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Investir dans des boissons saines, ça coule de source pour Spadel

Un défi sur que faire avec 10 millions d’euros. Voilà comment est né The Source Ventures, un fonds de capital-risque doté de ce montant, au sein du groupe Spadel, la maison-mère des eaux des marques Spa et Bru. Depuis 2021, la structure a investi dans plusieurs start-ups actives dans les boissons saines ou sans alcool. Dernière goutte, qui n’a pas encore fait déborder le vase: Living Things, un producteur britannique de sodas favorisant la santé intestinale.

Lancé il y a un peu plus de deux ans, Living Things s’est rapidement imposé comme l’un des acteurs les plus dynamiques de son segment, en forte croissance, des « gut-health sodas ». Développées et produites au Royaume-Uni, leurs cinq boissons légèrement pétillantes sont pauvres en sucre, riches en fibres et enrichies en prébiotiques et probiotiques, offrant deux milliards de cultures vivantes par cannette. Elles ne contiennent ni sucre ajouté ni édulcorant et délivrent moins de 13 kcal par 100 ml.

Depuis son lancement, Living Things a connu une croissance significative, avec une distribution approchant les 25.000 points de vente, y compris les principaux supermarchés britanniques. Grâce à une récente levée de fonds, à laquelle a donc participé Spadel (sans en préciser la hauteur), la structure prépare maintenant sa prochaine phase de croissance. Elle se veut ambitieuse, avec une expansion internationale, la croissance des équipes et la mise à l’échelle opérationnelle, avec l’ambition, d’ici cinq ans, de devenir une marque de plus de 100 millions d’euros dans le paysage européen du soda, là où elle vise déjà 10 millions d’euros de revenus cette année.

Tout part d’un défi

Mais revenons-en aux prémisses de The Source Ventures et à ce fameux défi, qui avait été lancé à Marc du Bois, le CEO de Spadel. « Si je te donne 10 millions d’euros, qu’en feras-tu?« , lui avait demandé Johnny Thijs, l’ancien président du conseil d’administration du groupe. « J’investirais dans des start-ups, pour apprendre et entrer dans des catégories où on ne nous attend pas« , lui avait répondu le patron.

C’est ainsi qu’est né le fonds de capital-risque en 2021 et que les investissements se sont succédé dans le secteur des eaux potables, des boissons saines et des boissons non alcoolisées. Quel intérêt pour un groupe de la taille de Spadel, fort de ses 379 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, de se lancer dans une telle aventure ? « L’aventure humaine, déjà, avec de vrais entrepreneurs et leur manière d’approcher les problèmes« , cite Marc du Bois. « Ils ont des angles d’attaque très différents de nous. Ils vont très très vite, j’aimerais que nous allions parfois aussi un peu plus vite. Ils sont audacieux, j’aimerais qu’on le soit aussi davantage par moments. Ils sont « out of the box » (penser de manière créative, non conventionnelle et innovante, NDLR), je voudrais aussi qu’on le fasse un peu plus. » 

Marc du Bois, CEO de Spadel / ©Spadel

Au départ, cette volonté de diversification n’était pourtant pas accueillie à bras ouverts au sein du groupe, se souvient le patron. « Petit, pas profitable, ne grandira jamais : voilà ce qu’on me répondait. »

Un portefeuille de huit start-ups

Depuis 2021, de l’eau a pourtant bien coulé sous les ponts et The Source Ventures a déjà investi dans neuf structures au total, dont une pour laquelle l’aventure s’est terminée prématurément. Certaines de ces start-ups sont belges, comme Qallo (poudres hydratantes, énergisantes ou pleines de vitamines à diluer dans de l’eau), Pulse Protein (produits protéinés, dont des boissons), The Mocktail Club (cocktails sans alcool prêts à l’emploi) ou Dripl (distributeurs de boissons zéro déchet), dont on avait déjà parlé il y a quelques semaines. D’autres sont françaises (Cherico, et ses boissons à base de chicorée, et Kumulus Water, qui a développé une machine transformant l’humidité de l’air en eau potable) ou britanniques (Something & Nothing et Living Things, toutes deux actives dans le secteur des sodas sains).

« Certaines n’ont pas d’argent et sont pourtant visibles partout. D’autres se lancent en très peu de temps ou renversent complètement leur business en quelques mois. Elles n’ont pas peur de mettre quelque chose d’imparfait sur le marché et ont aussi une expertise que nous n’avons pas nécessairement et que nous pouvons mettre au profit de Spadel. De leur côté, elles sont contentes de nous voir arriver, avec notre profil, notre expertise et nos valeurs« , pointe encore le CEO.

À chaque fois, le fonds devient actionnaire minoritaire (entre 5 et 10% des parts), en injectant entre 200.000 et 1 million d’euros. Que compte faire le groupe belge de ces investissements? Trois scénarios se présentent : une potentielle intégration en son sein, une sortie de l’actionnariat lors d’un tour de table pour réinvestir ailleurs, ou une montée supplémentaire dans le capital dans une logique de co-développement. « On ne veut surtout pas être envahissants. Ce n’est pas la Belgique qui dirige, c’est le produit. C’est un win-win », martèle Marc du Bois.

Les gagnants de demain

« On espère, pour certains, arriver à des acquisitions » complète Clément Yvorra, directeur général de The Source Ventures depuis quatre ans. Il confirme qu’une bonne partie des 10 millions du fonds ont déjà été utilisés, mais qu’il en reste une marge, par exemple pour des 2e levées de fonds, comme chez Dripl par exemple, ou pour investir dans une nouvelle structure. Son regard se tourne particulièrement, comme c’est le cas actuellement, vers les pays limitrophes à la Belgique.

Clément Yvorra, directeur général de The Source Ventures / ©Spadel

« On investit dans le futur des boissons saines, naturelles et durables afin de façonner l’avenir des activités de Spadel« , rassemble-t-il. L’idée est donc de parier sur des catégories émergentes en leur apportant des fonds et un soutien stratégique, mais aussi et surtout des valeurs. « Nous les soutenons avec les bons outils mais ils restent à la direction. Nous sommes convaincus que ce sont les gagnants de demain! »

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