À Milan, trois foires mettant à l’honneur l’art et le design belges : Miart, Paris Internationale Milano et Salone del Mobile/Design Week.
Dans le contexte difficile du marché de l’art, signalons d’emblée que Niccola Ricciardi, directeur de Miart (foire entièrement privée) nous a confié que la fixation du taux réduit de TVA à 5% sur les œuvres d’art par le gouvernement italien, défendue par le président de la Commission Culture, Sciences et Éducation du Parlement, Federico Mollicone, a entraîné une hausse des ventes de 20%. Ce constat pourrait inspirer le gouvernement belge, qui peine à prendre sa décision.

Venons-en à la présence belge à Milan.
Comment présenter Nino Mier ? Est-ce le Californien de Bruxelles ou le plus Belge des Américains ? Quoi qu’il en soit, il a ouvert en 2021 sa galerie au Sablon. À Miart (Milan), pour sa deuxième participation après 2023, il a vendu dès le premier jour une demi-douzaine d’œuvres, dans une gamme de prix entre 20 000 et 100 000 euros, notamment l’Américaine Jess Allen (A New Life), la Britannique Nicola Tyson (Blue Knickers), ou l’Allemand André Butzer (Untitled). Il a aussi découvert la Turinoise Angiola Gatti (en feuilletant un ouvrage). Lors de la conception du stand, la couleur bleue s’est imposée, et c’est aussi une dominante des tableaux d’Angiola Gatti, encore trop méconnue, alors que son atelier regorge de centaines de tableaux passionnants. « Au total, insiste Nino Mier, ce stand reflète l’évolution et la continuité de la galerie ». En novembre, à Art Cologne, il présentera un sculpteur allemand, Stefan Rink, actuellement exposé à la Pinacothèque de Munich.

Anvers à Milan
Paris Internationale Milano, foire-boutique d’art contemporain cofondée par les galeries Ciaccia Levi (Milan), Crèvecoeur (Paris) Gregor Staiger (Zurch) à Paris en 2015, arrive à Milan, capitale croisée de l’art, du design et de l’architecture.

La galerie Keteleer, établie à Anvers, dirigée par Koen Leemans depuis 2023, est de la partie. Il a dirigé le Centre culturel de Malines de 2001 à 2023, en étant à partir de 2020 conservateur d’art contemporain au Musée Hof Van Busleyden et à De Garage. Il participe à cette première édition de Paris Internationale Milano en binôme avec la galerie milanaise Lia Rumma. Ils présentent l’ensemble La Tempesta de l’italien Luca Monterastelli, exploration du bas-relief, dispositif narratif urbain très présent en Italie, comme chacun sait, dès l’époque romaine. Sa série de panneaux en plâtre interprète les bas-reliefs fascistes omniprésents à l’extérieur et à l’intérieur de tant d’édifices italiens, mais remplace leur fonction de propagande par une imagerie pornographique, ce qu’il appelle « une grammaire des corps soumis ». Les panneaux portent des traces de vandalisation, et il ne les place pas en hauteur, mais au sol, comme la relique d’une autorité compromise.
