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Face aux vents contraires, la Belgique résiste… pour le moment

Alors que les vents contraires mondiaux se multiplient ces derniers mois, particulièrement depuis que la guerre a éclaté au Moyen-Orient, la Belgique fait preuve d’une résilience remarquable. Elle est telle que, là où les faillites devraient progresser de 3% à travers la planète cette année, dans notre petit royaume, elles reculeront d’1%, d’après les prévisions de l’assureur-crédit Atradius. Explications.

La Belgique partait pourtant d’une année 2025 assez mauvaise, lors de laquelle la croissance des faillites avait été de 6%. Et, avant cela, c’était pire encore: +42% en 2022, +11% en 2023, +8% en 2024. L’optimisme est toutefois limité car, dès 2027, on devrait connaitre à nouveau une croissance d’1% du nombre de faillites. Atradius avertit d’ailleurs, dans son dernier « Insolvency Outlook », que les marges des entreprises belges restent soumises à une forte pression en raison de ces vents contraires économiques persistants.

Quels sont donc ces vents contraires? Il s’agit notamment des dettes fiscales liées au Covid, la hausse des coûts des intrants et les tensions commerciales continues, auxquelles on peut ajouter la récente crise au Moyen-Orient et la hausse des prix de l’énergie qui l’accompagne. Tout cela a poussé l’assureur-crédit à dégrader ses prévisions en matière d’insolvabilité par rapport à octobre dernier.

En Europe, il s’attend aux hausses en la matière les plus marquées en Suisse, en Italie et au Portugal. « Les exportateurs belges ciblant ces marchés auraient tout intérêt à réexaminer attentivement leur risque de crédit », prévient Frederik Devooght, Country Manager Belux chez Atradius. « À l’instar des Pays-Bas, du Danemark et de la Norvège, la Belgique fait toutefois preuve d’une résilience remarquable face aux vents contraires mondiaux actuels, ce qui se traduit par une baisse attendue du nombre de faillites en 2026. »

Les marges dans la zone euro restent cependant sous pression en raison d’une inflation attendue à 2,9% et des chocs négatifs pourraient entraîner un retour partiel vers des niveaux plus élevés en 2027, analyse encore l’expert.

Sans surprise, l’impact sur les entreprises, belges comme étrangères, dépendra dans une large mesure de la durée du conflit au Moyen-Orient. Dans le scénario de base d’Atradius, le cessez-le-feu actuel marque le début d’une libération progressive et permanente du détroit d’Ormuz à partir de mai, avec des dommages limités aux infrastructures de la région du Golfe. Si la perturbation des flux commerciaux à travers le détroit d’Ormuz se prolonge plus longtemps que prévu ou si les dommages causés aux infrastructures énergétiques sont plus importants qu’attendu, les répercussions économiques négatives pourraient être plus graves, écrit l’assureur-crédit dans son rapport.

Les prévisions d’insolvabilité devraient toutefois être revues à la baisse en cas de perturbations prolongées ou de dommages plus importants, ajoute-t-il.

A l’horizon 2027, le climat des affaires devrait s’améliorer progressivement, avec une baisse mondiale du nombre de faillites de 6%. L’inflation et les prix de l’énergie devraient se normaliser, ce qui donnera aux banques centrales davantage de marge pour abaisser les taux d’intérêt.

A noter encore qu’en Amérique du Nord aussi, le tableau est contrasté, avec une croissance attendue du nombre de faillites de 8% aux États-Unis en 2026. Le climat économique y reste difficile pour les entreprises, tandis que les droits de douane élevés et l’incertitude politique accrue continuent d’alourdir l’environnement des affaires. Le Canada affiche, lui, une baisse, avec le nombre de faillites qui poursuit sa normalisation après la forte hausse de 2024.

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