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Marc Coucke et un constructeur de yachts italien naviguent en eaux troubles

La mer est plutôt agitée ces derniers temps pour le constructeur italien de yachts de luxe The Italian Sea Group, dont l’un des principaux actionnaires n’est autre que le milliardaire belge Marc Coucke. L’entreprise, spécialisée dans la construction et la rénovation de yachts à moteur et de voiliers pouvant atteindre 140 mètres, a en effet dû demander à la justice italienne de la protéger contre ses créanciers après la découverte d’irrégularités financières commises par d’anciens dirigeants. En cinq jours, le cours de l’action a dégringolé de quasiment 50% et la capitalisation boursière ne s’élève plus qu’aux alentours des 55 millions d’euros.

La semaine dernière, The Italian Sea Group, connu pour des marques comme Admiral, Tecnomar, Perini Navi, Picchiotti, NCA Refit ou Celi 1920, a annoncé qu’une action en justice avait été intentée contre certains anciens dirigeants. Ceux-ci occupaient des fonctions-clés au sein de l’entreprise et auraient agi de concert. Au fil du temps, ils ont mené une série d’actions coordonnées visant à dissimuler la gestion réelle des commandes et à fournir au CEO de la société des informations comptables et de gestion erronées. Cette dissimulation aurait été rendue possible par le contournement frauduleux et dissimulé du système interne de gestion des commandes. Le but de ces manigances était de présenter une situation qui n’était pas exacte et, surtout, totalement inconnue et non identifiable par le patron du constructeur de yachts.

Depuis la révélation des faits, début mars, le président et le vice-président de la société ont démissionné, la direction a porté plainte et le bureau de consultance KPMG mène une enquête en interne sur cette affaire, qui a fortement grevé la trésorerie de l’entreprise. Le CEO Giovanni Costantino, actionnaire principal avec 53,6% des parts, a donc dû mettre sa main à la poche en lui accordant en urgence un prêt de 25 millions d’euros.

© The Italian Sea Group

Ce scandale en eaux troubles a des répercussions jusqu’en Belgique puisque Marc Coucke est le 2e actionnaire principal de The Italian Sea Group. Alychlo, son véhicule d’investissement, possède en effet 11,4% des parts depuis 2021, juste devant la famille de Giorgio Armani (4,99%).

Lors de l’introduction en bourse en 2021, le milliardaire belge avait injecté 26 millions d’euros. Avec la chute vertigineuse du cours de bourse et une action ne dépassant plus les 1 euro et des poussières, cette participation n’est plus que de 6,5 millions d’euros. En mars 2024, lorsqu’elle avait atteint son apogée, une part dans The Italian Sea Group valait tout de même 10 euros. Courant février dernier, avant la révélation du scandale, elle avoisinait encore les 4 euros, pour un peu plus de 2 euros le vendredi 13 mars.

Alychlo n’est toutefois nullement impliqué dans la gestion quotidienne, a souligné Marc Coucke sur Instagram, dans une réaction à un article de De Tijd. « En raison des magouilles italiennes potentielles, ce n’est pas un bon investissement. Disons qu’il n’y aura pas beaucoup d’impôt sur la plus-value à payer (euphémisme) », écrit-il. « Une fois on gagne, une fois on perd en bourse. Celle-ci a toutefois très vite chuté. Vraiment dommage. »

La semaine dernière, conformément à une demande de l’entreprise, la bourse italienne a par ailleurs décidé d’exclure The Italian Sea Group de l’indice Euronext STAR Milan, dédié aux PME avec une capitalisation entre 40 millions et 1 milliard d’euros. Les échanges se poursuivent par contre en dehors de cet indice.

Au niveau des résultats financiers, on notera que, selon les dernières données disponibles, le chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de 2025 a atteint 262,3 millions d’euros, en recul de 10,3% par rapport aux 292 millions d’euros enregistrés sur la même période en 2024. Le bénéfice opérationnel était, lui, en baisse de 15%, à 42,6 millions d’euros, tandis que le résultat net a atteint 16,6 millions d’euros (-56%). La situation financière nette était de -70,6 millions d’euros fin septembre 2025, contre -12 millions d’euros au 1er décembre 2024.

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