La startup bruxelloise de livraison de repas frais et sains désigne un nouveau CEO opérationnel issu de la finance et du conseil. Son fondateur, Marvin Ndiaye, distingué Forbes 30 Under 30, se recentre sur la vision stratégique. Un passage de relais qui s’accompagne d’un renforcement du conseil d’administration et d’ambitions européennes affirmées.
Depuis le 1er mars 2026, Zakaria El Abdouni, 27 ans, est le nouveau CEO opérationnel de Fresheo, la scale-up belge spécialisée dans la livraison de repas frais, sains et prêts à réchauffer. L’entreprise, fondée en 2018 par le Namurois Marvin Ndiaye, revendique aujourd’hui la livraison de près de 10 000 plats par semaine sur l’ensemble du territoire belge et affirme avoir atteint la rentabilité, un marqueur rare dans un secteur de la foodtech où plusieurs acteurs ont connu d’importantes difficultés ces dernières années. Le changement de gouvernance intervient à un moment que la direction qualifie de « charnière » : Fresheo entend prouver que son modèle est duplicable à l’international et se transformer en plateforme d’alimentation saine à vocation européenne.
Marvin Ndiaye, figure médiatique de l’entrepreneuriat belge et Forbes 30 Under 30, conserve un rôle centré sur la vision stratégique et les validations clés de l’entreprise qu’il a lancée à l’âge de 23 ans, depuis la cuisine de sa mère à Namur. « Zakaria connaît l’entreprise de l’intérieur et a joué un rôle clé dans sa structuration ces dernières années », déclare-t-il dans le communiqué officiel. « Ce passage de relais est une étape naturelle pour préparer Fresheo à son expansion internationale, tout en me permettant de me concentrer pleinement sur la vision stratégique à long terme. » Le fondateur, qui intervient également comme coach d’entrepreneurs et conférencier, reste par ailleurs actif au sein de cercles d’affaires.

Le nouveau CEO affiche un profil hybride, à la croisée de la finance, du conseil en stratégie et de l’univers startup. Présent chez Fresheo depuis 2021, Zakaria El Abdouni y a progressivement pris en charge les opérations d’acquisition et la structuration financière. Avant cela, il est passé par la Compagnie Nationale à Portefeuille, le holding de la famille Frère, par le private equity technologique aux États-Unis chez Sloane Street Partners, ainsi que par le Boston Consulting Group. Il a également acquis une expérience opérationnelle en Allemagne chez Entrix, une société du portefeuille des fondateurs de Rocket Internet. Un parcours qui, sur le papier, coche les cases attendues pour industrialiser un modèle encore artisanal dans sa structuration.
« La prochaine étape du développement de l’entreprise consiste à structurer l’entreprise pour la rendre pleinement duplicable à l’international, avec une gouvernance et des processus à la hauteur de nos ambitions. » affirme le nouveau CEO. La feuille de route est donc claire : mettre en place les process, les KPI et les outils nécessaires à une expansion multi-pays, tout en rendant le modèle opérationnel « plug and play » pour de nouveaux marchés.
Le changement de direction s’inscrit dans un mouvement plus large de professionnalisation de la gouvernance. Le conseil d’administration de Fresheo accueille désormais François Leplat, ancien CEO de Sodexo BeLux, et Sabine Vanderveken, actuelle CEO de Lunch Garden. Des profils dont l’expérience dans la restauration collective et la gestion de structures de taille significative vise à rassurer investisseurs et partenaires sur la capacité de la scale-up à changer d’échelle.
Reste à voir si ce renforcement suffira à accompagner les ambitions affichées. Car le passage d’une entreprise rentable sur un marché domestique à un acteur international de la foodtech suppose des investissements considérables en logistique, en technologie et en ressources humaines, dans un secteur où les marges demeurent sous pression.
Au-delà du changement de CEO, c’est un repositionnement stratégique plus profond qui se dessine. Fresheo ambitionne de dépasser le cadre des plats préparés pour devenir une plateforme globale d’alimentation saine, intégrant à terme courses, boissons et services technologiques, notamment via l’intelligence artificielle appliquée à la production et à la logistique.
La France constitue le premier marché cible, avec un projet pilote prévu à Lille, soutenu par un partenariat canadien spécialisé en acquisition digitale. L’entreprise annonce également un nouveau site web conçu pour faciliter le déploiement multi-pays et un modèle opérationnel censé transformer une unité de production locale en acteur du B2C en quelques semaines. Fresheo explore par ailleurs une diversification vers de nouvelles catégories alimentaires.
