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Balao : des déchets sportifs upcyclés en sneakers désirables

Balao transforme ballons de football, balles de tennis ou pneus de sport automobile, éphémères par nature, en sneakers design, premium et durables.

Antoine Kecskes et Arthur Gossart, passionnés de sport, ont voulu donner du sens à leur action en alliant compétence et engagement. Avec leur marque Balao, lancée début 2024, ils métamorphosent des déchets sportifs en sneakers qui allient savoir-faire et éthique. Antoine, CEO, orchestre design, stratégie et partenariats B2B, tandis qu’Arthur pilote logistique, marketing et B2C.

Antoine Kecskes et Arthur Gossart, cofondateurs de Balao © Gregor Josson Lieu : Corinthia Grand Hotel Astoria Brussels

« L’idée est née de notre frustration devant le sort réservé aux ballons en fin de vie, souvent incinérés ou enfouis alors qu’ils pouvaient être réutilisés », raconte Antoine. Rapidement, les deux associés comprennent que le projet est viable, et le marché prometteur. « Ce qui relevait d’abord d’une intuition écologique s’est mué en aventure entrepreneuriale », complète Arthur. Leur ambition : casser l’image du recyclé, souvent synonyme d’inconfort, et opter pour une fabrication européenne. « Choisir de produire au Portugal, c’est privilégier des circuits courts et des conditions de travail justes. Cette démarche axée sur la qualité et la responsabilité coûte plus cher, mais nous voulons bien faire les choses, du début à la fin », ponctuent-ils de concert. Aujourd’hui, 76 % des composants des sneakers Balao sont recyclés. L’objectif est d’atteindre 100 %, sans sacrifier confort ni solidité, avec colles à faible impact et alternatives aux composants vierges.

Un défi multiple

Le défi ? « Créer un projet viable avec des marges réduites, tout en garantissant des revenus pour nous et nos futurs collaborateurs, sans oublier d’investir dans la production et le marketing. » Même si elles n’ont rien rapporté, les premières ventes dans les magasins de chaussures Maniet ont permis de gagner une visibilité précieuse. Aujourd’hui, les sneakers Balao se vendent directement en B2C sur le site de la start-up bruxelloise et, grâce à des collaborations, certains modèles sont commercialisés dans les boutiques de clubs.

Ainsi, plusieurs partenariats ont été noués avec des clubs de sport. Aujourd’hui, Balao est en discussion avec l’Association francophone de Padel (AFPadel) pour devenir le récupérateur officiel des balles de tournoi et étendre la démarche à tous les clubs. Chaque paire est coconçue avec les clubs partenaires, choisis pour leurs valeurs centrées sur l’humain et la planète. « Certains designs s’inspirent de ballons iconiques ou de détails emblématiques de nos clubs, comme le Standard de Liège. » Par ailleurs, pour le nouveau modèle prévu mi-avril, Balao confie la gestion logistique à une entreprise de travail adapté, renforçant ainsi son impact social.

Financée d’abord par un système de précommandes, puis par une levée de fonds de 62 000 euros via la plateforme de crowdfunding Spreds, l’entreprise regarde désormais au-delà de nos frontières : cap sur le Luxembourg en 2026, avant les Pays-Bas, la France et l’Allemagne entre 2027 et 2029. « Des discussions sont en cours avec plusieurs business angels afin d’accélérer le développement et de lever 420 000 euros supplémentaires. Il ne s’agit pas d’une question de survie, mais de vitesse d’exécution. » En attendant, l’ambition reste intacte. « Faire passer l’émotion du sport dans chacun de nos pas, au sens propre comme au figuré. »

balaoshoes.com

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