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Les Belges aiment les petits Bordeaux

En tournée européenne pour présenter le millésime 2023 des membres de l’Union des Grands Crus de Bordeaux (UGCB), son président François-Xavier Maroteaux a noté des « éléments positifs » concernant le marché belge, pourtant en baisse en volume. La Belgique représente 10% des ventes mondiales de Bordeaux hors de France. C’est le 2e marché à l’exportation des vins de Bordeaux. Mais en valeur, elle ne rapporte « que » 107 millions d’euros sur un total d’exportations de 2 milliards d’euros, la plaçant à la 6e place.

La Belgique est en effet un paradoxe car le prix moyen des bouteilles de vin de Bordeaux exportées vers le royaume est le moins cher du monde, à 5,70€/bouteille en moyenne alors que la région bordelaise peine à vendre ses vins à petits prix ailleurs. « Nous avons plus de mal à exporter les vins moins chers, même si Bordeaux a beaucoup de vins très compétitifs avec un excellent niveau de qualité. Mais ses petits producteurs ne font pas le poids face à la concurrence des grands groupes mondiaux« , note François-Xavier Maroteaux, le président de l’UGCB.

… et de plus en plus les grands crus bordelais

© Alice Bown Agency

Le copropriétaire du Château Branaire-Ducru, à Saint-Julien dans le Médoc, a toutefois noté que ce prix moyen augmente d’année en année en Belgique, ce qui fait les affaires des grands crus de Bordeaux : les volumes de vins à plus de 22,50€ la bouteille exportés vers la Belgique ont augmenté de 9% en 2024, ce qui est notable mais moins que le bond de 60% constaté au niveau mondial. La Belgique représente ainsi 4% du volume des exportations de grands crus bordelais, ce qui la place au niveau du Japon. Pour ce qui est de la concurrence, 54% des vins français de plus de 22,50 euros exportés vers la Belgique sont des Bordeaux (59% en valeur). « Notre concurrence sur les vins premium vient surtout d’Italie, d’Espagne et des Etats-Unis« , ajoute-t-il.

Moins de volume et des prix en baisse

Selon François-Xavier Maroteaux, « on ne peut plus dire que le Bordeaux est cher« . Les prix ont nettement baissé, et les vignerons et négociants bordelais comptent sur un millésime 2025 qualifié de « grand millésime, une petite récolte avec un prix compétitif« . La saison-clé des ventes en primeur, entre fin avril et mi-juin, sera déterminante, mais François-Xavier Maroteaux se veut optimiste, car la demande des Américains pour les très bons millésimes devrait soutenir les ventes en primeur. Il reste toutefois prudent, car « Bordeaux a toujours été dépendant du contexte« , et les mauvaises surprises n’ont pas manqué ces dernières années, entre la guerre en Ukraine et la hausse des taux bancaires et des prix énergétiques qui ont freiné les ventes, parfois drastiquement.

François-Xavier Maroteau © Branaire-Ducru/Brice Braastad

Pour l’heure, « Bordeaux reprend des couleurs un peu partout« , se réjouit le président de l’UGCB. C’est notamment dû à la baisse des volumes : « on retire les excédents, là où on n’aurait pas dû planter et lorsqu’il n’y a pas assez de rendement« . La crise de surproduction des vins bordelais est passée par là. « On a fait dans la douleur, à marche forcée, ce qu’on aurait dû faire depuis 20 ans« , avoue-t-il. Ainsi, en quelques années, les volumes de production ont chuté d’un tiers et les prix ont été revus à la baisse, parfois de moitié pour certains crus, par rapport aux sommets atteints en 2005 ou 2009-10. Le millésime 2025 aura ainsi un excellent rapport qualité/prix, « en-dessous de son prix réel ».

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