Selon le premier ‘Monitoring du logement étudiant’ réalisé par perspective.brussels, seul un tiers des candidats locataires trouvent un kot adapté à leurs besoins. Et la concentration de la demande sur certaines zones universitaires accentue encore la pression.
Un nouveau monitoring piloté par l’administration régionale cartographie enfin partiellement l’offre en logements étudiants dans la capitale. Selon ce premier recensement à étoffer progressivement, le constat est alarmant: seul un jeune locataire sur trois trouverait un logement dans l’offre spécifiquement destinée aux étudiants. La majorité des demandeurs est donc forcée de se tourner vers le marché locatif classique, en privilégiant de plus en plus souvent la colocation pour tenter de réduire les coûts.
Ce premier cadastre à étoffer montre en outre que l’offre de logements adaptés spécifiquement destinés aux étudiants est fortement concentrée dans quelques quartiers bruxellois proches des grands campus (ULB, VUB, UCLouvain), notamment celui des casernes d’Ixelles et du Solbosch et le Kappelleveld à Woluwe-Saint-Lambert qui concentrent à eux deux 42% de l’offre régionale recensée.

Une offre dédiée structurellement insuffisante
Basé sur plusieurs sources de données recensées l’an dernier (2025), ce monitoring ciblé est encore loin d’être exhaustif puisqu’il ne répertorie pour l’instant que 11.305 unités locatives étudiantes. Il s’agit essentiellement de résidences gérées par les institutions d’enseignement supérieur et d’autres organisations privées qui ont pignon sur rue (Eckelmans Immobilier, Upkot, Xior, Quares, Upgrade Estate, etc.).

Or, pour l’année académique 2022-2023, la Région de Bruxelles-Capitale comptait déjà plus de 137.000 étudiants et étudiantes, dont au moins 37.000 occupent un logement étudiant. Avec un taux de couverture qui atteint à peine 30% et est inférieur à celui d’autres grandes villes européennes, perspective.brussels en conclut que la recherche d’un logement étudiant est un parcours du combattant pour la majorité des demandeurs, forcés de se tourner vers le marché locatif classique. Ce déséquilibre entre l’offre et la demande sur ce marché estudiantin de niche induit en outre une forte pression sur le prix du loyer médian, en hausse de 26% en moins de 5 ans.

Concentration renforcée autour des campus
L’offre de logements estudiantins existante est de surcroît fortement concentrée dans quatre communes qui trustent 82% du total. Avec 30% de l’offre, Ixelles arrive largement en tête devant Bruxelles-Ville (21%), Woluwe-Saint-Lambert (17,5%) et Anderlecht (14%). Perspective.brussels, qui porte l’intention de la Région bruxelloise de tenir à jour un outil d’aide à la décision en vue de l’élaboration de politiques publiques ciblées, mentionne encore que 4.391 nouvelles unités de logement sont au stade d’intention de projet ou de projet, ce qui signifierait à terme une augmentation de l’offre de 39% au niveau régional. Plus de la moitié de ces nouveaux logements est à nouveau concentrée à proximité des campus d’Ixelles.
Le rôle-clé des acteurs privés…
Selon le monitoring régional toujours, à peine 2,5% du parc existant est géré par des opérateurs publics (COCOF et Wallonie-Bruxelles Enseignement) et les acteurs privés d’intérêt public (VUB, ULB, UCLouvain, etc.) piloteraient 42% de l’offre en privilégiant les kots communautaires. La majorité de l’offre actuelle -soit près de 53%- est gérée par les acteurs privés d’intérêt commercial, principalement sous forme de logements individuels et de studios proposés à des loyers significativement plus élevés.

… à encadrer et à soutenir par les pouvoirs publics
Dans une phase ultérieure, ce premier recensement ciblé devrait inclure également les logements du parc immobilier classique occupés par des étudiants. Selon Antoine de Borman, le directeur-général de perspective.brussels, les autorités régionales «disposent désormais d’une vision claire, objectivée et territorialisée pour développer une politique ciblée, au bénéfice du développement urbain et de la population étudiante».
Reste qu’il faudrait en parallèle – pour éviter de faire grimper au mur les principaux acteurs professionnels vecteurs d’une augmentation de l’offre – que les pilotes régionaux soutiennent les nouveaux projets privés déposés, souvent ralentis voire stoppés par les lourdeurs administratives et les nombreux recours de riverains qui voient d’un mauvais œil l’arrivée en nombre de voisins plus jeunes, forcément plus bruyants mais aussi vecteurs de vie dans les quartiers concernés.
