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Le mois des galeries et musées de Forbes

En ce printemps, Christophe Gaillard nous propose une découverte russe et un jeune français chez, Eric Mouchet une exposition collective d’artistes d’Iran, de Pakistan et d’Afghanistan et Xavier Hufkens le retour de Thomas Houseago.

Un Russe et un Français chez Christophe Gaillard

Eugen Gabritschevsky, chez Christophe Gaillard © DR

Christophe Gaillard, galeriste français, présente dans sa galerie de Bruxelles la première exposition consacrée à Eugen Gabritschevsky, œuvre longtemps confidentielle, importante dans l’art du XXe siècle. Vision des mondes intérieurs dévoile des œuvres rares sur papier de la collection du français Daniel Cordier (1920-2020), résistant, mécène et marchand d’art visionnaire. Des années 1930 à 1960, sa création fut une boussole dans la solitude : figures hybrides, entités anthropomorphes et structures organiques mouvantes expriment un univers mental où se mêlent science, métamorphose et visions intérieures.

Leo Orta, chez Christophe Gaillard © DR

Autre première, l’exposition personnelle du Français Léo Orta, réflexions sur des états à la frontière de l’humain, de l’animal et du paysage. Dans Être-Anges, il représente des figures contradictoires, des présences familières, parfois intrusives, qui apparaissent à un moment où les frontières entre nature et culture, refuge et menace, deviennent instables.

Ham Sāya Kouh Hā – Du côté de la montagne, à l’ombre chez Eric Mouchet

La galerie Eric Mouchet réunit, pour la première fois en Europe, douze artistes contemporains hazāras, originaires d’Afghanistan, d’Iran et du Pakistan qui œuvrent sur la toile de fond de mythes séculaires, de légendes familiales et de récits biographiques. Les collines de Kaboul et de Quetta, les reliefs du Hazāradjat et de la vallée de Bāmiyān, où logeaient autrefois deux gigantesques bouddhas en pierre du VIe siècle, dynamités en 2001 par les talibans, se profilent derrière leurs créations. Sanctuaire politique et spirituel face à la violence, la montagne devient, à travers l’exposition, la trame des aspirations de la communauté hazâra.

Ces œuvres de Melbourne, Kaboul, Quetta, Londres ou Téhéran dessinent des lignes de crête identitaires et artistiques avec Feroza Hakeem et l’immersion dans une nature gardienne du souvenir, le ralliement à la bannière de Kubra Khademi, le geste mémoriel de Latifa Zafar Attaii ou l’histoire orale et familiale de Parwana Haydar. Les artistes tracent cet horizon comme un mirage, ce que l’on appelle en persan la « montagne derrière les montagnes ».

Thomas Houseago chez Xavier Hufkens

Thomas Houseago, chez Hufkens © DR

Thomas Houseago, Anglais né à Leeds et résident californien nous invite à cette exposition intitulée Journey, voyage de la matière et de l’esprit. Après son exposition de 2020 aux Musées Royaux, cette fois, il s’agit d’une présentation où les sculptures dominent, monumentales ou joueuses. L’ensemble s’ouvre sur Giant Striding Figure (Van Gogh on the Road to Arles), figure imposante en séquoia, arbre symbole de force, de longévité (le plus vieux connu a plus de 3 200 ans), de sagesse, de résilience. Leurs systèmes racinaires interconnectés incarnent un lien profond avec la terre, les connaissances ancestrales, la communauté humaine, auxquels l’artiste tient à se rattacher.

Johan-Frédérik Hel Guedj
Johan-Frédérik Hel Guedj
Johan-Frederik Hel Guedj est journaliste et auteur français. Rédacteur en chef pendant 7 ans de la revue Pouvoirs Locaux, consacrée aux politiques culturelles, il a publié huit ouvrages chez des éditeurs français et belges, dont deux romans, un essai consacré à Orson Welles, et quatre livres d’art. En plus de Forbes, il collabore à L’Echo et au Quotidien de l’Art (Paris).

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