Situé à 1000 mètres d’altitude dans la vallée de Joux en Suisse, réputée pour son horlogerie de précision et de luxe, l’Hôtel des Horlogers, émanation de la marque Audemars Piguet, a ouvert voici cinq ans sur les cendres de l’Hôtel de France, lequel a en effet brûlé il y a plus de quarante ans.
L’établissement ouvert voici cinq années s’intègre parfaitement dans le paysage de moyenne montagne, sur le plateau herbacé qui fait face à la forêt du Risoux, la plus vaste de Suisse et du Parc Naturel du Jura vaudois. Un parc naturel que chaque chambre regarde depuis sa grande baie vitrée comme une peinture paysage que constitue ce somptueux tableau vivant.

Ce miroir naturel a inspiré les concepteurs, les architectes du bureau danois BIG, qui l’ont conçu de façon serpentine, un peu comme les méandres d’un cours d’eau dont les étages s’élèveraient peu à peu vers le ciel ou à l’image d’un sentier de montagne que l’on gravirait sans dépasser les toitures de fermes horlogères de ce village classé qu’est Le Brassus ; ceci en n’utilisant que des matériaux locaux, qu’il s’agisse du béton ou du bois qui vient directement des essences de la forêt voisine : mélèzes, épicéas et pins.
L’aspect durabilité anime également le projet : l’eau de source de l’Orbe qui coule au milieu de la vallée est ainsi filtrée, 126 panneaux photovoltaïques alimentent le bâtiment, et le chauffage se fait toujours par le sol et au bois, alimenté par la forêt voisine que l’hôtel s’engage ensuite à replanter.
Ce qui fait de cet hôtel le seul de Suisse à posséder le label suisse Minergie, attribué pour le confort, l’efficacité et la protection du climat. L’établissement a par ailleurs été désigné Hôtel de l’année 2026, et vient de recevoir l’International Sustainability Awards et le Star Mountain & Countryside – Swiss Hospitality Awards, toujours pour 2026.
La qualité de l’air y est également filtrée, le bien-être des hôtes étant le souci permanent (il y a un menu d’oreillers à disposition dans les chambres).

Le rappel de la nature est partout au travers du béton pour la roche, de la forêt pour le bois, les luminaires du restaurant évoquant le lac Brenet tout proche dans leur forme ; le comptoir d’accueil rappelle lui l’ammonite par ses courbes, que l’on trouve à l’état de fossiles à foison dans la région, les troncs d’arbres renversés surplombant la réception, la forêt toute proche.
La durabilité est au centre du projet qui réfute l’utilisation du papier et du plastique ; la cuisine imaginée à la brasserie, au restaurant et au bar par Emmanuel Renaut, Savoyard aux trois étoiles ou edelweiss en l’occurrence, réinvente celle de montagne et ne travaille que les produits locaux.
Le rapport avec l’horlogerie se fait seulement au niveau de la bibliothèque, la symbiose avec la nature voulant que l’on s’en tienne à cette montre naturelle.
Naturelle comme la lumière, omniprésente dans cet univers d’un dépouillement relaxant, d’une austérité protestante, mais sans froideur, niché au cœur de ce village jurassien pourtant vaudois, caractéristiques qui se retrouvent dans un bâtiment, œuvre d’architectes venus d’un pays où l’on privilégie également la simplicité réformée.

Il en est de même au niveau des chambres, imaginées par l’architecte d’intérieur Pierre Minassian, qui privilégie l’épure classieuse ; il joue, dans l’usage des matériaux, de références à l’environnement naturel des montagnes, utilisant du bois, du carbone pour les luminaires, s’amusant à évoquer les champignons ou les feuilles d’arbres dans les lustres, alliant à la fois sobriété lumineuse, ergonomie des placards, et dissimulation discrète du circuit électrique.
Ces chambres sont décorées d’une seule grande photo d’une évidente simplicité de la vallée par Dragana Lehmann qui, humblement, portraitise ce modèle admirable de naturel qui se donne à elle sans compter.
50 chambres et suites luxueuses sans tape-à-l’œil pour cet hôtel qui offre le luxe absolu pour chaque hôte, grâce à sa conception originale et ingénieuse, de n’avoir aucun voisin intempestif à l’étage supérieur.
L’hôtel propose un espace wellness et de soins doté d’un sauna et hammam dans le même style zen nordique conviant à la sérénité. Il bénéficie des produits de soins Alpeor qui sont dans la même démarche de respect, de mise en avant du bienfait des plantes et des connaissances traditionnelles qui les caractérisent (voir ci-dessous).

Un hôtel d’une minutie minutieuse – presque horlogère, celle qui caractérise les montres Audemars Piguet, propriétaire de l’hôtel, et dont le musée de l’horlogerie situé à quelques mètres de là a été réimaginé par le même bureau d’architecte danois.
Situé dans la ferme horlogère qui a vu naître cette association en 1875, de Jules Louis Audemars et Edward Auguste Piguet qui étaient déjà horlogers chacun de leur côté comme le « montre » quelques remarquables montres à gousset signées Piguet dès 1769 ou celle d’Audemars primée à l’Exposition universelle de Londres en 1851.
Les architectes ont imaginé un immense cadran de montre circulaire dont les collections de tocantes révolutionnent autour d’un immense ressort d’« horloge à poignet » qui en est le cœur. La muséographie, réalisée par les Suisses de CCHE, ponctue de mini alcôves circulaires dorées les vitrines translucides évoquant tout autant un système planétaire qu’un mécanisme géant.
On peut voir également en bord de cet univers sphérique les ateliers où les horlogers opèrent montages et réparations.
Bien entendu, un autre lieu, inauguré l’an dernier, accueille la plupart des 1000 collaborateurs qui travaillent au Brassus. D’autres se trouvent au Locle, plus haut dans le Jura suisse.

Mais les mécanismes de haute précision et les systèmes de complication se font au Brassus où cette tradition est née du fait de la longueur des hivers, de la gentiane dont on utilise la membrane pour travailler les mécanismes, et des mines de fer qui se trouvaient près du lac de Joux.
Dès le dix-huitième siècle, les fabricants descendaient à pied par le chemin des horlogers jusqu’à Genève afin de vendre leurs réalisations, l’arrivée du train à Vallorbe un siècle plus tard, leur procurant un accès direct à Paris.
Bien sûr, ce musée privé met en exergue la production de la marque, 250 modèles actuellement, des plus anciennes à la plus vendue Royal Oak créée en 1972 et au cadran octogonal, à la plus compliquée datée de 1899 à treize aiguilles, forte de plus de 1000 composants en or rose ; une montre à gousset qui a requis le travail de deux horlogers durant quatre ans pour la remettre en état. Des merveilles Art nouveau du début du siècle également, notamment en pendentif.
Des performances horlogères sont illustrées, au travers entre autres d’une montre à mouvement à carillon le plus petit du monde et datée de 1998. Tout ceci agrémenté d’explications des techniques et des termes comme « seconde morte ».
« Make Time » est le slogan de l’Hôtel des Horlogers, qui s’applique également à ce musée passionnant où l’on peut facilement passer quelques heures et donc jouer… la montre sans perdre de temps.
- Hôtel des Horlogers : route de France 8, 1348 Le Brassus, Suisse — hoteldeshorlogers.com
- Musée Atelier Audemars Piguet : Route de France 16, 1348 Le Brassus — museeatelier.audemarspiguet.com
Les Alpes dans la peau
Présente dans les chambres et au sein de l’espace beauté proposant massages, sauna et hammam de l’Hôtel des Horlogers, la marque de soins Alpeor existe depuis 21 ans et est développée par Alexandre Flueckiger dans la même optique de symbiose avec la nature au travers de produits naturels respectant le corps et l’environnement, constitués de plantes de montagnes suisses dont le fondateur est un grand amateur.

Ce passionné a hérité de l’amour du soin par les plantes de sa grand-mère et sa grand-tante qui avaient fondé dans les années cinquante une clinique du bien-être à Montreux, basée sur un élixir de plantes miraculeux, l’Alparum. Une optique balayée par l’émergence des produits pharmaceutiques de synthèse…
Le retour à la nature opéré par nos sociétés voici quelques années, a amené Alexandre à faire revivre ce savoir traditionnel en proposant une ligne de soins naturels aux effets bénéfiques.

Trois lignes ou collections de produits à la fois sensorielles et organiques conçues pour les professionnels comme l’Hôtel des Horlogers ou encore le Bella-Tola dans le val d’Anniviers, le premier à l’avoir proposé dans son wellness, et, bien entendu, pour monsieur et surtout madame tout le monde.
Une production et une diffusion qui se veulent à taille humaine pour une philosophie qui privilégie la rencontre qu’il s’agisse de plantes ou de personnes.
Soutenant plusieurs jardins alpins suisses, Alpeor et son fondateur s’activent à conserver la diversité et la culture alpine qu’il s’agisse de l’edelweiss, le millepertuis ou la mélisse médicinale, des plantes alpines bonnes pour la peau qui produisent des huiles végétales nourrissantes dont les formules ne contiennent que des ingrédients végétaux actifs.
La durabilité, l’authenticité en symbiose avec les bienfaits de la nature… ou disons plutôt que la nature est bien faite.
Preuve que le naturel revient bien au galop…
