Selon Hendrik Serruys, associé People Advisory Services chez le cabinet d’audit et de conseil financier EY, l’IA s’impose aujourd’hui comme l’une des forces les plus transformatrices dans le monde professionnel. « Notre capacité à accompagner le volet humain de cette mutation devient particulièrement cruciale. »
« Les organisations qui conjuguent ambition technologique et stratégies centrées sur l’humain seront les pionnières ». D’après cet expert en la matière, l’adoption de l’IA par les entreprises progresse rapidement : 78 % des répondants à l’enquête européenne initiée par sa société ont utilisé des outils d’intelligence artificielle cette année, contre 72 % l’an dernier. « Il ne s’agit pas d’une simple augmentation, mais d’une nette accélération. Les secteurs de la technologie, de l’industrie manufacturière de pointe et de la banque sont très réactifs, tandis que les secteurs public et de la santé sont encore à la traîne ». Le facteur d’évolution des mentalités entre évidemment en jeu : 70 % des personnes interrogées auraient désormais une opinion favorable de de l’IA, soit une hausse de 7 points par rapport à l’année précédente. « Il ne s’agit pas que d’optimisme, l’impact est concret. Plus de la moitié des entreprises font état d’une augmentation de leurs profits ou d’une réduction de leurs coûts grâce à l’IA, la Belgique figurant parmi les pays les plus performants en termes de gains financiers ». Cependant, Hendrik Serruys soulève un bémol : « 74 % s’attendent à une réduction des effectifs. Étonnamment, la plupart des travailleurs ne paniquent pas ; 58 % y voient une opportunité. C’est encourageant ».
L’importance de l’intelligence humaine pour gérer l’intelligence artificielle
« L’IA ne doit pas être un privilège réservé aux experts en technologie, mais une opportunité pour tous ». En cela, Hendrik Serruys souligne bien que l’IA peut augmenter le potentiel humain, mais pas le remplacer : « Plus l’IA deviendra performante, plus les qualités humaines, telles que la créativité, l’empathie et le jugement, seront valorisées. Le futur ne sera pas une opposition Humains vs IA, mais une collaboration pour obtenir de meilleurs résultats ». Car si l’IA permet de gagner du temps, la qualité est primordiale : « la véritable valeur réside dans une intégration réfléchie de l’IA, lorsque l’on mesure non seulement la rapidité, mais aussi l’innovation et l’expérience client. Cela implique des tableaux de bord, des indicateurs et une vision claire de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas ». En conséquence de quoi, la formation est essentielle.
Une phase de transition accélérée
Pour Hendrik Serruys, « Bien que 78 % des personnes interrogées aient déjà utilisé l’IA, seules 24% sont satisfaites de la façon dont elles y ont été préparées : l’apprentissage est majoritairement autodidacte, donc fragile à long terme. Les entreprises doivent intensifier leurs efforts en proposant des programmes sur mesure, adaptés aux différents rôles, notamment pour les employés plus âgés et les non-cadres. Faute de quoi, nous risquons de créer une main-d’œuvre à deux vitesses : d’un côté, ceux qui s’épanouissent avec l’IA, et de l’autre, ceux qui perdent le rythme ».
Un baromètre qui ne se contente pas de mesurer, mais qui donne aussi la direction
Outil de référence proposé par EY, cette étude approfondie livre un constat réaliste et propose des pistes concrètes : « Les entreprises peuvent évaluer leur situation, identifier leurs lacunes en matière de formation ou de gouvernance et s’inspirer des meilleures pratiques. Le Baromètre confirme que les compétences humaines seront encore plus pertinentes dans un environnement de travail enrichi par l’IA ».
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Cet article a été réalisé en étroite collaboration avec EY.
