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Hans Op de Beeck investit l’Arsenal de Delvaux à Bruxelles

À l’Arsenal d’Etterbeek, si le maroquinier Delvaux « met à sac » l’art de Hans Op de Beeck, ce n’est certainement pas pour le piller.

Quoi de plus normal qu’un artiste sorte de son atelier pour en investir un autre ? Hans Op de Beeck a quitté le sien, situé à Anderlecht, pour rejoindre celui de Delvaux à Etterbeek. Un nom incontestablement lié à l’art : que l’on pense à Laurent Delvaux, le sculpteur baroque nivellois injustement méconnu, ou, bien entendu, au peintre Paul Delvaux. Un artiste avec lequel Hans Op de Beeck partage quelques similitudes, comme cette impression de surréel, de temps suspendu et de songe dans son travail.

Ce n’est pas d’art mais d’artisanat dont il s’agit dans le cas de ce patronyme cette fois, une activité que le plasticien flamand respecte énormément : « Au cours de nos courtes vies humaines, explique-t-il, il est noble d’accomplir ce que nous faisons avec amour, concentration et dévouement. Qu’il s’agisse de raconter une histoire du soir à un enfant, de préparer un repas pour un être cher ou de composer un bouquet de fleurs. Les arts et l’artisanat reposent avant tout sur un engagement profond. »

© Yohann Fontaine

En effet, face aux sculptures tout en nuances de gris monochromes et réalistes de Hans Op de Beeck, se déploient sur des socles des sacs signés Delvaux dans des tons pastels de couleurs différents et doux mais toujours également parfaitement maîtrisés. Le temps, qui est le troisième créateur présent à l’Arsenal, a fait son œuvre dans les deux cas.

Jean-Marc Loubier, CEO de Delvaux : « Ce projet présente un lieu et une rencontre qui évoquent la sensibilité et l’évasion, en explorant les univers d’Hans Op de Beeck et de la Maison Delvaux, où l’atmosphère, l’âme, les objets, le travail, les couleurs et le son se rejoignent dans une harmonie inattendue. »

Effectivement, alors que les statues, les compositions et les installations réalistes de Hans Op de Beeck fixent des moments rêvés, sublimés voire idéalisés de la réalité, du quotidien, les sacs Delvaux cherchent à transcender à leur tour le quotidien, faisant d’un objet au départ usuel une œuvre si pas unique mais, comme dans le cas d’une sculpture, en se limitant à quelques éditions.

© Yohann Fontaine

Au sein de cette vaste installation, un jardin intérieur se dévoile comme un silence mis en scène ; un havre de calme, de repos et de sérénité. Les visiteurs peuvent déambuler librement ou trouver repos sur des canapés Chesterfield sculpturaux, dans un espace qui offre à l’esprit une véritable bouffée d’oxygène, un profond sentiment d’harmonie et révèle toute la poésie des petites choses.

Celles, précieuses, créées par Delvaux sont mises au sens propre comme au figuré sur un piédestal : celui de l’art que la présence des œuvres de Hans Op de Beeck leur confère de par leur proximité. L’art de l’un déteignant sur l’artisanat de l’autre…

© Yohann Fontaine

De son côté, le travail artistique du plasticien ne souffre pas de la mise en regard de celui artisanal de l’entreprise de maroquinerie qui se présente en symbiose dans cette même recherche de charme, d’élégance, de poésie discrète et d’humilité.

Bref, l’art-fair est dans le sac…

Hans Op de Beeck chez Delvaux, à l’Arsenal d’Etterbeek, jusqu’en mai prochain.
Renseignements : eu.delvaux.com

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