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Étoiles des neiges : Castel Badia, un couvent des Dolomites devenu palace cinq étoiles

Situé à environ 900 mètres d’altitude, au croisement des vallées de Pusteria et de Badia, dont les deux cours d’eau se rejoignent à ses pieds, le Castel Badia, dans la province autonome de Bolzano – Haut-Adige (Südtirol en allemand, Alto Adige en italien), domine, par sa position élevée et centrale, le paysage de montagnes et toise les Dolomites, dont il est une majestueuse porte d’entrée.

Ce qui fut un château médiéval édifié au XIe siècle avant d’être transformé peu après en couvent bénédictin de femmes, et ce jusqu’en 1785, a connu ensuite différents propriétaires privés. En 1965, Karl Knötig acquiert le domaine, entreprend de le restaurer et le transforme en établissement hôtelier, qui ouvre au début des années 1970 sous le nom de Schloss Sonnenburg. La collaboration de son fils Günther avec des partenaires, dont la famille d’hôteliers locaux Gasser, Kronplatz Holding et le groupe Egnazia, a eu pour résultat la réalisation du projet actuel, initié en 2019 mais retardé par le Covid : à savoir la refonte totale de cet ancien quatre-étoiles en un hôtel cinq étoiles de luxe au fort caractère historique.

© DR

Le nouvel établissement a ouvert ses portes le 18 décembre 2025 sous l’égide d’Aldo Melpignano, dont la société Egnazia Ospitalità Italiana assure la gestion. Castel Badia propose désormais 28 chambres et suites, auxquelles s’ajoute un chalet indépendant, qui respectent bien évidemment le passé et le patrimoine de cette demeure historique, alliés au charme élégant et discret d’un mobilier contemporain qui joue de la symbiose et du respect avec l’histoire du lieu. La designer Marta Ferri, ainsi que les architectes d’intérieur Nathalie et Virginie Droulers, ont pris en charge les intérieurs, tandis que le studio d’architecture sud-tyrolien Null17 s’est attelé à la restauration de la structure.

Dans les chambres, une armoire traditionnelle au décor fleuri typique du Tyrol voisine avec un buffet en bois local, d’un design contemporain mais d’une sobriété classique. Cette symbiose entre l’élégance et le raffinement du design italien et le charme pragmatique du mobilier alpin se déploie également dans l’architecture des lieux.

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Choisissant de respecter ce patrimoine classé, le projet a voulu le rehausser, le poser sur un piédestal contemporain afin de mieux le mettre en valeur.

Aux larges poutres anciennes des plafonds répond ainsi une rampe d’escalier en fer noir d’une épure actuelle, réalisée par un ferronnier de la région.

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L’ancien dépôt de bois est transformé en salon fumoir autour d’une cheminée traditionnelle. Autour de l’antique four de la boulangerie des nonnes datant de 1693 se construit le chalet sur trois niveaux, demeure exclusive pouvant accueillir jusqu’à cinq personnes.

La piscine intérieure chauffée, qui se déploie sous un plafond d’énormes poutres en douglas, est d’un bleu moyenâgeux ou plutôt marial, rappelant le passé conventuel des lieux.

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La salle de repos du wellness s’adosse aux vestiges des arches d’une des anciennes églises du lieu, auxquelles s’accrochent de grandes baies vitrées plongeant dans le tableau paysager de montagne que présente à toute heure le spectaculaire relief.

Deux piscines extérieures chauffées sont installées dans les jardins de la propriété — Castel Badia en compte dix-sept — et plongent à leur tour dans ce décor de montagnes, d’alpages, de forêts, de châteaux, de hameaux et de fermes isolées.

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Outre les vestiges de deux églises, Castel Badia compte également une crypte du XIe siècle, décorée de fresques, les ruines de deux petites chapelles, et a conservé le petit cloître des nonnes et réhabilité le jardin aux plantes médicinales de l’ancien monastère. L’on trouve également des témoignages de fresques anciennes sur différents murs extérieurs et, à l’intérieur, une autre entièrement préservée représentant La Mort de la Vierge, attribuée à Johannes von Bruneck et datée de 1407.

La partie qui accueillait les appartements de l’ancienne chanoinesse abrite désormais les salles de restaurant, dont la blancheur immaculée met en valeur les murs lambrissés d’époque et, au plafond, sculptées dans le bois en 1737, les armoiries de diverses religieuses qui vécurent au couvent.

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Les salles communes, décorées de tableaux et d’objets précieux qui évoquent le passé des lieux, allient de nouveau une élégance et une contemporanéité marquées dans le choix d’un mobilier aérien, moelleux et qui dégage une sérénité proche de la spiritualité qui y régna ; mais toujours dans une harmonie qui se veut respectueuse et humble vis-à-vis du long passé des lieux.

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Un respect que l’on retrouve également dans le choix des matériaux venus de la région, tout comme dans la cuisine, goûteuse et d’une simplicité raffinée, qui fait honneur aux plats de montagne qu’elle réinterprète, et dans la carte des vins, locale et agréablement surprenante ; par exemple, le vin effervescent local élaboré selon la méthode traditionnelle, le Trentodoc, vaut sans conteste un Franciacorta. Tout ceci est proposé par un personnel d’une ferveur non religieuse dans la défense des produits locaux, et d’une attention et d’une disponibilité sans faille.

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L’espace wellness et de soins, qui propose des massages aux techniques variées, personnalisés et performants, se trouve au sous-sol du château, les cabines de soins se situant dans les cellules individuelles qui accueillaient les religieuses : ce qui paraît logique : masser le corps rend l’esprit sain…

Les extraordinaires saunas et hammam sont accrochés à la roche et aux fondations du château, leur modernité engageant un dialogue fertile, au-delà des siècles, avec les vestiges du passé.

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Le lieu, qui peut accueillir les skieurs l’hiver — le sommet du Kronplatz, qui culmine à 2 275 mètres, et les stations qui l’entourent se trouvent à quelques minutes de voiture — et les randonneurs l’été, comporte également un espace enfants qui propose aux petits de multiples activités. Quant aux « grands », ils peuvent marcher avec ou sans guide, faire de la montgolfière, du yoga — il y a bien entendu une salle de sport dernier cri —, découvrir les secrets du pain et du fromage locaux ou partir pour de longues balades en VTT.

Et surtout profiter de ce lieu aux splendeurs panoramiques et historiques, à l’image du design du château en forme de croix revisitée : l’abscisse pour le côté horizontal et les 360° de la vue spectaculaire ; l’ordonnée se référant aux strates verticales et historiques dans lesquelles cet hôtel contemporain plonge ses racines.

Castelbadia.com

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