Auteur d’un premier podium et d’une 2e place fin novembre en slalom spécial, une performance historique pour un skieur belge, le Liégeoise Armand Marchant aborde les prochains Jeux Olympiques d’hiver de Milan (du 6 au 22 février), avec confiance, sérénité, et, pourquoi pas ? avec un espoir de médaille… Ce qui constituerait une autre grande première pour le ski belge !
Forbes.be – Qu’espérez-vous de ces Jeux Olympiques ?
Armand Marchant – Je n’ai pas un très bon souvenir des derniers Jeux Olympiques en Chine : étant arrivé là-bas blessé à la cheville, je n’ai pu vraiment me livrer à 100%. Ce fut l’une de mes plus grosses déceptions de ma carrière. Mon but, dans un premier temps, est donc me réconcilier avec les JO, en tout cas d’en retirer une expérience positive et de profiter du plus bel événement sportif au monde en étant au top de mes capacités et en pouvant livrer une belle prestation. Ensuite, mes jeux seraient pleinement réussis si je parvenais à fournir deux très belles manches de ski, montrer mon plein potentiel au monde entier et, qui sait, voir jusqu’où ça peut me mener.
– Une médaille ?
– Si les conditions sont favorables et que le ski est plus qu’en place, je peux peut-être ne pas en être loin. Tout dépendra de la position dans laquelle je démarrerais, de la météo, de la neige. De nombreux facteurs entre en jeu, comme utiliser le bon matériel, qui doivent être alignés pour que les chances de médaille soient les plus grandes. Pour les améliorer, je dois continuer à marquer des points à la Coupe du Monde et améliorer mon dossard ; plus on a un meilleur dossard, plus les chances de médaille augmentent. Actuellement (l’interview date de mi-décembren ndlr), je me vois attribuer le 17 en Coupe du Monde, lequel me place dans une position d’outsider, à la limite du top 15 (Armand a signé depuis une sixième place à Madonna di Campiglio et dixième, une dixième à Adelboden début janvier, ndlr).

– Le fait que les Jeux se déroulent en Italie, et pas en Chine peut-il vous être favorable ?
– Non, cela ne change pas grand-chose, parce qu’aucun concurrent de slalom ne connaît cette piste de Bormio. Le seul avantage se situe au niveau de dépenses énergétiques, puisque le voyage sera moins fatiguant.
– Le grave accident dont vous avez été victime il y a quelques années, vous a-t-il rendu plus fort ?
– Clairement. Ce fut une sacrée épreuve dans ma carrière : deux ans sans ski, et quasiment trois ans sans compétition. J’ai énormément douté durant cette période. Mais j’ai tout fait pour revenir. Ce retour me donne une confiance et également une détermination d’autant plus grandes vis-à-vis d’un objectif. Cela m’a fait grandir dans tous les sens du terme : je venais d’avoir 19 ans, et les deux années de revalidation coïncident à des années charnières dans la vie d’un jeune homme qui devient adulte. C’est ce qui forge aussi et rend le parcours encore plus beau.
– Vous avez 28 ans, le pic de forme physique pour un athlète, donc un âge idéal pour participer aux Jeux Olympiques ?
– Oui. Ceci dit, en ski alpin, même les skieurs un peu plus âgés peuvent faire des performances… Chacun connaît un pic de maturité propre : certains arrivent très tôt sur le circuit, et repartent aussi un peu prématurément ; d’autres arrivent un peu plus tard… Tout dépend du parcours de chacun… Physiquement, j’arrive vraiment à ma maturité physique. Mais le ski, ce n’est pas que du physique, mais également énormément de technique, d’expérience… d’apprentissage. Cette blessure m’a éloigné du circuit pendant deux-trois ans à un âge où l’on est une vraie éponge à expérience, expérience que je n’ai pas pu connaître : j’aime à dire que si j’ai 28 ans, je n’en ai que 26 ans en termes d’expérience au niveau ski…
– Cette deuxième place fin novembre fût-elle déjà une sorte de consécration dans votre carrière ?
– Non, du tout. Je travaille pour ce genre de résultat, que j’ai envie de répéter et auquel j’aspire : mon but est d’atteindre régulièrement ce genre de performance. Pour ce faire, il faut que je sois encore plus régulier dans les courses de coupe du monde : marquer encore plus de points, entrer dans le top 15, ce qui augmentera mon capital chance de faire des podiums très régulièrement ; lorsque vous rentrez dans le top 7, c’est quasiment un prérequis que de réaliser le podium à chaque course.
