Newsletter

Magazine

Inscription Newsletter

Abonnement Magazine

Sonaca donnera des ailes au jet d’affaires du futur

L’avion d’affaires du futur sera peut-être bien américain. Mais aussi un peu belge, grâce à Sonaca. L’équipementier aéronautique carolo vient de signer un contrat pluriannuel avec l’entreprise américaine Otto Aerospace pour lui fournir, entre autres, les ailes et la queue du prototype du Phantom 3500, un jet révolutionnaire aux allures futuristes qui entend redéfinir les standards de l’aviation privée.

L’annonce a été faite lors du salon aéronautique de Farnborough, au Royaume-Uni. Le contrat s’étend sur plusieurs années et prévoit que Sonaca concevra, industrialisera et fabriquera les ailes, d’une envergure de 20 m, les bords d’attaque fixes et l’empennage de l’appareil.

Un avion qui se distingue particulièrement par la technologie aérodynamique de pointe sur laquelle il repose : l’écoulement laminaire. Il s’agit de maintenir l’air qui longe la surface de l’avion dans un régime d’écoulement parfaitement fluide, sans turbulences. L’engin aura une forme ressemblant à celle d’un ballon de rugby. Grâce à cela, le Phantom 3500 pénétrera l’air avec une résistance drastiquement réduite, à la manière d’un dauphin qui fend l’eau sans remous, illustre Sonaca.

Signature du contrat entre Scott Drennan et Yves Delatte lors du salon de Farnborough
La signature du contrat entre Scott Drennan et Yves Delatte lors du salon de Farnborough © Sonaca

Cela permet aussi, et surtout, de réduire la consommation de carburant de plus de 50 % par rapport à des appareils comparables. Alimenté en carburant d’aviation durable, ou SAF, il offre même un potentiel de réduction des émissions de CO2 pouvant atteindre 90 %, soulignent l’équipementier belge et son partenaire américain. Ce serait alors une avancée majeure dans la décarbonation de l’aviation d’affaires.

La mise en œuvre industrielle du principe d’écoulement laminaire sur une aile de grande envergure reste un défi technique que seul un petit nombre d’acteurs dans le monde est en mesure de relever. C’est le cas de Sonaca, qu’Otto Aerospace est venue chercher pour son expertise.

Il s’agit ni plus ni moins que d’un game changer pour l’aviation d’affaires et l’un des projets les plus excitants pour Sonaca de ces dernières années, selon les mots de son CEO Yves Delatte.

Yves Delatte, CEO de Sonaca
© Valentin Bianchi / Hans Lucas

Grâce à de telles performances aérodynamiques, le Phantom 3500 peut en outre atterrir et décoller de nombreux petits aéroports habituellement inaccessibles aux jets d’affaires traditionnels. Cela signifie encore plus de flexibilité pour les clients.

À bord, ne vous attendez pas à voir les habituels hublots. Ils ont été remplacés par SuperNatural Vision™, un système développé par Otto Aerospace, composé de grands écrans haute définition diffusant en direct une vue panoramique de l’environnement extérieur. De quoi encore réduire le poids de l’appareil et améliorer davantage ses performances aérodynamiques.

Le groupe carolo, qui n’est autre que le 3e « carrossier » mondial, mobilise une cinquantaine d’ingénieurs de ses entités belge et brésilienne sur ce programme, qui se compte en millions d’euros mais dont le montant précis n’a pas été divulgué. La livraison du prototype est prévue en 2027.

« La laminarité est un concept que l’aéronautique connaît de longue date. Parvenir à l’industrialiser sur une aile de 20 mètres d’envergure, au niveau de précision qu’exige un programme de certification, c’est un tout autre défi », insiste Yves Delatte. « C’est précisément ce type de défi qui définit le savoir-faire de Sonaca. Le Phantom 3500 représente une rupture réelle dans l’aviation d’affaires, et nous sommes fiers de mettre nos équipes belges et brésiliennes au service d’un programme aussi ambitieux, dans le cadre de la décarbonation de l’aviation. »

« Cette collaboration constitue une étape déterminante sur notre chemin vers le premier vol, et nous sommes impatients de travailler avec les équipes de Sonaca pour mettre sur le marché l’avion le plus aérodynamiquement efficace jamais conçu », abonde Scott Drennan, le CEO d’Otto Aerospace.

Scott Drennan, CEO d’Otto Aerospace
© Otto Aerospace

Ce contrat, explique encore Sonaca, s’inscrit dans le cadre d’un partenariat plus large, dans lequel l’entreprise ambitionne de s’imposer comme fournisseur de structures clés pour Otto Aerospace tout au long du programme. Il illustre aussi sa stratégie de diversification, le groupe voulant renforcer ses positions dans des programmes à fort contenu technologique, à l’image des taxis volants, en complément de ses activités dans la défense et sur les grands programmes civils. Sonaca compte en effet Airbus, Boeing, Embraer, Dassault ou Bombardier, entre autres, parmi ses clients.

A la une