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Las Vegas, « the place to be » pour une vingtaine d’entreprises tech 

Chaque année, le nombre de Belges se retrouvant à Las Vegas au début du mois de janvier grimpe en flèche. La raison tient en trois lettres: CES, pour Consumer Electronics Show, soit la grand-messe mondiale de l’électronique et des nouvelles technologies. Plusieurs entreprises, qu’elles soient wallonnes, bruxelloises ou flamandes (mais surtout wallonnes), y font le déplacement pour y vanter leurs produits, tenter de nouer des partenariats ou dénicher des investisseurs. Plongée dans les valises de la délégation noir-jaune-rouge.
Le CES est LE rassemblement annuel de la tech. Entre ces 6 et 9 janvier (sans compter les deux jours qui précédent réservés à des annonces de grandes marques comme Samsung ou Nvidia), on attend environ 140.000 visiteurs et 4.500 exposants à ce qui s’apparente à un salon mondial tout à la fois de l’innovation, de l’auto, des inventions les plus loufoques et où l’IA est devenue reine et s’est imposée à tout un chacun au long des années.
Et depuis 2018, rien n’y a fait, si ce n’est le Covid en 2021: l’Agence wallonne aux exportations et aux investissements étrangers (Awex) emmène plusieurs start-ups et PME du sud du pays à Las Vegas, sous le slogan « Petite région. Impact technologique considérable. » Elles seront quinze dans le cas cette année, dont sept nouvelles, contre une vingtaine en janvier 2025. L’édition de l’année dernière avait en effet été marquée par une participation wallonne record, quelque peu revue à la baisse cette année, avec un retour à un chiffre plus classique. Il y a plusieurs raisons à cela: la stratégie de ventes des start-ups et PME intéressées, leur budget et leur vision des affaires aux Etats-Unis, pays où Donald Trump et ses mesures protectionnistes changeantes en ont refroidi plus d’un.
Depuis 2018, rien n’y a fait non plus: pas de stand de Flanders Investment & Trade (FIT) ni de hub.brussels, les agences régionales flamande et bruxelloise pour le commerce extérieur à Las Vegas. Toutes deux estiment que d’autres événements sont plus indiqués pour leurs entreprises que ce coûteux CES.
Car y disposer d’un stand n’est en effet pas donné. Il faut ainsi compter sur un budget d’environ 200.000 euros du côté de l’Awex. Un investissement que l’Agence wallonne défend bec et ongles, pointant le retour sur investissement et l’énorme visibilité qu’apporte ce salon, un « incontournable pour le business », aux PME et start-ups.
Elles y sont en contact avec le monde entier des nouvelles technologies. Sans compter les apprentissages qui se font sur place, où les entreprises confrontent leurs idées et produits aux réalités du marché. Cela leur permet parfois de progresser, d’autres fois de reculer quelque peu pour mieux sauter ensuite, le tout en gagnant énormément de temps, explique Guy Vanpaesschen, responsable Digital Economy à l’Awex.

« La Wallonie-Belgique présente une gamme diversifiée d’innovateurs au CES 2026, proposant des solutions disruptives aux défis technologiques les plus urgents d’aujourd’hui. De l’analyse basée sur l’IA et l’edge computing à l’IoT durable, en passant par les technologies médicales avancées et les solutions de diffusion, ces entreprises partagent un engagement en faveur d’innovations plus intelligentes, plus écologiques et plus intégrées », résume l’Awex. La Région arrive en outre à Las Vegas avec un élan « sans précédent », grâce à l’investissement de 5 milliards d’euros qu’a annoncé Google il y a quelques semaines pour étendre son centre de données de Saint-Ghislain, près de Mons. Le tout pour « construire l’infrastructure numérique la plus durable d’Europe, positionnant la Wallonie comme un pôle émergent pour les technologies de nouvelle génération », pointe encore l’Agence wallonne.

Parmi les points forts de la présence wallonne, on peut pointer le fleuron qu’est Tonomia, une société liégeoise qui a intégré le programme « Nvidia Inception ». Elle collabore en effet avec le géant des semi-conducteurs Nvidia, entreprise la plus valorisée au monde avec plus de 5.000 milliards de dollars, pour développer des centres de données d’intelligence artificielle durables, alors qu’elle-même est spécialisée dans les solutions d’énergie solaire durable pour les applications pilotées par l’IA, combinant la production d’énergie renouvelable avec des solutions de calcul à haute performance.

L’Awex relève également la participation de DDD Robotics, qui débarque à Las Vegas avec Xivix Smile, une plateforme robotique dentaire basée sur l’IA et conçue pour les traitements restaurateurs en une seule visite. Actuellement en cours de développement, cette avancée combine la planification par IA, une infrastructure cloud sécurisée et une exécution robotique supervisée par un dentiste afin d’offrir une précision de niveau médical et de réduire considérablement (75%) le temps passé sur le fauteuil, rendant ainsi les soins dentaires évolutifs et durables plus accessibles.

Autre entreprise qui, elle, s’est déjà fait un nom en Belgique: Ice Watch. La marque de montres dévoile l’ICE Smart Junior 3.0, une montre connectée pour enfants intégrant la technologie Find My d’Apple, alliant sécurité, géolocalisation et fonctionnalités ludiques.

Treize autres entreprises wallonnes seront donc de la partie: intoPIX, GSF, Paingone, E-Peas, Technocité, TIMi, Tonomia, VoxAIBox, AWIT, Dermatoo/TwinSkin, Phoenix AI, Shield AI et Soundnodes.

Ailleurs dans le pays, on peut mentionner le déplacement de Futurwave (Zaventem), qui combine conception industrielle, product design et ingénierie. Ils ont collaboré au développement du chariot de golf connecté iXi, du vélo électrique connecté Cowboy ou de la montre connectée O-Boy. Les États-Unis constituent pour eux un marché prioritaire et ils y recherchent des partenaires.

On peut aussi pointer les présences de Callbuddy (Sint-Niklaas) et des ses coques pour smartphone modulaires dotée d’un système intégré qui permet aux utilisateurs d’y fixer des accessoires et de Moonbird (Anvers) et ses appareils respiratoires portables sans écran destinés à soulager le stress et à améliorer le sommeil. Segments.ai, société de Louvain spécialisée dans l’annotation de données issues de capteurs pour les véhicules autonomes, drones et robots et rachetée par le géant Uber il y a quelques mois, sera également de la partie, tout comme l’institut de recherche louvaniste Imec et sa spin-off Spectricity.

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