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« J’aime prendre des risques calculés » : comment Hakan Can a fait d’Atelier Acàn un succès

Il y a cinq ans, Hakan Can habillait encore ses clients à domicile. Aujourd’hui, la délégation belge à la Coupe du monde porte ses costumes. Récemment, Hakan Can s’est rendu à Los Angeles pour un match de Coupe du monde des Diables Rouges. Sa marque, Atelier Acàn, y habillait la délégation belge de l’Union royale belge de football. « Je les ai tous vus circuler dans mes costumes. Ce fut un moment chargé d’émotion », raconte-t-il.

La collaboration avec l’URBSFA est née d’une rencontre fortuite : pendant le marathon d’Anvers, il a croisé un membre de la fédération devant sa boutique. « Si vous m’aviez dit il y a cinq ans que cela arriverait, je vous aurais pris pour un fou. »

D’un atelier partagé à des boutiques à Gand et Anvers

Ces cinq années ont passé vite. Can a fondé Atelier Acàn durant l’été 2021, après avoir travaillé plusieurs années comme vendeur dans une boutique de costumes. « Dans mon groupe d’amis, j’ai toujours été celui qui s’intéressait aux vêtements », explique-t-il. Il a commencé modestement, depuis un atelier partagé et au domicile de ses clients, avant d’ouvrir quelques mois plus tard une première boutique dans le centre de Gand. « Les clients ont continué à venir. » La marque compte désormais des adresses à Gand et Anvers, et une troisième boutique ouvrira cet hiver à Bruxelles. « J’aime prendre des risques. Pour moi, cela n’a aucun sens d’attendre des années avant de passer à l’étape suivante. »

© DR

Can n’est pas lui-même un tailleur traditionnel. « Nous nous concentrons surtout sur le conseil, le styling et les bonnes proportions : le costume adapté à la bonne personne. » Les tissus viennent de Grande-Bretagne et d’Italie, tandis que la production est assurée par des ateliers spécialisés en Europe et en Asie. Aujourd’hui, il consacre l’essentiel de son temps à la stratégie et au développement de la marque. « Je travaille encore moi-même en boutique, car j’aime beaucoup cela, mais ma mission principale consiste désormais à définir l’orientation et la vision. »

« Le client n’est pas un numéro »

Comment la marque se distingue-t-elle ? Par son service, selon Can. « Le client n’est pas un numéro. Nous prenons un café ensemble et commençons par faire connaissance : qui est-il et pour quelle occasion a-t-il besoin d’un costume ? » L’atelier reste également disponible après la vente, jusque dans le choix des chaussures adaptées. « La difficulté ne réside pas dans la confection d’un beau costume, mais dans la recherche de la bonne adéquation entre la personne et le costume. »

© DR

Côté prix, Atelier Acàn se positionne sur le segment du « luxe accessible », avec un prix de départ de 890 euros et une moyenne comprise entre 1 000 et 2 000 euros. « Pour nous, l’important n’est pas de vendre un costume cher, mais le bon costume », souligne Can. Il fait le parallèle avec le vin. « Une bouteille de vin rouge peut coûter aussi cher que vous le souhaitez. Est-ce toujours nécessaire ? Non. Pour l’amateur, peut-être. »

Un chiffre d’affaires doublé trois années de suite

Les chiffres suivent. Au cours des trois premières années, le chiffre d’affaires a doublé à chaque exercice ; en 2025, la marque a vendu environ 700 à 800 costumes, et Can vise cette année entre 1 000 et 1 200 pièces. Jusqu’à présent, il a délibérément tenu les investisseurs externes à distance. « Je trouve important de pouvoir décider moi-même de la direction que prend mon entreprise. De plus, je puise mon énergie dans ma liberté. » Il n’exclut toutefois pas de faire appel à des capitaux pour poursuivre sa croissance : « Grandir coûte de l’argent. Beaucoup d’argent. »

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Le plus grand défi a été de passer du statut d’indépendant à celui de chef d’entreprise. « Soudain, vous portez un tout autre regard sur votre société : les investissements, les coûts salariaux, les marges. Il faut savoir se remettre en question. » Il constate aussi que le métier évolue. « Nous sommes passés d’une époque dominée par les coupes très slim à des coupes regular et classiques. Heureusement. Tout peut être un peu moins ajusté. »

Cap sur l’étranger

Les ambitions de la marque dépassent les frontières belges. En octobre, au moment où elle fêtera exactement ses cinq ans, Atelier Acàn ouvrira un pop-up à New York, aux côtés d’autres marques belges. « Notre marque fonctionne en Belgique, mais comment est-elle perçue à l’étranger ? C’est ce que je veux savoir. » Paris reste un rêve. Pour Can, un seul critère compte finalement : « Tant que nous resterons une marque cool, je pourrai continuer à faire cela toute ma vie. »

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