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Les concessions de plage de Knokke dans le flou total

Il fallait probablement s’y attendre, après les multiples recours devant le Conseil d’État : l’attribution, fin août, de 25 concessions de plage pour la période 2027-2035 par la commune de Knokke-Heist avait fait couler beaucoup d’encre. Particulièrement du côté des exploitants actuels de bars de plage non retenus, qui avaient contesté la décision de la station balnéaire. Résultat : la commune annule purement et simplement l’attribution d’il y a deux mois, laissant les exploitants actuels et futurs dans le flou total ! Il n’est pas dit que l’on pourra s’attabler à un bar de plage lors des vacances de Pâques, au mois d’avril…

Alors qu’auparavant, les concessions d’exploitation des plages, que ce soit pour des bars ou des parcs pour enfants, étaient renouvelées chaque année, la nouvelle période devait s’étendre sur neuf ans, du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2035 inclus. Une prolongation de neuf ans supplémentaires pouvait ensuite être possible.

Conformément à la législation en vigueur, cette attribution s’était faite à l’issue d’une procédure d’appel d’offres transparente et sur la base de l’évaluation d’un jury indépendant, qui a été chargé d’évaluer le prix, l’expertise et la qualité des offres. Les autres communes du littoral devront d’ailleurs aussi passer par cette étape.

Sauf que patatras, tout est tombé à l’eau ! Sept recours devant le Conseil d’État ont été introduits par des soumissionnaires déçus et la juridiction a finalement suspendu il y a quelques jours l’attribution de 21 concessions dans trois des quatre zones qui composent le littoral de Knokke-Heist. Il ne restait que quatre concessions ne posant pas de problème.

Trop d’incertitudes pour la station balnéaire, qui a pris la décision radicale de révoquer toutes les concessions attribuées, expliquant que l’attribution ne peut pas être maintenue sous sa forme actuelle. Elle ajoute réfléchir aux prochaines étapes et affirme qu’elle ne communiquera à nouveau que lorsqu’une décision aura été prise.

Il se raconte que la commune travaille actuellement à une nouvelle évaluation des offres qui avaient été remises. Selon la VRT, elle repartira avec les candidats et les notes attribuées aux critères que le Conseil d’État n’a pas suspendus. Les autres évaluations devront être refaites, notamment en ce qui concerne les directives d’urbanisme, les prix des concessions, la durée des contrats et les liens avec la commune. Ensuite, chaque bar de plage devra encore obtenir un permis d’environnement, sans compter d’éventuels autres recours devant le Conseil d’État.

Tout cela met dès lors fortement en péril la possibilité d’avoir des bars sur les plages de Knokke lors des vacances scolaires de Pâques dans l’enseignement flamand, qui ont lieu durant le mois d’avril, soit dans moins de cinq mois.

Pour rappel, les candidats avaient déposé un dossier pour 26 concessions disponibles, réparties entre les plages de Heist, Duinbergen, Knokke et Le Zoute. Plusieurs exploitants existants, mais aussi de nouveaux venus, avaient été retenus, sur un nouveau site ou non. Mais certains titulaires de concession actuels avaient donc été écartés.

Certains étaient parfois présents sur la plage depuis des décennies. Parmi les non-retenus, on retrouvait les bars Beaufort, Blue Buddha Beach, Albertstrand, Beach Number One ou Lekkerbek Beach, près du Zwin, qu’un même opérateur exploitait depuis environ 40 ans. Certains disaient craindre que les bars plus familiaux laissent progressivement la place à des lieux plus festifs et d’aucuns envisageaient déjà un recours contre la décision du collège échevinal.

Knokke-Heist avait assuré que tous les candidats avaient bénéficié des mêmes chances et été évalués selon les mêmes critères. Selon elle, l’expérience, les compétences professionnelles et la connaissance du contexte local avaient été prises en compte dans ce cadre d’évaluation.

Parmi les heureux élus, on retrouvait notamment Woyo Beach, un projet qui devait voir le jour à hauteur du Zoute et qui était soutenu par Marc Coucke via ZouteCoucke. Ce véhicule d’investissement est déjà actif à Knokke-Heist avec, entre autres, Glacier de la Poste et Hotel La Réserve.

Ce concept novateur est porté par les jeunes entrepreneurs Ellen De Beck et Jonasi Deetens. Les entrepreneurs ont collaboré avec l’architecte de Knokke Tim De Taeye, qui est, avec son épouse Tine Vanparijs, à l’origine du concept Woyo. Tous deux ont auparavant donné vie à l’Enso District Hotel et au restaurant Woyo Eatery, situés juste à côté de la gare de Knokke.

D’après le site internet de De Rijkste Belgen, Marc Coucke a proposé 18,42 euros par mètre carré pour le Woyo Beach. Sachant qu’au Zoute, il s’agit de parcelles d’environ 60 mètres sur 70, soit de 4 200 mètres carrés, l’homme d’affaires a donc mis 77 000 euros sur la table. À cela s’ajoutent 20 760 euros à titre de redevance fixe pour le bar. Au total, il verserait donc un peu moins de 100 000 euros par an, uniquement pour la concession du bar.

En moyenne, les redevances annuelles totales à Knokke-Heist varient entre 14 000 et 165 000 euros. Par ailleurs, il faut payer 580 euros par cabine de plage au Zoute et un bar de plage en exploite en moyenne une cinquantaine.

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