TheMerode a accueilli le 24 juin la première édition bruxelloise du Digital Trust Summit, organisée par Global Data Innovation avec NewFrames et l’Association of Civic Tech Europe (ACTE). Tenue quelques jours après le sommet du G7, la rencontre a réuni dirigeants américains de la tech, créateurs hollywoodiens, eurodéputés et hauts responsables de la Commission européenne autour d’une même question : comment bâtir une intelligence artificielle digne de confiance.
La séquence n’est pas anodine. Le G7 venait de placer l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les données de confiance au cœur de son agenda. Le rendez-vous bruxellois s’est positionné comme l’un des premiers grands événements européens consacrés aux conditions d’une IA responsable, dans un contexte marqué par les débats sur la souveraineté numérique, l’accès aux modèles de pointe et les tensions géopolitiques.
« La confiance n’est pas seulement ce qui fait fonctionner l’IA au sein des organisations. C’est ce qui rend la coopération possible par-delà les frontières. L’innovation ne passe pas à l’échelle à la vitesse de la technologie. Elle passe à l’échelle à la vitesse de la confiance », a déclaré Dominique Shelton Leipzig, fondatrice du Digital Trust Summit et CEO de Global Data Innovation.
Hollywood s’invite dans le débat sur la gouvernance de l’IA
L’événement a fait dialoguer un casting inhabituel pour un sommet bruxellois consacré à la régulation technologique. L’actrice oscarisée Cate Blanchett, le réalisateur Steven Soderbergh (Traffic, Ocean’s Eleven) et Darren Aronofsky (Black Swan, The Whale) figuraient parmi les intervenants, aux côtés des eurodéputés Eva Maydell, Brando Benifei, Sergey Lagodinsky et Veronika Cifrová Ostrihoňová, ainsi que de Despina Spanou et Renate Nikolay, hautes responsables de la Commission européenne. Des dirigeants de Microsoft, Rubrik, Diligent, Collibra, Go Vocal, Dembrane, VIB et Fragomen complétaient le panel.

En ouverture, Cate Blanchett a présenté RSL Media, l’organisation à but non lucratif qu’elle a cofondée. Celle-ci développe un standard de consentement lisible par les machines, conçu pour permettre aux créateurs et aux individus de garder la main sur l’utilisation de leurs œuvres, de leur identité et de leurs contenus par les systèmes d’intelligence artificielle. Une discussion a suivi avec Steven Soderbergh et Scott Mann, cofondateur de Flawless AI, sur l’avenir de la création à l’ère de l’IA générative.
Un manifeste transatlantique aux contours non contraignants
Les organisations participantes ont dévoilé à cette occasion le Digital Trust Manifesto, présenté comme un engagement transatlantique en faveur d’une intelligence artificielle centrée sur l’humain, fondée sur le consentement, la transparence, la responsabilité et la protection de la créativité. Parmi les premiers signataires figurent Global Data Innovation, Diligent, Go Vocal, Dembrane, Tectonica AI et l’Association of Civic Tech Europe.

Le texte demeure toutefois un document déclaratif, sans mécanisme de contrôle ni dispositif contraignant. Aucun des principaux laboratoires d’IA américains (OpenAI, Anthropic, Google DeepMind, Meta) ne figure parmi les premiers signataires, ce qui pose la question de la portée opérationnelle de l’engagement face aux acteurs qui développent les modèles fondamentaux. Les échanges ont par ailleurs porté sur la gouvernance, la cybersécurité, la protection des données, le droit d’auteur, le consentement des créateurs et la supervision des systèmes d’IA par les conseils d’administration.
NewFrames, le cinéma comme outil de plaidoyer
L’édition bruxelloise du sommet a été portée par NewFrames, plateforme à vocation internationale qui réunit responsables politiques, dirigeants d’entreprise et acteurs des industries créatives, avec l’ambition d’utiliser le cinéma comme support de dialogue sur les liens entre technologie, démocratie et société.
La rencontre a également servi de prélude au lancement du NewFrames International Film Festival of Advocacy, annoncé comme le premier festival international entièrement consacré au cinéma comme outil de plaidoyer et de transformation sociétale. Sa première édition complète est attendue en 2027, en partenariat avec TheMerode.
