Le bancassureur belge Belfius veut changer d’échelle. Avec sa nouvelle feuille de route stratégique, baptisée “Unlock 2030”, le groupe affiche clairement ses ambitions : accélérer sa croissance, digitaliser davantage ses activités… et s’ouvrir à l’international, en commençant par le marché français de l’assurance.
“Nous avons une ambition internationale et nous voulons accélérer la croissance là où les opportunités se présentent”, affirme Olivier Onclin, qui a récemment pris les rênes du groupe. Dans le viseur : des offres d’assurances en ligne en France, via des partenariats ou des acquisitions en cours d’analyse. Une première étape dans une stratégie plus large visant à structurer un “International Desk” depuis la Belgique, tourné vers les marchés voisins.
Hey Belfius, un assistant conversationnel financier
Cette expansion repose sur un constat simple : si 80% des opérations bancaires sont aujourd’hui digitales, l’assurance accuse encore un retard. Un décalage que Belfius entend combler en capitalisant sur Belfius Direct, dont les ventes progressent de 30% par an. Le modèle : proposer des assurances accessibles en ligne, sans obligation de relation bancaire préalable.
Au-delà de l’international, la banque affiche des objectifs ambitieux : atteindre 2 milliards d’euros de résultat avant impôts d’ici 2030, dont plus de 500 millions issus de l’assurance, et porter ses actifs sous gestion à 100 milliards d’euros. La plateforme d’investissement ReBel, appelée à devenir une super-app financière, et la banque privée, qui veut devenir leader du marché, sont également au cœur du dispositif.
Cette transformation s’accompagne d’un investissement massif de 1,2 milliard d’euros dans la technologie, notamment en cybersécurité et en intelligence artificielle. Dès avril, Belfius lancera “Hey Belfius”, un assistant conversationnel destiné à devenir un véritable copilote financier, avec l’objectif de gérer jusqu’à 80% des interactions clients à horizon 2030.
Ouverture du capital : l’inconnue
Reste une inconnue majeure : l’ouverture du capital. L’État belge, encore actionnaire à 100%, envisage de céder 20% du groupe. Un partenaire stratégique, capable d’accompagner cette nouvelle phase de croissance, pourrait bien accélérer encore la trajectoire internationale de Belfius.
