L’essentiel
Des responsables canadiens négocient un rapprochement avec l’Union européenne en réaction à l’échec des négociations commerciales avec les États-Unis au début de l’été, a rapporté samedi le Wall Street Journal. Le Canada pourrait notamment devenir un « membre associé » de l’Union.
Points clés
- Bien que l’Union européenne ne soit historiquement pas connue pour proposer des formules d’adhésion flexibles à des pays individuels, des responsables européens seraient ouverts à l’idée que le Canada la rejoigne en tant que « membre associé », selon des sources canadiennes et européennes anonymes citées par le Wall Street Journal.
- Un tel accord pourrait marquer la plus importante réorientation de l’économie canadienne depuis plusieurs décennies. Les États-Unis sont depuis longtemps le premier partenaire commercial du Canada, absorbant environ 72 % de ses exportations en 2025.
- Les modalités d’un éventuel accord sont toujours en discussion. Celui-ci pourrait stimuler les échanges entre les deux partenaires, notamment grâce à l’acheminement d’engrais via l’Arctique et à la construction de nouveaux gazoducs. Ces infrastructures pourraient aider l’Europe à mettre fin à sa dépendance au gaz naturel russe.
- L’Union européenne et le Canada pourraient également collaborer à la pose de nouveaux câbles sous-marins, au lancement de satellites et à la construction de centres de données, alors que la méfiance à l’égard des entreprises technologiques américaines progresse des deux côtés de l’Atlantique.
Fait marquant
Le Premier ministre canadien Mark Carney entretient déjà des liens étroits avec l’Europe et le Royaume-Uni. Il a étudié à l’Université d’Oxford et a dirigé la Banque d’Angleterre de 2013 à 2020. Selon le Wall Street Journal, il échange régulièrement avec de hauts responsables européens, dont le président français Emmanuel Macron. Les deux dirigeants auraient notamment discuté de mesures permettant aux Canadiens de vivre et de travailler en Europe sans visa. Mark Carney chercherait également à intégrer le Canada au programme européen de mobilité étudiante, qui permet aux étudiants de suivre des cours dans des universités étrangères.
À suivre
Mark Carney se rendra en Europe la semaine prochaine, avec des visites prévues à Liverpool et à Strasbourg. Il doit s’exprimer devant le Parlement européen, assister au discours sur l’état de l’Union européenne et rencontrer des eurodéputés afin de renforcer les relations entre le Canada et l’Union européenne dans les domaines du commerce, de l’investissement et de la sécurité. Il n’est pas encore établi s’il profitera de ce déplacement pour annoncer des démarches officielles en vue d’obtenir le statut de « membre associé ».
Contexte
Ces discussions avec l’Union européenne interviennent alors que le Canada reste engagé dans une guerre commerciale avec les États-Unis, après que Mark Carney a demandé aux négociateurs canadiens de quitter les pourparlers avec leurs homologues américains en août. Le Canada et les États-Unis se sont mutuellement imposé des droits de douane. La Maison-Blanche a encore intensifié le conflit ces derniers jours : le président Donald Trump a interdit la semaine dernière certains produits laitiers, alcools et autres marchandises en provenance du Canada. Il a également menacé d’empêcher le constructeur aéronautique canadien Bombardier de vendre aux États-Unis des avions fabriqués à l’étranger. Depuis son retour au pouvoir en 2025, Donald Trump a régulièrement menacé et tourné en dérision le Canada en le qualifiant de « 51e État ». En août, sur fond de différend commercial, il est allé jusqu’à rebaptiser officiellement le lac Ontario « lac America ».
Cet article a été écrit par Zachary Folk et traduit par Forbes.be à l’aide de IA.
Cet article a été initialement publié sur Forbes.com
