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Le golf du Lac

À quelques kilomètres de Genève, le Jiva Hill propose une mise au vert soyeuse au pied des montagnes jurassiennes.

Concept totalement différent de l’urbanité de l’Hôtel d’Angleterre avec le Jiva Hill : afin de le rejoindre, il faut quitter le Léman pour prendre un tout petit peu d’altitude et beaucoup de quiétude. Le Jiva Hill se trouve en effet du côté français là où la concentration urbaine se fait plus rare à quinze minutes de l’aéroport de Genève sur les contreforts des paisibles et ourlés Monts Jura.

C’est sur le site d’une exploitation agricole, une ferme de 1876 comme l’indique l’ancienne fontaine encore présente sur le lieu, que s’est développé voici vingt ans cet hôtel né de l’esprit du Suédois Ian Lundin, qui a d’abord fait fortune dans le pétrole et les diamants ; et de son épouse Virginia.

© Lenaka

Le premier, amoureux des sports de glisse, appréciait les stations jurassiennes notamment de Mijoux et s’adonnait au ski nautique sur le petit lac de Crozet qui existe toujours et qu’intègre désormais le domaine de l’hôtel. Son épouse est, elle, une passionnée de chevaux et a tout de suite été séduite par cette étendue de pâturages de quarante hectares qui lui permettaient de s’adonner à sa passion.

Racheté en 2007, le Jiva Hill a ouvert en 2007 avec un restaurant et 25 chambres avant de doubler ce nombre en 2020. Ouvert toute l’année (sauf le jour de Noël), ce Relais & Châteaux qui possède un golf 9 trous à deux départs lui permettant de revendiquer le statut de 18, trahit le passé sud-africain du couple suédois : il a en effet les allures d’un grand lodge dominant la faune et la flore jurassienne qui s’étend à ses pieds au-delà du parcours de golf soigné avec attention par sept jardiniers à l’année et piqueté de quelques étangs et deux cents œuvres d’art issues de la collection des propriétaires : elles tapissent le tapis vert du domaine ainsi que les couloirs de l’hôtel.

© Lenaka

Le respect de la nature et le recyclage sont d’ailleurs au cœur du projet : l’arrosage du green se fait à partir d’une réserve d’eau de 7 000 mètres cubes récupérés, l’hôtel se dotant d’ailleurs de panneaux solaires. Sous le resort, 50 puits de 50 mètres de profondeur permettent d’exploiter la géothermie pour alimenter les installations, notamment l’espace spa (piscines intérieure et extérieure, trois saunas, hammam) dans la plus pure tradition scandinave, la climatisation de l’hôtel ainsi que le chauffage.

Ce qui vaut à l’hôtel de se voir décerner une Clef Verte pour cette philosophie. Mais la touche scandinave se retrouve également dans l’épure, le côté aérien de l’ensemble du domaine (le directeur de l’hôtel, Sébastien Pilat, parle joliment de maison), lumineux épuré, et de bois qui évoquent les hautes forêts que l’on admire depuis les grandes baies vitrées.

© Lenaka

La décoration des chambres toujours spacieuses (dont 4 lodges pour deux à quatre personnes avec jacuzzi) bénéficie, tout comme le reste de l’hôtel, de la touche légère et également épurée de l’architecte d’intérieur Cristina Gherardi qui magnifie le bois et propose un mobilier d’une simplicité lumineuse, rehaussée de miroirs, et d’une élégance raffinée jusque dans les lumières.

Une classe et une noblesse qui évoquent les bateaux italiens Riva ou les voiliers en bois (le Léman est à quelques encablures) : d’ailleurs, les chambres et les couloirs sont assortis de quelques hublots.

L’hôtel dispose de deux restaurants (un troisième de grillade viendra compléter l’offre l’an prochain, année des vingt ans de l’hôtel) toujours décorés de façon simple, discrète et sans froideur par l’architecte d’intérieur transalpine, qui s’ouvrent chacun sur des vues imprenables : de la montagne jurassienne pour le gastronomique et sur le jardin et le golf pour… Le Jardin. Lequel propose une cuisine italienne revisitée par le chef, qui lui aussi a traversé les Alpes, délicieuse, mais au prix quelque peu helvétique même si l’on est bien en France.

© DR

Le petit déjeuner gargantuesque propose même des spécialités régionales françaises comme les cannelés bordelais ou des sablés bretons entre autres mitonnés par le chef pâtissier Lionel Haubard que l’on retrouve à l’œuvre dans le resto gastronomique Le Jiva d’excellente facture.

Il est également possible de se sustenter plus simplement au bar (burger, salades, tartare de bœuf, suprême de volaille…) accueillant et cosy qui donne discrètement sur la piscine intérieure et sur le patio où l’on trouve un agréable salon et une bibliothèque bien achalandée.

Au sous-sol, Le Tripot accueille un juke-box, un snooker, un kicker, un jeu de fléchettes et même un flipper AC/DC vintage, mis à disposition des jeunes et vieux adolescents, alors qu’au rez-de-chaussée une salle de séminaire se transforme en une salle de jeux pour les plus jeunes l’été.

L’hôtel dont la structure principale se situe sur le site de l’ancienne ferme, se dispose sur deux étages seulement et possède également un ravissant petit jardin japonais, ce qui n’étonne pas vraiment vu l’esprit feng shui qui règne sur le lieu.

© Lenaka

Lieu qui a une histoire ; on l’a dit ; mais qui se fixe également dans le présent voire le futur puisqu’il est entouré, mais pas clôturé sans être cerné par l’anneau du CERN, l’accélérateur de particules long de 27 km enterré entre la France et la Suisse.

Le CERN est d’ailleurs un client fidèle de l’hôtel qui attire les sociétés genevoises et suisses par les facilités qu’il offre, notamment un cinéma privé dans l’ancien hall à hélicoptère recyclé toujours avec un goût très sûr par Cristina Gherardi, des salles de réunions spacieuses et modulables, un cadre verdoyant, et une addition moins salée que de l’autre côté de l’anneau.

La clientèle privée se veut fidèle de toute nature, souvent familiale ; un côté familial que le directeur et le créateur de l’hôtel cherchent à prolonger au niveau du personnel. Lequel est aux petits soins sans être obséquieux, dans un cinq étoiles qui se veut décontracté : il propose bien entendu du golf, du tennis avec deux terrains, du VTT vers les Monts Jura comme de la randonnée, du ski sur les sommets du Jura tout proches l’hiver et, bien entendu, au niveau de l’espace wellness des massages.

Sans oublier la possibilité de faire du ski nautique dans le petit lac long de 600 mètres qui se trouve sur la propriété.

À cela s’ajoute une visite aux écuries contemporaines et dernier cri de 25 chevaux (décorées de magnifiques photos de Roberto Dutesco) qui bénéficient également de leur propre espace wellness et des trois immenses manèges dont le dernier à l’architecture contemporaine est daté de 2023 ; ils s’intègrent parfaitement au projet hôtelier.

Ces infrastructures disposent également de toutes les facilités nécessaires afin d’organiser des concours de dressage (la passion de Virginia) : ce qui fut fait à un niveau international cet été, devant un public nombreux.

Privilégiant le circuit court au niveau des produits (fromages, salaisons, viande et fruits), fonctionnant de façon presque autarcique au niveau énergétique, et du recyclage (même les savonnettes utilisées le sont), le choix d’activités proposées par cette maison sur son domaine permet à sa clientèle de fonctionner en autarcie si elle le souhaite (dommage de ne pas visiter le CERN ni le château de Voltaire à Ferney-Voltaire tout proches) qui fait du Jiva Hill à l’image de l’anneau de l’accélérateur de particules, un concept… circulaire.

Jiva Hill, route d’Harée, 01170 Crozet.
www.jivahill.com
+33 4 50 28 48 48

L’hôtel est situé à un quart d’heure de l’aéroport de Genève côté français, un quart d’heure de Ferney-Voltaire et du château du philosophe, dix minutes du Centre d’Interprétation du CERN et une demi-heure des Ports Francs de Genève.

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