Derrière les success stories se cachent souvent des doutes, de la solitude et des échecs. C’est ce que raconte Émilie Duchêne dans L’Envers du succès, un livre où l’ancienne fondatrice de Thea Jewelry démonte les clichés.
Forbes.be – Quel est le but de ce livre ?
Émilie Duchêne – J’avais envie de sortir du schéma d’un entrepreneuriat un peu idéalisé et de montrer l’envers du décor, notamment auprès des femmes entrepreneures qui n’osent pas toujours parler de leurs problèmes, de leurs doutes, de leur solitude ou encore de leurs difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée. Or, ce qu’on entend surtout, ce sont des mots comme « réussite », « performance » ou encore « liberté ». En réalité, ce n’est pas si simple. Il y a des hauts mais aussi des bas. Sans compter que tout le monde n’est pas fait pour créer une entreprise. Dans ce livre, j’explique mon parcours, mais je propose aussi des pistes pour aider chacune à avancer. Je suis quelqu’un de positif et je suis convaincue qu’on apprend de ses échecs. Mais il est tout aussi important d’être bien accompagnée et, surtout, d’être heureuse. Mieux vaut être épanouie et « alignée » que performatrice.

– Vous avez lancé puis revendu votre marque de bijoux, qui a connu un succès international. Qu’est-ce qui vous a posé le plus de difficultés durant cette période ?
– Thea Jewelry proposait des bijoux personnalisés. Le succès a été fulgurant, notamment lorsque Rihanna en a commandé. J’ai donné l’image de la « success girl », mais, au fond de moi, j’avais l’impression de me perdre. C’était un peu les montagnes russes, avec en outre une rupture douloureuse avec mon associée.
– La situation aurait-elle été plus simple si vous aviez eu une formation en management, en plus de votre diplôme de styliste ?
– Clairement, cela aurait pu m’aider. Mais j’ai heureusement été épaulée par des personnes compétentes.

– Depuis, vous avez fondé Rollercoaster, une agence qui organise des événements destinés aux marques et aux femmes actives. Qu’apporte votre concept de différent par rapport au Réseau Diane de l’UCM, par exemple ?
– Notre grande force, avec mon associée Clio Goldbrenner, c’est notre réseau, que nous mettons au service de nos membres et de nos clients. Après quinze ans d’expérience dans le monde de l’entreprise, nous savons qu’il s’agit d’un levier extrêmement puissant. Nous organisons notamment des rencontres en format speed meeting avec des CEO difficilement accessibles autrement, des conférences, mais aussi un grand festival consacré aux préoccupations des femmes actives, au Mix à Bruxelles. La prochaine édition aura lieu le 8 octobre. Nous avons également développé une application destinée à accompagner et mettre en relation les entrepreneures, ainsi que des séjours de trois jours en résidence. Notre mantra est simple : créer des liens entre les femmes pour leur permettre d’avancer ensemble.
- letsshareourrollercoaster.com
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