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Start it @KBC : l’IA s’impose dans les start-up belges, les capitaux se concentrent

Le deuxième baromètre de Start it @KBC, plus grand accélérateur d’Europe, confirme l’emprise croissante de l’intelligence artificielle sur la jeune génération d’entreprises belges. Plus de deux tiers de sa dernière promotion bâtissent leur projet autour de l’IA. Dans le même temps, les levées de fonds s’accélèrent et se concentrent sur une poignée d’acteurs.

Depuis 2014, Start it @KBC a accompagné plus de 2.000 start-up, en Flandre comme en Wallonie sous la bannière Start it @CBC. Publié ce 25 juin, son deuxième baromètre dresse un état des lieux du tissu entrepreneurial belge et acte une bascule déjà amorcée l’an dernier. 67,6% des start-up de sa dernière promotion développent des solutions d’intelligence artificielle. Le chiffre n’était que de 22,5% en 2024 et de 55,7% l’an passé.

L’IA au cœur des nouveaux projets

Ces entreprises relèvent majoritairement du logiciel, mais le matériel suit le mouvement : l’IA intervient par exemple dès la phase de conception des produits. Du côté du software, elle progresse rapidement dans l’administration, les outils de productivité et la business intelligence.

Le fondateur solo gagne du terrain

Start it observe par ailleurs une hausse de 17% des candidatures de fondateurs solo sur les deux dernières années. En cause, la puissance et l’accessibilité de l’IA, qui joue de plus en plus le rôle de cofondateur.

« L’IA est aujourd’hui si puissante et accessible que de plus en plus de fondateurs choisissent de se lancer seuls, car elle peut largement remplir le rôle de cofondateur », explique Andy Gijbels, CTO de Start it @KBC. « Là où beaucoup n’osaient pas se lancer faute de compétences techniques, l’obstacle a souvent disparu. »

« Quand une idée émerge, on peut toujours se demander : pourquoi maintenant, et pas avant ? », observe Lode Uytterschaut, fondateur et CEO. « Souvent, la réponse tient à un changement de réglementation, de comportement ou de technologie. Aujourd’hui, l’IA permet de résoudre à nouveau presque tous les problèmes déjà traités par le logiciel, d’une manière parfois dix fois plus efficace. »

The winner takes it all

Cette abondance d’idées s’accompagne d’une concurrence accrue. Selon Lode Uytterschaut, les start-up qui échouent aujourd’hui ne le doivent généralement plus à un problème inexistant, mais à la présence de nombreux concurrents s’attaquant au même créneau grâce à l’IA. Il en résulte un effet « winner takes it all » : quelques acteurs raflent l’essentiel des financements et croissent de façon exponentielle. L’accélérateur cite Aikido Security et Conveo.

Les chiffres cumulés illustrent cette loi de puissance. Depuis 2014, les start-up passées par Start it @KBC ont levé plus de 1,45 milliard d’euros. La moitié de cette somme a été captée par 2% des entreprises, 90% par 18% d’entre elles, et 99% par 46%.

« La rapidité devient plus déterminante que jamais », résume Andy Gijbels. « Celui qui présente sa solution le plus vite au client et parvient à le convaincre a les meilleures chances de l’emporter, et attire ainsi le plus de capitaux. »

252 millions levés depuis le début de l’année

L’accélération des levées de fonds constitue l’autre enseignement du baromètre. Il y a deux ans, les start-up de Start it avaient mobilisé un milliard d’euros au total ; la barre des 1,5 milliard est aujourd’hui en vue. Surtout, le montant levé sur l’ensemble de 2025, soit 190 millions d’euros, est déjà dépassé : 252 millions ont été réunis depuis le début de l’année 2026.

Cette manne reste très concentrée. À elles seules, cinq entreprises (Keyrock, Aikido Security, Loop Earplugs, Tekst et Companion Energy) en représentent 214 millions, soit 85% du total. Toutes sont d’anciennes participantes du programme.

Andy Gijbels y voit un effet d’entraînement : « Le climat d’investissement s’améliore nettement, et la Belgique compte de plus en plus de start-up à fort potentiel, qui en inspirent de nouvelles. » Il met en avant la qualité croissante des promotions, mesurée aux classements Deloitte Fast 50 et aux Belgium Startup Awards, dont la dernière édition a vu les pensionnaires de Start it remporter douze des vingt et un prix décernés.

« Gérer la sérendipité »

Dans un contexte où la vitesse prime, l’accélérateur défend sa valeur ajoutée. « Même en faisant tout correctement, la réussite n’est jamais garantie : il reste toujours un facteur chance », rappelle Lode Uytterschaut. « Il faut rencontrer les bonnes personnes au bon moment, qu’il s’agisse d’un cofondateur, d’un mentor ou d’investisseurs. » Grâce à l’étendue de son réseau, Start it dit pouvoir provoquer ces rencontres, une démarche qu’il qualifie de « gestion de la sérendipité ».

L’accélérateur cite l’exemple de Kasqade : son fondateur a rejoint le programme en octobre en solo, s’est adjoint un cofondateur un mois plus tard, et figure huit mois après comme premier investissement du Start it Fund, avec deux collaborateurs supplémentaires et deux premiers clients issus du réseau.

Martin Boonen
Martin Boonen
Martin Boonen est journaliste diplômé de l'Institut de Journalisme de Bruxelles (2012). Il collaboré avec de nombreuses rédactions à différent niveau de responsabilité : journaliste, chef de rubrique, secrétaire de rédaction et rédacteur en chef, tant sur le web que pour la presse imprimée. Spécialisé dans les startups et l'entrepreneuriat à impact, il est devenu en 2025 rédacteur en chef du site web de Forbes Belgique. Il est affilié à l'Organisation Mondiale de la Presse Périodique depuis 2011.

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