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Fine Arts Paris 2026 : les galeries belges brillent au Grand Palais

À Fine Arts Paris, qui succède à FAB Paris et au Louvre des Antiquaires, six galeries belges ou franco-belges se distinguent. La Bruxelloise Haesaerts-le Grelle a même été couronnée d’un prix.

Six galeries belges ou liées à la Belgique exposent au Grand Palais : Dedrie, Laurentin, La Forest Divonne, Haesaerts-le Grelle, Philippe d’Arschot et Huberty & Breyne.

La bruxelloise Haesaerts-le Grelle y participe pour la première fois. Coup d’essai, coup de maître : elle a remporté le Prix CPGA – Fine Arts Paris, qui distingue l’originalité et l’exigence du stand. Dans la section Nouveaux Horizons, ils présentent le mobilier de l’architecte liégeois Gustave Serrurier-Bovy (1858-1910). Laurent Haesaerts souligne : « Contemporain de Victor Horta et Henry Van de Velde, il crée des meubles qui se détachent de la courbe vers la ligne droite. En 1900, il participe à la décoration du Pavillon bleu, au pied de la tour Eiffel. À partir de 1903, il travaille en France, s’associe avec René Dulong, architecte en chef de la ville de Paris. Il donnait à ses mobiliers de salon des noms de compositeurs (Wagner, Liszt) et de pierres à ses meubles de chambres à coucher. Dans les années 1980, un professeur de l’École des Métiers d’Art de Maredsous, le père Grégoire Watelet, relance l’intérêt pour l’œuvre. Souvent, ces pièces sont en très mauvais état et nous les sauvons en les restaurant et en les documentant. »

Lingère Silex © DR

Laurent Haesaerts et Alexis le Grelle exposent notamment un lustre en cuivre et laiton, aux découpes carrées de métal évoquant la Vienne de la Sécession. La Lingère Silex, une série décorée au pochoir, présente aussi des ferrures de la même veine. Serrurier-Bovy meublait de ses créations sa villa L’Aube, construite entre 1902 et 1905 sur la colline de Cointe à Liège, où il habitera jusqu’à sa mort subite en 1910, dans son bureau.

Muraille, croix et vitraux

À La Forest Divonne, Jean de Malherbe propose deux sculptures en bois et bronze, aux accents mythologiques de Nicolas Alquin, sculpteur belgo-français d’une soixantaine d’années, fils d’Alechinsky (qu’il exposera à Bruxelles en 2028). La Traversée (chêne et rehauts de feuille d’or) évoque à ses yeux une Victoire de Samothrace. Il présente aussi deux grands tableaux du Gantois Jean-Marie Bytebier, lauréat du prix de la Jeune Peinture belge en 1988, « qui possèdent tous les codes du paysage classique et, en même temps, d’un paysage qu’on ne trouve pas vraiment. Comme le disait un écrivain belge, c’est une peinture qui n’épuise pas notre interrogation, car on ne sait pas tout à fait ce que l’on voit ». Si on y décèle une empreinte flamande, le ciel, la végétation composent des formes en lisière de l’abstrait et dressent « une muraille de peinture », comme l’écrit Balzac dans sa nouvelle, Le Chef-d’œuvre inconnu.

Quant à Philippe d’Arschot, antiquaire avenue Louise depuis 1990, spécialiste de l’orfèvrerie des XVIe-XVIIIe siècles, il est aussi pour la première fois à Fine Arts Paris.

Parmi de nombreuses raretés, il propose une croix reliquaire de Valenciennes datée de 1531. L’avers porte quatorze reliques, dont un fragment de la Vraie Croix, entouré de morceaux de pierres, de rochers et de terre associés à la Terre Sainte. Le revers est gravé d’inscriptions en picard, sur des phylactères. Le poinçonnage permet de dater et de situer l’œuvre : 1531, et l’église de Beaudignies, au sud de Valenciennes. Une autre croix en agate et argent doré d’Allemagne du Sud, datée de 1650, est accompagnée d’une rareté : son étui en bois gravé doublé de cuir.

Enfin, la Bretonne Françoise Livinec expose Kim En Joong, prêtre dominicain et peintre abstrait sud-coréen né en 1940. Il a notamment créé cinq verrières abstraites pour les chapelles Saint-Lambert et Saint-Joseph de la cathédrale Saint-Paul de Liège et le vitrail Le Père Céleste dans l’Espace Cardinal Danneels à la basilique nationale du Sacré-Cœur de Koekelberg. Le 12 septembre dernier, il a inauguré les nouveaux vitraux de la Sint-Willibrorduskerk à Middelkerke.

www.finearts-paris.com

Johan-Frédérik Hel Guedj
Johan-Frédérik Hel Guedj
Johan-Frederik Hel Guedj est journaliste et auteur français. Rédacteur en chef pendant 7 ans de la revue Pouvoirs Locaux, consacrée aux politiques culturelles, il a publié huit ouvrages chez des éditeurs français et belges, dont deux romans, un essai consacré à Orson Welles, et quatre livres d’art. En plus de Forbes, il collabore à L’Echo et au Quotidien de l’Art (Paris).

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