Brussels Airlines a lancé récemment une nouvelle destination au départ de Zaventem et permet désormais de relier le Plat Pays au… « toit de l’Afrique » qu’est le Kilimandjaro (et ses 5.895 mètres d’altitude). Il s’agit ni plus ni moins de la 18e destination subsaharienne pour la compagnie belge, qui compte plus que jamais sur sa spécialisation reconnue à desservir l’Afrique pour continuer à croître.
L’annonce remonte à la fin du mois d’octobre dernier : Brussels Airlines ajoute le Kilimandjaro, en Tanzanie, à son réseau. Une nouvelle destination qui est le point de départ idéal explorer l’Afrique subsaharienne et qui offre un accès facile au parc national du Serengeti et à la zone de conservation du Ngorongoro, tous deux classés au patrimoine mondial de l’Unesco, expliquait alors la compagnie aérienne.
Il faut dire que l’Afrique subsaharienne est réellement ce qui permet à Brussels Airlines de se démarquer en Europe. Nombre de passagers venant d’Europe, d’Amérique du Nord ou d’ailleurs transitent ainsi par Bruxelles avant de rejoindre le continent. Le réseau du transporteur belge y compte désormais 18 destinations et Kilimandjaro est la cinquième destination en Afrique de l’Est, après Entebbe (Ouganda), Kigali (Rwanda), Bujumbura (Burundi) et Nairobi (Kenya).

« Je pense que c’est un très bel ajout à notre réseau, particulièrement pour le côté touristique. Il y avait beaucoup de demande pour cette destination« , s’est réjouie Dorothea von Boxberg, la CEO de la compagnie, lors de l’inauguration officielle de la liaison, le 3 juin, à Brussels Airport. Elle a déjà laissé entendre que d’autres destinations africaines pourraient encore venir s’ajouter mais qu’il était trop tôt pour les évoquer.
Ce lancement s’inscrit dans un contexte compliqué pour la compagnie, et pour le secteur du transport aérien plus globalement. La guerre au Moyen-Orient pèse en effet sur les prix du kérosène, et donc sur les coûts du transporteur. Ces développements géopolitiques avaient déjà eu un impact sur les résultats financiers du premier trimestre 2026, traditionnellement difficile dans le secteur, lors duquel l’entreprise a enregistré une perte opérationnelle de 55 millions d’euros (-4% par rapport à la même période en 2024).
Après de solides performances durant les mois de janvier et février, avec une demande La demande soutenue sur l’ensemble du réseau, en particulier sur les liaisons vers l’Afrique subsaharienne, la guerre et la quasi fermeture de Brussels Airport lors de la manifestation nationale syndicale de la mi-mars (perte de plus d’1 million d’euros) ont en effet périclité ce bilan alors positif.

Et pourtant, durant ces trois premiers mois de l’année, Brussels Airlines avait opéré 11% de vols supplémentaires par rapport à l’année précédente, transporté 1,9 million de passagers sur plus de 15.000 vols et vu ses revenus progresser de 12,8% sur un an pour atteindre 343 millions d’euros.
La guerre au Moyen-Orient a (eu) un impact croissant sur l’aviation. En mars, la compagnie belge avait fait face à une forte hausse des dépenses de carburant. Le coût du carburant par kilomètres-sièges offerts avait alors augmenté d’environ 14% par rapport à la même période de l’année précédente. Une donnée qui pèse significativement sur les résultats. Fort heureusement pour Brussels Airlines, le groupe allemand Lufthansa, dont elle fait partie, a opté pour une stratégie de couverture du carburant, à hauteur de 80%, qui a permis et permet encore d’en atténuer partiellement l’impact, le rendant moins prononcé que pour d’autres compagnies aériennes.
Malgré cela, la direction de Brussels Airlines en est convaincue: elle entend bien être profitable sur l’ensemble de 2026 et se trouve dans une meilleure situation qu’elle ne l’était avant la crise du Covid. L’objectif de rentabilité de 8%, que lui a fixé Lufthansa, demeure. Même s’il ne sera pas atteignable cette année, vu le contexte géopolitique.
Nul doute que Kilimandjaro et le réseau africain continueront à aider la compagnie à atteindre des sommets. Méfiance toutefois, une certaine concurrence s’annonce vers Kinshasa, avec l’arrivée attendue (courant juillet) d’Air Congo à Zaventem pour relier les capitales belge et congolaise. Sans compter les défis liés à l’épidémie d’Ebola dans ce pays, malgré laquelle Brussels Airlines maintient ses liaisons, essentielles pour la connectivité de la région.
