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À Verbier, le business commence parfois après le concert

Loin des clichés de la station bling-bling, l’été, Verbier s’impose comme un écosystème où entrepreneurs, investisseurs, artistes et grandes familles internationales se croisent naturellement. Portée par un art de vivre singulier et par le rayonnement international du Verbier Festival, la station valaisanne transforme progressivement son attractivité estivale en véritable levier économique.

Lorsqu’il quitte la Belgique il y a onze ans pour prendre la direction de l’Hôtel Bristol, Gérald Maraite imagine une parenthèse plus paisible. Diplômé de l’École hôtelière de Lausanne, passé par Marriott à Bruxelles puis plusieurs établissements en Wallonie, il découvre rapidement que Verbier est bien davantage qu’une destination de montagne. Aujourd’hui président de l’Association des hôteliers de Verbier, il y développe également ses propres projets, dont le restaurant Taratata, installé dans une ancienne boîte de nuit.

« Je pensais arriver dans un petit hôtel tranquille. Finalement, cela fait onze ans que je développe des projets », sourit-il. Une trajectoire qui illustre la capacité de Verbier à transformer une opportunité professionnelle en véritable projet de vie.

Le meilleur révélateur de cette dynamique est sans doute le Verbier Festival. En 2026, année record, le rendez-vous musical a réuni près de 600 artistes représentant 77 pays, généré plus de 50 000 billets et entraîné 16 000 nuitées réservées par le Festival. Les Belges représentent environ 2% de sa fréquentation. Dans le Val de Bagnes, 173 ressortissants belges sont par ailleurs recensés comme résidents.

Pour Jimmy Goethals, Belge installé depuis douze ans au Châble et aujourd’hui actif dans le développement immobilier à Verbier, Crans-Montana et Zermatt, le Festival a joué un rôle déterminant dans la mutation de la station. « Pour moi, le Verbier Festival a été le premier gros événement qui a créé la saison d’été. Avant, il n’y avait que l’hiver. Maintenant, l’été devient de plus en plus important. »

Dans son activité, il constate également que cette dynamique gagne le marché immobilier : « De plus en plus de clients viennent pendant le Festival. » Une fréquentation estivale qui contribue à faire évoluer Verbier vers un modèle véritablement quatre saisons.

Mais l’attractivité de la station tient aussi à ce qu’elle refuse d’afficher. Derrière les chalets d’exception et les patrimoines conséquents, Verbier cultive un luxe discret, presque décomplexé.

C’est précisément ce low profile qui, selon Gérald Maraite, favorise les connexions. « Ici, on ne vient pas afficher son statut. On vient vivre Verbier. On peut partager une bière avec quelqu’un sans savoir qu’il dirige une grande entreprise. C’est un réseautage naturel. »

Les Belges occupent une place particulière dans cette histoire. Certains fréquentent Verbier depuis plusieurs générations et voient aujourd’hui leurs enfants ou petits-enfants y réinvestir. D’autres, comme Gérald ou Jimmy, sont arrivés pour une opportunité professionnelle et s’y sont installés. « Comme beaucoup de gens qui viennent dans cette région, je ne suis jamais reparti », raconte Jimmy.

À Verbier, le Festival ne crée donc pas le business : il lui donne une nouvelle dimension. En faisant converger talents, visiteurs, résidents et entrepreneurs venus du monde entier, il contribue à faire de la station bien davantage qu’une destination estivale. Un lieu où la culture devient un levier d’attractivité, où les rencontres peuvent devenir des opportunités et où, finalement, le réseau se construit aussi loin des salles de réunion.

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