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Padel, pickleball, académie et networking : le pari ambitieux de Padel Passion à Rocourt (Liège)

C’est l’aboutissement d’un grand projet qui n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Avec un investissement de plus de 2 millions d’euros, cinq entrepreneurs liégeois s’apprêtent à lancer à Rocourt un nouveau complexe de 2500 m2 dédié au padel et au pickleball. Bien plus qu’un simple centre sportif, le projet ambitionne de devenir un hub régional mêlant sport, networking et formation, sur un marché encore en pleine expansion.

Un projet structurant au cœur d’un écosystème stratégique

Au sol, les marquages de peinture orange délimitent très précisément les emplacements des futurs halls et du bâtiment central qui abritera le club house, le restaurant, la cafeteria et les vestiaires. Car les premiers coups de pelle de ce nouveau projet d’envergure sera donné très bientôt, sur le parking arrière du Kinepolis Liège (Rocourt). Porté par les cinq associés de Padel Passion (Remo Stivala, Christophe Meylemans, Benoît Aerts, Eric Maréchal et Anthony Vercheval) le projet prévoit la construction de quatre terrains de padel et deux terrains de pickleball, pour une ouverture envisagée fin 2026 ou début 2027.

© DR

Le site n’a pas été choisi au hasard. Situé à proximité immédiate d’un pôle de loisirs majeur, le futur complexe entend tirer parti de cette localisation stratégique pour développer une offre hybride. « Nous avons signé un bail emphytéotique de 30 ans avec Kinepolis. Cela nous permet d’inscrire ce projet dans la durée, à la fois pour la construction et l’exploitation », explique Benoît Aerts.

Au-delà de la simple implantation, c’est toute une logique d’écosystème qui est recherchée par Padel Passion : sport et formation d’un côté, événements corporate de l’autre, avec des synergies potentielles entre les deux infrastructures.

Un marché encore loin de la saturation

Le timing du projet repose sur un constat partagé par l’ensemble du secteur: le padel reste un marché en forte croissance en Belgique, avec une demande encore largement supérieure à l’offre. Ce n’est pas un hasard si les projets continuent de pousser un peu partout dans le pays. « Aujourd’hui, pour réserver un terrain entre 17h et 23h, il faut parfois s’y prendre dès l’ouverture des réservations. Le marché est encore en expansion », souligne Eric Maréchal. « Le nombre d’inscrits au club dépasse aujourd’hui les 420 membres, nous sommes dans une progression constante de 20% par an », souligne Christophe Meylemans, figure historique de Padel Passion.

Un point clé pour comprendre la stratégie : contrairement à certaines craintes de saturation, les acteurs de terrain estiment au contraire que le développement du nombre d’infrastructures reste nécessaire, notamment pour structurer et pour améliorer l’offre.

Le projet Rocourt s’inscrit donc dans une logique d’anticipation, mais aussi de montée en gamme de l’offre. « On sera ici dans une expérience complète de haut niveau, avec ce qui se fait de mieux aujourd’hui, aussi bien en ce qui concerne les terrains que l’éclairage », souligne Remo Stivala, celui qui incarne le plus la partie sportive et formation au sein du club. « On a aussi utilisé les dernières technologies au niveau de l’acoustique et du renouvellement de l’air », poursuit l’architecte Benoît Louis, auteur du projet. « L’acoustique a fait de grands progrès, ça n’a plus rien à voir avec le bruit des premières infrastructures, on est clairement dans quelque chose de plus abouti », poursuit-il. « On a aussi fait un gros travail sur l’écoulement des eaux avec la création d’un bassin de dispersion et deux citernes de 20.000 m3 qui serviront à alimenter les sanitaires », enchaîne Benoît Louis, qui met en avant également la plantation d’arbres en bordure du site.

Pickleball: le pari nord-américain qui arrive en Belgique

L’un des éléments différenciants du projet se trouve aussi dans l’intégration du pickleball, discipline encore peu développée en Europe mais en plein boom aux États-Unis et au Canada. « C’est un sport complémentaire du padel, plus accessible et moins physique. Il permet à des publics très variés de jouer, des enfants aux seniors », note Eric Maréchal.

À Rocourt, deux terrains seront entièrement dédiés à cette discipline, une première à l’échelle de la province de Liège. L’objectif est clair: capter dès aujourd’hui une tendance internationale appelée à se développer en Europe.

Le positionnement est double : il s’agit à la fois de diversifier l’offre sportive et d’élargir la base de la clientèle. Mais aussi d’anticiper un futur segment de marché encore peu structuré. D’ailleurs, Padel Passion a aussi noué des liens très forts avec le célèbre club de hockey liégeois « Old club », dont les installations sont situées juste à côté. « On va relier les deux clubs par des sentiers qui permettront de passer facilement d’un site à l’autre, on veut clairement collaborer et créer des passerelles entre les deux sports, on va aussi sponsoriser certains de leurs événements », poursuit Benoît Louis.

Le site est idéalement situé au cœur des voies de communication liégeoises et les joueurs pourront bénéficier de 30 places de parkings avec deux bornes de recharge électriques réservées au club, sans compter évidemment les parkings du cinéma.

Un modèle hybride : sport, communauté et business

Au-delà de l’infrastructure sportive, Padel Passion veut créer un véritable lieu de vie. « Ce ne sera pas juste un endroit où l’on vient jouer. On veut développer une expérience complète, avec une dimension sociale, conviviale et associative », explique Benoît Aerts.

Le projet prévoit évidemment un clubhouse central avec vue sur les terrains, une brasserie et des espaces favorisant les interactions entre joueurs. Mais surtout, un positionnement assumé au niveau du réseautage.

En effet, le padel s’impose progressivement comme un outil de networking et de team building, comparable à ce que le golf représente depuis plusieurs décennies.

© DR

« On organise déjà des événements avec des entreprises et des réseaux. Le padel est un excellent vecteur de rencontres professionnelles », souligne Eric Maréchal.

Mais avec l’ouverture de cette troisième implantation, Padel Passion passe à la vitesse supérieure. « On a aussi des contacts avec un coach en entreprise qui utilise son expérience sportive pour coacher des chefs d’entreprise ou du personnel d’entreprises. L’idée serait de travailler avec lui en partenariat avec des sociétés de la région. On va renforcer cette dimension avec les réseaux d’entreprises, les contacts sont déjà bien avancés », poursuit Eric Maréchal.

Des partenariats sont également en discussion avec des spécialistes du coaching en entreprise via le sport, afin de structurer une offre dédiée.

Synergies avec Kinepolis: vers un modèle intégré

Même si la relation avec Kinepolis est basée essentiellement aujourd’hui sur le bail emphytéotique pour le terrain, la proximité du complexe sportif avec Kinepolis ouvre la voie à des collaborations inédites en Belgique. « Nous nous concentrons sur la pratique sportive. Tout ce qui concerne les séminaires, conférences ou événements corporate peut se faire chez Kinepolis. Il y a une vraie complémentarité que l’on peut creuser », insiste Benoît Aerts.

« Concrètement, une entreprise pourrait organiser une session de padel ou de pickleball et enchaîner avec une conférence ou un séminaire dans les installations de Kinepolis et clôturer par un moment de networking », imagine Remo Stivala. « On va certainement proposer des séance de sensibilisation au padel et au pickleball lors des fêtes d’anniversaire des enfants organisées au Kinepolis, par exemple le dimanche, pour qu’ils passent un moment ici ». Un modèle intégré, inspiré de ce qui se développe déjà aux États-Unis.

L’académie, levier stratégique de long terme

Autre pilier du projet : la création d’une académie structurée, avec un focus particulier sur les jeunes. Aujourd’hui, le padel belge souffre encore d’un manque de formation dès le plus jeune âge, principalement en raison de la saturation des terrains.

« Le manque de disponibilité empêche de développer une vraie filière jeunes. Avec de nouvelles infrastructures, on pourra enfin structurer cela », poursuit Eric Maréchal.

L’ambition est claire : développer une base de jeunes joueurs, créer un vivier local et professionnaliser la pratique. Un modèle déjà éprouvé dans le tennis, mais encore peu structuré dans le padel en Belgique. « D’ailleurs certains de nos jeunes joueurs sont en train de suivre des formations de haut niveau pour renforcer l’académie et la qualité des cycles de formation », précisent Remo Stivala et Christophe Meylemans.

Un investissement local et une logique entrepreneuriale

Au niveau financier, le projet représente un investissement d’environ 2,1 millions d’euros, avec une volonté affichée de travailler majoritairement avec des entreprises locales. « C’est important pour nous de collaborer avec des partenaires de la région. On veut s’inscrire dans un écosystème local ».

Mais au-delà des chiffres, les fondateurs revendiquent une approche différente de certains acteurs du marché. « Beaucoup recherchent d’abord la rentabilité. Nous, on part d’une logique de passion. La rentabilité est nécessaire, mais ce n’est pas ce qui guide nos décisions, on ne s’appelle pas Padel Passion pour rien », insiste Benoît Aerts.

Vers un acteur structurant en province de Liège

Avec ses implantations existantes à Herstal (5 terrains dont deux en outdoor) et Juprelle (deux terrains couverts), et ce nouveau projet à Rocourt, Padel Passion entend s’imposer comme l’un des acteurs majeurs du padel en province de Liège et en Wallonie.

D’autant plus que les associés ont déjà dans leurs cartons d’autres projets d’expansion…
Une ambition assumée, mais mesurée. « Nous ne voulons pas simplement multiplier les terrains. Notre objectif est de construire un projet cohérent, qualitatif et durable », précise encore Benoît Aerts.

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