entre deux bus, on comprend mieux pourquoi la discrétion fait intrinsèquement partie de la partition. Une partition dorée sur tranche et sans fausse note qui débute dès la réception : à taille humaine, celle-ci est logée entre deux salons aux cheminées majestueuses dont le mobilier contemporain tout en rondeurs laquées habillant les boiseries en chêne et les tapisseries rénovées donne le ton.

De la Côte d’Azur au cœur de Bruxelles

Aux commandes de sa jeune équipe, souriante et cintrée de velours bordeaux, Marc Leveau est un maître de musique heureux et à la baguette douce mais sûre. Il est conscient d’avoir reçu les clés d’un bijou précieux et taillé avec soin dont il vient d’ouvrir les lourdes portes cochères au terme d’un chantier de rénovation minutieux et exemplaire. Ce dédale unique dont il huile progressivement les rouages est distribué sur quatre étages et sur deux immeubles, dont un hôtel particulier de style Louis XIV entièrement classé jouissant d’une arrière-cour intelligemment repensée. 

Tapi entre Porte de Namur et place du Trône derrière les façades des n°21 et 22 de l’avenue Marnix, le nouveau complexe entièrement reconverti dispose pour l’instant de 20 chambres et suites, d’un espace wellness en sous-sol, d’une vaste brasserie-restaurant baptisée Bistra Noisette. Logée au rez, elle est le cœur du complexe et fonctionne du petit-déjeuner au goûter avant de passer le relais  au Chaga, le restaurant gastronomique perché au 4ème étage  dans la rehausse à l’hôtel de maître historique et orchestré par Kevin Lejeune (La Canne en Ville), un chef désormais salarié et heureux de l’être, mais qui a su rester indépendant et créatif derrière ses fourneaux.

« D’ici la haute saison de fin d’année, nous ouvrirons également le Bar 21 et nous ajouterons à l’offre hôtelière actuelle dix suites résidence-appartements logées au n°20 voisin avec une connexion directe à tous les services hôteliers, bien sûr »,
précise Marc Leveau, qui cumule 20 ans dans l’hôtellerie de luxe et a notamment piloté le Domaine des Etangs à Massignac et le palace Grand-Hôtel du Cap-Ferrat avant de reprendre en 2021 pour le groupe Machefer la direction générale du Kube, un 5 étoiles logé à Saint-Tropez. 

© Faubourg 21

C’est sans doute ce pedigree assez rare qui a séduit les discrets propriétaires privés très présents derrière le projet un peu fou et coûteux du Faubourg 21 dont le maître d’ouvrage est la société anonyme Marnix 21-22. Outre le directeur, dernière pièce rapportée à l’ensemble du puzzle initié voici près de cinq ans, l’équipe coordonnant le projet aujourd’hui livré aligne une brochette de fins limiers réunis autour du bureau bruxellois Origin Architecture & Engineering et de l’entreprise de construction spécialisée Monument Vandekerckhove. Elle compte notamment en son sein les bureaux Ney (Stabilité), Sweco (Techniques Spéciales), ATS (Acoustique) et la Maison Sarah Lavoine (Décoration intérieure). C’est cette dernière qui a eu la délicate mission de sublimer les murs plus que centenaires en les habillant confortablement sans jamais les alourdir et en rendant chaque chambre unique.

Un véritable mécénat d’entreprise dont le patrimoine immobilier bruxellois classé a cruellement besoin.

Des investisseurs inspirés trop discrets…

Originaires de Normandie et de Bretagne, le discret couple privé qui porte seul cet important projet est déjà propriétaire d’un hôtel-restaurant de charme sis en bord de mer à Honfleur. Mais il pilote aussi une quinzaine de sociétés, la plupart immobilières et belges, créées ou rachetées récemment. 

La propriétaire et maître d’ouvrage, désormais logée dans un beau quartier de la capitale, n’est autre que l’héritière d’un actionnaire de référence du groupe Carrefour. Les intérêts de cette fortune historique ont significativement été investis dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration; notamment à Bruxelles, dans la lourde restauration du complexe Faubourg 21. Selon nos informations, l’investissement global dépasse 25 millions d’euros: un véritable mécénat d’entreprise dont le patrimoine immobilier bruxellois classé a cruellement besoin et qu’on espère lucratif à terme pour voir ses initiateurs éclairés décliner ailleurs leur expertise de très bon goût. 

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