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Georges Scherb, le vigneron-entrepreneur qui a fait de la Belgique son premier marché

À Gueberschwihr, sur la Route des Vins d’Alsace, Georges Scherb ne se définit pas uniquement comme vigneron. « Je suis paysan mais je suis aussi un homme d’affaires. » Une formule qui résume une stratégie entrepreneuriale singulière : en vingt ans, il a transformé une exploitation familiale de 10 hectares en un domaine de 22 hectares, produisant quelque 140 000 bouteilles, tout en construisant une clientèle directe de près de 6 000 personnes. Parmi elles, environ 2 000 sont belges.

Résultat : la Belgique représente aujourd’hui 40 à 50 % des ventes du Domaine Scherb, principalement en vente directe. Un poids exceptionnel pour un seul marché étranger, d’autant plus que Georges Scherb ne s’est pas appuyé sur un réseau classique d’importateurs pour construire cette clientèle. Deux fois par an, il traverse lui-même la frontière pour livrer ses clients.

© DR

Tout commence en 2004, lorsqu’il rejoint officiellement l’exploitation familiale. Il entreprend alors de structurer ce qui deviendra l’un de ses principaux actifs : un fichier clients. Après le décès brutal de son père en 2011, il prend seul les commandes du domaine et accélère son développement. « Les Belges m’ont vu grandir. Ce ne sont plus seulement des clients, ce sont presque des amis. »

Cette fidélité constitue précisément la singularité de son modèle. La Belgique est un marché stratégique pour les vins d’Alsace, mais rares sont les domaines à y avoir développé une implantation commerciale aussi forte, aussi personnalisée et aussi directement pilotée par le producteur lui-même. En 2025, le pays a importé 42 085 hectolitres de vins d’Alsace, un volume quasiment stable par rapport à 2024, réparti entre 345 exportateurs alsaciens. Dans cet ensemble très concurrentiel, la performance de Scherb apparaît donc atypique.

© DR

La Wallonie bénéficie d’une proximité historique et culturelle avec la France et les vins alsaciens, tandis que la Flandre s’inscrit davantage dans une logique internationale, ouverte aux nouvelles tendances et aux vins de découverte. Georges Scherb a su dépasser ces différences régionales en misant avant tout sur la relation directe. La pandémie lui en a d’ailleurs apporté la démonstration : « Pendant le Covid, j’ai réalisé mes meilleures années grâce à mon fichier clients. »

Créer de la valeur plutôt que courir après les hectares

Cette approche explique aussi sa vision du développement. « Je ne cherche pas à courir après les hectares. Je souhaite créer un écosystème durable. » Une philosophie qui l’a conduit à investir dans un autre métier : l’hospitalité.

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Après avoir racheté l’hôtel familial, il engage une rénovation intégrale, menée en huit mois, avant d’ouvrir Terra Vinum le 29 mai 2025. Le pari est rapidement rentable : près de 24 000 euros de chiffre d’affaires dès le week-end d’ouverture et, après l’intégration du spa, jusqu’à 85 % d’occupation sur certaines périodes.

Pour Georges Scherb, la croissance ne se mesure donc plus uniquement en hectares ou en bouteilles. Elle repose sur la capacité à transformer une clientèle en communauté, un domaine en marque et un patrimoine familial en écosystème économique.

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« Un domaine ne se construit pas seulement avec des vignes. Il se construit avec une vision et des relations humaines. » Une philosophie qui fait de son implantation belge bien davantage qu’une réussite à l’export : un véritable modèle entrepreneurial.

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