Pour le podcast Forbes Celebrating Belgian Success, sponsorisé par Puilaetco, Joan Condijts, directeur éditorial de Forbes, reçoit le fondateur de la société Odoo, Fabien Pinckaers. Développeur devenu entrepreneur, il signe les logiciels de gestion dont se servent la majorité des PME en Belgique et dans près de 200 autres pays. Si 20 ans après sa création, Odoo pèse une dizaine de milliards d’euros, Fabien a traversé une période de sept ans où il avait du mal à payer les salaires en fin de mois : « on frôlait la faillite. Mais avec du recul, je pense que c’était un passage nécessaire ».
Pratique, intuitif et efficace, son logiciel assure tous les besoins de l’entreprise : de la gestion de la caisse pour les commerces ou l’HORECA, à la comptabilité et la facturation électronique, en passant par l’inventaire des stocks et les ressources humaines. Ceci, pour 19€ par utilisateur, toutes apps incluses. « L’objectif de digitaliser les entreprises est de les rendre plus efficaces ».
« Développer des choses utiles »
Fils de commissaire-priseur, Fabien est né dans les antiquités. Un environnement qui pourrait sembler à 180° de sa percée dans l’informatique, mais qui n’est pas si éloigné de l’entrepreneuriat familial, avec une culture du travail optimisé. « Moi, ce qui m’a toujours motivé, c’est le projet. J’ai donc commencé très jeune, dès 13 ans, à développer mes premiers logiciels de gestion pour les Transports Verts, puis pour accompagner le quotidien des antiquaires. Au fil des années, j’ai élaboré toute une série d’applications pour répondre aux besoins des gens. Je m’intéressais à la dimension « société de services », je ne me voyais pas comme un éditeur de logiciels qui vendait des licences. J’ai commencé étudiant, puis j’ai grandi, jusqu’au moment où j’ai décidé de tout recentrer en un seul concept, Odoo ».
Les incontournables embûches de parcours
« On ne peut pas mener des hyper-croissances comme on l’a fait avec Odoo, sans se mesurer au précipice de la faillite à un moment donné ». Quand on annonce des progressions annuelles de plus de 50 % pendant 20 ans, le personnel se multiplie aussi à un rythme exponentiel : « ce sont des croissances folles. On ne peut pas faire ça sans grandes difficultés. D’autant que pour grandir à cette haute vitesse-là, il faut évidemment prendre des risques. Cela implique d’investir tout l’argent dont on dispose. Ce mal nécessaire nous a rendus ultra-efficaces et peu dépensiers ». Mais sa success story n’impacte pas la soif d’entreprendre de Fabien Pinckaers. Le service aux PME reste son moteur : « beaucoup d’entreprises témoignent avoir été sauvées de la faillite par Odoo, en les soulageant notamment de l’administratif, leur permettant d’être plus productives. L’impact sur les gens est colossal, ce qui est satisfaisant pour nous, dans la mesure où l’on passe un tiers, la moitié de son temps au travail. Simplifier la vie de clients, les libérer des tâches pénibles, de l’encodage, du reporting, pour qu’ils puissent se focaliser sur des choses à valeur ajoutée, ça impacte vraiment leur réalité ».
Une motivation bien gérée
Son conseil aux nouveaux entrepreneurs qui pourraient hésiter à se lancer : « allez-y. C’est le chemin qui compte, pas la destination ». Désormais Fabien s’engage pour la jeune génération d’entrepreneurs, avec LabOdoo, des camions qui se déplacent dans les écoles secondaires et supérieures, pour former chaque jour une centaine d’étudiants – soit 30.000 personnes par an – à la dimension concrète de la gestion d’entreprise. Fabien a 46 ans, il pourrait aisément devenir un jeune retraité. Mais son moteur ne tourne pas (qu’)à l’euro : « à ce jour, nous avons créé 250 000 emplois indirects, nous sommes présents dans 180 pays et nous simplifions le travail de 18 millions d’utilisateurs. Je ne vois pas comment je pourrais avoir plus d’impact positif sur autant de personnes ».
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