Cette 71e édition de la BRAFA monte de 128 à 147 galeries de 19 pays, et s’étend désormais sur trois palais de Brussels Expo : les palais 3 et 4 sont dédiés à l’art, et le palais 8 accueille le visiteur à ses tables gourmandes. L’événement marquant, c’est la place réservée au patrimoine belge, à travers le 50ᵉ anniversaire de la Fondation Roi Baudouin qui présente ses acquisitions récentes, confiées comme à son habitude à des musées et collections publiques belges.
D’autre part, cette année, selon le vœu du nouveau président depuis son arrivée en 2024, Klaas Müller, galeriste au Sablon spécialisé du domaine, la foire a renforcé la présence de l’art ancien. C’est le cas pour Jan Muller Antiques, avec un triptyque représentant la Crucifixion et des scènes de la Passion (école flamande, vers 1500), un marbre inspiré du buste antique de l’empereur Marc Aurèle chez Dei Bardi, ou encore, chez Laurence Lenne, deux putti atlantes en albâtre (vers 1560), par l’Anversois Cornelis Floris II de Vriendt.

Les antiquités orientales sont admirablement représentées, notamment par Finch & Co (Craig Finch vient de s’installer à Bruxelles) avec une tête de Bouddha du Gandhāra datant du IIIᵉ siècle av. J-C, exemple admirable de ce croisement de l’art gréco-bouddhique.
… et les modernes
Du côté des XIXe et XXe siècles, Édouard Derom (Patrick Derom Gallery, Bruxelles) propose un ensemble aussi riche que lors de la foire FAB Paris l’an dernier. Il s’est dit très satisfait d’emblée, ayant vendu son James Ensor (The Sermon of Saint-Babylas), trois œuvres de Léon Spilliaert, La Dame d’Eau de Pierre Alechinsky, avoir reçu une option d’une institution belge de premier plan sur son Vasarely (Yerfa) et constaté un fort intérêt pour son Ai Weiwei (Marat Assassinated), avec lequel il prépare une grande exposition pour cet automne. Sans omettre une très intense Tête d’homme de l’Anversois Constant Permeke, figure majeure de l’expressionnisme flamand.
Plus près de l’époque actuelle, pour les XXe et XXIe siècles, Maruani-Mercier, autre galerie belge majeure (Bruxelles et Knokke), présente plusieurs Américains, avec enroulements de marbre de Lynda Benglis, les fleurs du mal des tableau de Ross Bleckner, ou encore les toiles complexes, symphoniques, tempétueuses de la série The Glass Dream Game d’Æmen Ededéen (alias Joshua Hagler), qui joue du hasard et du choix, produisant des compositions complexes et oniriques, ou encore les nus crus et oniriques de la Canadienne Jaclyn Conley.
Fin le 01.02
www.brafa.art
