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La SFPIM encore dans le viseur des actionnaires de Proximus

Décidément, les assemblées générales des actionnaires se suivent et se ressemblent chez Proximus… La SFPIM, le bras financier de l’Etat fédéral, y fait régulièrement l’actualité et provoque le débat. Le dernier en date a eu lieu ce mercredi 15 avril et a concerné ni plus ni moins que l’expertise en matière de télécommunications des candidats administrateurs. Retour sur une AG particulière lors de laquelle Eric Domb, le CEO de Pairi Daiza, a défendu… sa méconnaissance totale en la matière.

L’Etat belge est actionnaire majoritaire de Proximus. Sa participation se trouve dans les mains de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPIM). L’an dernier, lors de l’AG des actionnaires 2025, le fonds souverain belge avait surpris en s’abstenant de voter sur la nouvelle politique de rémunération et sur le rapport de rémunération de l’opérateur télécom, estimant que certaines mesures « du passé » méritaient une évaluation plus rigoureuse. Le MR et la N-VA venaient alors de former la coalition Arizona et entendaient bien voir l’opérateur évoluer dans sa stratégie, face à un cours de bourse au plus bas.

Entretemps, la direction de l’entreprise a changé, Stijn Bijnen en étant devenu le CEO, et la relation entre SFPIM et Proximus est désormais plus sereine. Du côté des actionnaires minoritaires, certains se montraient toutefois moins convaincus du rôle du bras financier de l’Etat fédéral. L’un d’eux a ainsi ouvertement questionné le profil des candidats administrateurs que le fonds souverain propose au vote. Il en a profité pour rappeler l’épisode Franck-Philippe Georgin, du nom de ce Français travaillant pour le Groupe Barrière, actif dans les hôtels de luxe et les casinos, qui n’avait aucune connaissance en matière de télécoms et qui a été rattrapé par une affaire judiciaire en France, avec trois ans de prison avec sursis à la clé. L’homme, qui avait été proposé par le MR l’an dernier, a démissionné de son mandat depuis lors.

© VIZION AVS pour Proximus

Le processus de désignation a évolué avec le temps, avec beaucoup de concertations entre Proximus et la SPFIM, a répondu Stefaan De Clerck, le président du conseil d’administration de Proximus, convaincu de la très grande qualité et complémentarité des candidatures proposées. Celui qui a été remplacé mercredi à ce poste par Cécile Coune – et pour qui il s’agissait donc de la dernière AG – a dit constater de plus en plus de professionalisation du côté de l’Etat fédéral. « Avant, il n’y avait pas de ‘head hunting’ (recours à un chasseur de tête, NDLR). Le gouvernement décidait, point. Aujourd’hui, des questions nous sont posées sur le profil des candidats et des compétences dont nous avons besoin. Et nous leur donnons ces informations. »

Invité à se présenter aux actionnaires en tant que candidat administrateur, Eric Domb a été direct. « Je n’ai aucune compétence en matière de télécoms. Et, quand il y a 32 ans, j’ai décidé de créer Paradisio, je n’avais aucune compétence en matière de jardin zoologique ! »

Il a axé sa candidature autour de trois piliers. Premièrement, avoir une vision. Rien ne préparait ce juriste de formation à créer un jardin d’oiseaux, qui s’est mué en parc animalier sous le nom de Pairi Daiza et est devenu la première attraction touristique du pays. Tous les clignotants étaient au rouge en 1994, pour un projet alors qualifié d’aucuns d’obsolète. Son second pilier est la résilience et la capacité à traverser les crises (ouverture du parc, grippe aviaire, pandémie de Covid qui a privé Pairi Daiza de visiteurs, etc.): « la résilience est une question de survie pure et simple », a défendu Eric Domb.

© VIZION AVS pour Proximus

Enfin, le fondateur, actionnaire de référence et patron du parc a pointé son rôle actuel, à avoir « les pieds dans la boue, au sens propre ». « Je sais ce que c’est que de tenir compte en permanence de plusieurs intérêts qui peuvent être divergents et de devoir prendre en compte à la fois les préoccupations à court terme et à plus long terme. »

« En fait, je suis spécialisé dans les incompétences« , a résumé Eric Domb, évoquant aussi la méconnaissance totale qu’il avait de l’hôtellerie, ce qui ne l’a pas empêché de lancer des formules d’hébergement au sein-même du parc, avec un succès incroyable au rendez-vous.

« Les risques, ça se calcule, ça se mesure, mais ça se prend aussi« , a-t-il conclu, avant d’être élu, sans surprise, avec plus de 99% des voix exprimées.

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